Archive for the “Worldwide Chiant” Category

My Space is Your Space

octobre 28, 2006, 11:41 pm

Dans l’article ci-lié (l’Homme moderne adapte son langage à l’hypertexte, mon ami), Lore Sjöberg (à vos souhaits) décrit pour Wired son expérience d’anti-Myspace amené à créer sa propre page. En allant lire sa description de cette génèse, j’avoue avoir pensé "Encore un qui va nous dire que c’était mieux avant, que le monde va mal, et qu’on est tous devenus fous". Mais force est de constater que sa description de la MySpace Experience vaut son pesant de Kinder Bueno.

Je retiendrai en particulier les passages ci-dessous, qui ont failli gravement endommager mes sous-vêtements : "Etape suivante : lister les gens que j’aimerais rencontrer. A vrai dire, si je voulais vraiment rencontrer qui que ce soit, je ne serais pas là le cul sur ma chaise à remplir un profil MySpace."

Ou encore : "(…) je passe à la prochaine épreuve : mes goûts musicaux. Là, je ne peux pas me permettre de lister quoi que ce soit (…) Si au beau milieu d’une liste irréprochable, tu admets avoir aimé le deuxième album d’Ace of Base, un album même pas assez populaire pour que les gens pensent que c’est de l’ironie, t’es foutu (…) alors j’invente tout. On sait jamais : peut-être pensera-t-on que des groupes comme Boys Without Tears ou The Munchausen by Proxy All-Stars sont tellement bons que personne ne les écoute. "

L’auteur décrit le résultat comme assez horrible pour provoquer une crise d’épilepsie chez un Pokémon. Je suis assez d’accord : http://www.myspace.com/loresjoberg.

En parlant de Pokémon, dans les commentaires de sa page, l’un des lecteurs dit "voir Myspace comme une sorte de jeu de Pokémon humain, où le but est d’attraper (ou plutôt "d’avoir comme ami") tous les êtres humains qui passent". Hi hi. Faut avouer qu’y a du vrai…

EDIT : si tu veux te faire les abdos et te poiler un peu (un lundi matin, c’est toujours bon à prendre), va donc faire un tour sur ce blog, qui liste, entre autres, les noms de marques internationales qui risquent d’être étrangement accueillie dans la langue de Molière (ex : Fion, Grocon, Putin etc.)

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The Violence of Truth

septembre 6, 2006, 1:10 pm

Petit exercice de lecture : regarde bien le flyer suivant, édité à l’occasion des (très proches) festivités de Lille 3000… (et magnifiquement scanné, il faut le souligner. Hem)

Que lis-tu sur le gros titre :

a) Bonbézé deu lil ?
b) Bonbézeur deu lil ?

Non, je n’ai point l’esprit mal tourné : depuis que j’ai entendu une passante demander à son mari, avec un soupçon de malice, "Tu lis quoi sur l’affiche, là ?" et se voir répondre "Euh… Bonbézeurs ?", je suis perdue.

—Stellou | 23 comments
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Haven’t got a Clue

mai 12, 2006, 7:59 pm


Yo !


Ah tiens. On est déjà le 12 mai ?
….
Pardon, j’étais aux cabinets, j’ai pas vu le temps passer. D’ailleurs, en parlant de chiottes, dont on sait tous que l’acoustique est généralement exemplaire (qui m’a dit que je sais plus qui avait enregistré un album dans les toilettes ? Je ne sais guère. Toujours se focaliser sur les infos importantes…) je suis tombée sur une pub très drôle pour des enceintes relayée sur Adfreak. Partant du principe que parfois, faute d’un matériel assez sophistiqué (c’est mon cas), d’une ouïe assez performante (ça pourrait l’être un jour) ou bien encore (mais ça c’est une autre histoire), faute d’être en présence d’un artiste qui articule, on comprend parfois mal les paroles d’une chanson, la pub déforme divers classiques des oreilles.

Exemple ci-dessous, avec Losing My Religion, de REM, dont les paroles passent de That’s me in the Corner/That’s me in the spotlight/Losing my Religion à ceci :

Traduction : Si on pissait dans le coin/Si on pissait sous la lumière des spots…

C’est à se pisser dessus. Si je puis me permettre.

Bon ben je retourne aux cabinets, hein. Quelqu’un aurait un vieux Public à me passer ?

—Stellou | 18 comments
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Girls Just Wanna Have Fun (quoique)

août 30, 2005, 6:27 pm

Dans une sale d’attente, je fais comme tout le monde : je roupille je lis la documentation mise à ma disposition. Chez le toubib, j’ai droit à Prima, L’écho de la chasse ou Sailing Magazine (ça va, ça va, je sais que ça n’existe pas). Là où j’ai attendu pour la dernière fois, en revanche, y avait Time Magazine. Avec en couverture un dossier consacré à la façon dont les femmes gèrent la fameuse "Midlife crisis" ou "Crise du milieu de vie". Entre ça et lire La Tribune, j’ai choisi le dossier sur les nanas, je ne sais pourquoi.

Tout cela était bel et bon, avec tout une argumentation montrant pourquoi les femmes gèrent mieux leur midlife crisis, même qu’une femme c’est pas fait pareil qu’un mec alors forcément, ça vit pas ça de la même façon blablabla. Bref, le type de discours que j’ai souvent du mal à accepter sans broncher, mais passons. Si Time le dit, après tout… Le dossier contenait en tout cas plusieurs portraits de femmes qui, la quarantaine/cinquantaine venue, on décidé de changer radicalement de boulot - et parfois de mari -. L’une d’elle, représentante pour un labo phamaceutique, a ainsi fondé sa propre marque de bière. Un choix qui a de suite attiré mon attention : en tant qu’amatrice de mousseuse (avec modération, cela va de soi), je suis pour le droit des femmes à dégainer la bière sans qu’on la prenne pour un gars. Or, ça reste un combat. Non, je milite pas pour le droit de se bourrer la gueule à la bière. Je te parle de pouvoir apprécier son verre sans se prendre aucune réflexion sur la nature de tes chromosomes. Tiens, exemple :  je me souviens d’une réunion secrète tenue dans un café parisien. Nous étions 4. 2 filles, deux garçons. Nous les filles, avions commandé des bières ; les mecs, des cockails. A qui la serveuse a-t-elle remis les verres à cocktail ornés de perroquets et de fanfreluches ? Aux filles, bien sûr. Et quelle ne fut sa surprise quand nous procédâmes à l’échange des breuvages !! Ca nous a bien fait rire, mais le fait est là : une fille qui boit de la bière, ça surprend encore.

J’ai donc retenu le nom de cette fameuse bière produite par une dame et je suis allée voir si elle avait un site web, ce qui est le cas. La bière en question s’appelle "Honey Amber Rose" et a pour objectif de "changer la perception que les femmes ont de la bière". Cool. Et pour ce faire, le site web se couvre de fleurettes et nous conte de douces histoires d’amour, d’ambre et de miel. Sans oublier bien entendu, une galerie de photos d’amatrices de bière délicates comme la rosée du matin. Hum. Moins cool. Moi qui avait placé tant d’espoirs dans cette visite ouébesque, je suis un peu déçue. Enfin déçue… Disons que si ce bidule arrive à modifier la perception de la bière par les femmes,  je doute qu’il change les clichés associés aux femmes. Oui je sais, faut pas trop en demander. Je sais. M’enfin chu déçue quand même.

Allez Josianne, mets-moi donc une Jenlain, j’ai soif… !

…  Euh, nan, en fait sers-moi plutôt un Perrier : la bière, ça va me faire grossir. Hem.

blanche_neige_aussi_appelee_blanche_de_namur.jpg

—Stellou | 36 comments
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Light my Fire

août 26, 2005, 7:32 pm

C’est terrible. En ce moment, je suis fan de Jonathan Creek, sur France 4. Tiens regarde, ça fait envie, non ?. Johnny, c’est une grande bringue au poil brillant tojours accompagné d’une petite bonne femme rondouillarde. Les crimes sur lesquels il enquête se passent toujours dans des endroits au nom aussi engageant que Frog’s Hollow ou Crooked Lane. Le temps est toujours humide comme la truffe de Lassie et les paysages sont affolants d’exotisme, cependant l’attirance que j’éprouve est intense. Je sais ce que tu penses, petit filou :  Maddy et Johnny, z’ont pas l’air glamour. Ca doit pas être très sex drugs and rock’ n roll tout ça. Ben détrompe-toi : dans le dernier épisode que j’aie suivi, y a eu du sexe. Et oui : Jonathan a fricoté avec sa pétulante binôme. On a rien vu, mais c’est arrivé. A la saison prochaine, Maddy enlève le haut.

shagaedelic_1.jpg

Enfin bref. Cette étrange attirance n’est pas inquiétante en soi. Le problème, c’est que ça n’est pas la première fois que ça m’arrive. Auparavant, y a eu Barnaby et son regard de braise :

grrr_1.jpg

Et plus loin encore, Taggart (première version, après c’était plus pareil, hu) et son sourire enjôleur.

taggy.jpg

Comment expliquer ce phénomène paranormal ? Que ne le sais-je, que ne le sais-je… Je crois que c’est précisément l’absence totale de glamour qui me plaît dans ces séries britanniques. Ca sentirait presque la chaussette oubliée sous le lit et les rognures d’ongles coincées entres les lames du parquet. J’aime bien. Et oui : ça y est mes enfants, je suis prête pour Derrick et Un cas pour Deux


Quelqu’un pourrait me les enregistrer, au fait ? Parce que pour occuper mes vieux jours, Ratatouille et Maureen m’ont offert ce charmant ouvrage sociologique que je me dois de lire au plus vite (sales jeunes. Elles vont me le payer):

je_te_jure_logan_je_photocopierai_plus_mes_fesses.jpg

Edit : je viens de faire le test trouvé sur le site de Nikko, lui-même visité après avoir jeté un oeil à son interprétation des monstres crétins du Kek. Et ben vla ce que j’ai eu :

silver
You are silver-haired. You are sexy, outgoing, and
unique. You are very mature for your age, which
is part of your appeal.

What is your inner anime hair color?
brought to you by Quizilla

Ha ha ha. Elle est bien bonne, tiens.

—Stellou | 24 comments
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There she Goes Again

août 6, 2005, 2:40 pm

Gnaha. En fait, j’ai toujours eu un humour de merde. Ici, un document compromettant élaboré à l’âge de 13 ans en première page de mon cahier d’anglais. Notons la finesse du propos : critique acide des relations franco-britanniques, jeu de mot subtil (Tunnel sous la Manche… de T-shirt, ha ha ha), maîtrise totale de l’outil graphique et linguistique… Non, n’applaudis pas. Je vais m’en charger moi même. :p

philippe_bouvard_presente_..._1.JPG

—Stellou | 15 comments
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No Pun Intended

août 5, 2005, 1:25 pm

Hier, j’ai regardé PopObsession, sur Arte (oui, Arte. Ta gueule). Ce sont des séries de reportages sur la musique pop/rock et ses instruments phare. Cette semaine, par exemple, l’instrument en vedette était le clavier. Ben j’en ai appris, des trucs, vindiou. J’ai notamment découvert l’existence de Keith Emerson (pardon aux encyclopédies musicales mais moi je ne connaissais rien de ce monsieur), bidouilleur qui faisait rien qu’à martyriser ses claviers sur scène. Enfin, entre autres.  

Y avait aussi pas mal de choses sur Robert Moog, l’inventeur du synthétiseur. Un monsieur à cheveux blancs qui a un regard de lutin. Personnellement, je le vois bien jouer encore au toboggan et faire de sales blagues à mémère : "M’enfin Robert, c’est toi qui a remplacé le pâté par du Felix ?" (dédicasse à Nathalie) "Oui, mais c’était pour de rire, Momone". Ce monsieur travaille avec des chefs de produit tout aussi étranges, chargés de trouver les sons du futur de demain qui enrichiront la gamme des synthés Moog. Des fanatiques à la recherche de nouvelles nuances, comme par exemple  euh… Des gammes de pets de mouche, ou que sais-je encore. Ces mecs-là doivent avoir une ouïe digne de Sentinel.

Bref. Venons en au fait, si tant est qu’il y en ait un : si je regarde ce genre de docus, c’est moins par passion de la technique que parce qu’on y trouve souvent des gens un peu fêlés du bocal. Ca me fascine, moi, de savoir que certains individus sont capables de sortir des WC en se disant "tiens ? Si aujourd’hui, je calais un tournevis entre les touches de mon orgue avant d’éteindre puis rallumer la bête ? Pour voir ce que ça donne ?". 

Fab me taquine pas mal à ce sujet. "Regarde-moi la geek", dit-il, attendant avec impatience que je lui colle mon coude entre les deux yeux… J’ai peur qu’il ait raison. Sinon, pourquoi j’aurais poussé le vice jusqu’à aller sur le site de Moog Music ?  Hu ? En tout cas, j’ai bien fait, mine de rien. Car Moog a un sens rigolo du marketing : ainsi la traditionnelle page "satisfait ou remboursé" est-elle remplacée par ceci. Gnierf. J’adore. Quant à leur pub, ben… Ca se passe de commentaires :

attention_ca_moog_2.JPG

En voilà des infos qu’elles changent la vie, non ? Pardonnez-moi, Seigneur, je suis condamnée à finir chiante… Ah ben non en fait, je le suis déjà. Ca va, alors.

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Kiss Me

juin 6, 2005, 2:11 pm

Vite vite, on va chasser un peu le dernier post pas pouet. Ce midi, avec Tagadouille, on est allées bouffer dans le riant centre commercial de Biendansmaville. Et quoi qu’on a trouvé ? Du Gloss Nesquik. Oui madame. Sur un site amerloque, on présente ce produit comme le meilleur moyen de retrouver le parfum de l’enfance. Je veux bien, moi, mais tout le monde n’a pas le palais sucré. Ma soeur, par exemple, en guise de souvenir gustatif, je suis certaine qu’elle échangerait pas le saucisson à l’ail contre le Nesquik du goûter.

C’est pourquoi je propose, pour élargir la gamme des parfums et toucher plus de consommateurs :

Le gloss Boursin (pour les amoureux de casse-croûtes à l’ail)
Le gloss Kronenbourg (pour les souvenirs de premières cuites)
Le gloss Sauce Cocktail (pour les chtis nostalgiques de baraques à frite)

Et hop. Ayez, embauche garantie chez Gemey Maybelline.

nesquik_1.png

—Stellou | 54 comments
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Too Many Sandwiches

juin 1, 2005, 12:17 pm

J’aime bien aller voir ce que font nos amis britons en matière de concepts télé. Tiens, hier, j’ai découvert Ramsay’s Kitchen Nightmare, une émission qui entame sa nouvelle saison sur Channel 4. Le principe est le suivant : Gordon Ramsey, chef multi-étoilé au Guide Michelin, débarque dans les pires restos du pays pour les aider à redresser la barre. Cerise sur le gâteau : le sieur Ramsey a apparemment un caractère de cochon et un vocabulaire bien assaisonné (quel subtil enchaînement de références culinaires, c’est incroyable).

Quand je vois ça, ou des concepts comme How Clean is Your House (C’est du Propre), je me dis que les brainstorming des boîtes de production télé doivent être surréalistes. Imagine John, Sylvia, Marc et les autres autour d’une table, décidés à trouver l’idée du siècle :

John : Alors les merdeux, vous m’amenez quoi, aujourd’hui ?
Marc : Ben… On pourrait faire un truc d’où que les gens y échangent leurs clebs, nan ? On a échangé nos cabots ?
John : … Marc, si t’étais pas le cousin de l’actionnaire principal, je te virerais. Mais là, je te demande juste de fermer ta gueule. Bon euh… Sylvia, tes impressions ?
Sylvia : Alors moi aujourd’hui, j’ai super mal bouffé. Un vieux curry dégueulasse au Wordpad Café.
John : Ah non, Sylvia : pas encore le récit de tes ennuis gastriques !
Sylvia : Laisse-moi finir, John, tu vas piger : donc, en sortant, j’ai eu une pensée émue pour le pauvre proprio…
Marc: Moi je lui aurais juste mis mon poing dans la gueule
Sylvia : la ferme, Marc… Et je me suis dit : il faudrait que quelqu’un l’aide. Un homme capable de transformer cette bouffe canigou en festin de roi. Mon esprit créatif s’est alors mis en branle et le nom de cet homme m’est apparu…
Marc : … Raël ?
Sylvia : la ferme, j’ai dit. Le nom de cet homme, c’est  Gordon  Ramsey, le Super Cuistot.
John : Et ?
Sylvia : Et je me suis dit  : si Gordon débarquait pour filer un coup de main au proprio du Wordpad Café et à tous les empotés de la casserole de son genre ? Sous l’oeil de nos caméras ?
John : Sylvia, tu es un génie.
Sylvia : je sais, John. Je sais. Une augmentation ?

Ouaip… En fait, c’est ptet bien un métier pour moi, qui sait ? Des idées pourries, j’en ai plein, alors autant que ça serve. Nan ? Nan ?

Enfin, pour conclure cette note culinaire, voici ce qu’on peut lire dans la gazette de la chaîne de restauration Les 3 Brasseurs :

Moi_aussi.png

Moi aussi je prends soin des miennes. Mais ça sert pas à grand chose.

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The Perfect Fit

mai 25, 2005, 2:50 am

[Attention ! Les lignes qui vont suivre risquent de provoquer de fortes somnolences chez le sujet moyen, des nausées et vomissements chez le sujet xenolinguophobe]

Des fois, je fais la Jean-Claude Vandamme : je suis dans le métro, affable et endormie, quand soudain, Paf ! Un écart facial. Nan hein, c’est pas ça. Ce qui me rend parfois proche de  JC, c’est le fait d’oublier momentanément des termes français. Tiens, la dernière fois, c’était chez Fab. Je feuilletais des magazines pour bonzommes, affalée sur le canapé, quand je suis tombée sur une pub assez étrange pour des implants capillaires. La photo, en particulier, était à régurgiter son goûter. J’ai donc cherché le mot adéquat pour traduire ce mal être. Mais tout ce qui est sorti c’est "Aaaaah ! Mais c’est… C’est sickly !!" Ce qui signifie à peu près "gerbant" ou "malsain", enfin si je me souviens bien.

Bien entendu, Fab a cru que je me la pétais, et pourtant non : c’est juste que j’ai eu un trou, et tout ce qui m’est venu sous la main pour le reboucher, c’est un mot d’angliche. Ce qui m’a étonnée, c’est que je ne me rappelais même pas connaître ce mot. C’est quand même un phénomène fascinant. Non ? (tu pourrais au moins faire semblant d’écouter, hein) Donc, disais-je, à mes yeux, c’est fascinant. On dirait que depuis quelques années que j’ai arrêté de pratiquer l’anglais à hautes doses, mes capacités linguistiques me flottouillent dans la cervelle et reviennent de temps en temps polluer ma plage. Chuis peinarde en train de noter un truc et blam, une vieille chaussure. En train de réfléchir et pof, un sac plastique. Des expressions me reviennent en tête à l’improviste. "Hi Stellou, old fart !", qu’elles me font. Et chuis d’autant plus heureuse de les revoir que je ne me souvenais pas de leur existence.

Ca c’est cool, yeah, waleuguéne. Le hic, c’est que le phénomène inverse se produit aussi. Je parle anglais, je suis lancée dans ma phrase quand tout à coup, un blanc de blanc de chez Ripolin. Je suis CERTAINE de connaître l’expression qui traduirait parfaitement ma pensée… Mais je sais pas où elle est. J’ai l’intuition qu’avant, elle était sur l’étagère, près d’un stock de chansons de Dalida mais… A pu. Forcément, dans ces cas là, t’as l’air con. Tu restes la bouche ouverte, d’autant plus désemparée que t’avais rien prévu en remplacement. Comment traduire ce sentiment angoissant… Disons que c’est un peu comme quand tu descends à la cave chercher une mousseuse et que tu t’aperçois que ton pack de Kro et vide. Alors que tu aurais juré qu’il restait au moins une canette dedans. La déception totale.

C’est pas flippant, ça ? Non, pas d’être à court de bière, patate : oublier qu’on sait. Ou savoir qu’on savait, mais avoir oublié ce qu’on savait (ha ha ha. Vandamme est mon maître). Ca fiche le tournis, non ? Si. Mais c’est rassurant, aussi : je me dis que les mots que j’aime tant ont peut-être échappé au sanibroyeur. Je me dis qu’avec de la patience, je retrouverai le lien qu’on avait fini par tisser, l’anglais et moi. Qui sait ? Ptet même qu’un jour, je rêverai à nouveau en anglais… Ca accentuerait sans doute mes crises de Vandammisme mais let’s face it : ce serait fucking great.

She_s_a_tiny_bit_freakish.JPG

—Stellou | 12 comments
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