Archive for the “Chiant Sociétal” Category

Song for the Deaf

juin 23, 2005, 11:38 am

[Attention, post long. Se munir d’une boisson fraîche et d’un oreiller]

Etant donné que je fuis les JT comme la peste, je me tiens au courant de l’état du monde (enfin "monde"…) grâce aux journaux en ligne et surtout, grâce à mon bon vieux poste radiophonique. C’est une habitude solidement ancrée dans la famille que d’accompagner tartines et valoches sous les yeux d’une voix radiotransportée. Je l’avoue, à cette heure de la journée, j’ai l’attention qui gambade encore sur l’oreiller, si bien que je n’entends qu’un brouhaha de termes dont j’essaie de tirer quelquechose. Par contre, en bonne bête de pub, je bouffe les spots radio sans problème.

J’attaquais ainsi ma cinquième tartine à la confiture lorsqu’une pub pour France Télécom s’est rappelée à mon bon vouloir (nom d’un Solex, cette expression est-elle utilisée à bon escient ?). Un monsieur à la voix sympathique t’y explique pourquoi maintenant, juste après douche et brossage de dents, il faut que tu essaies le signal d’appel et la présentation du numéro. Le monsieur te donne un exemple : imagine que tu sois en ligne. On t’appelle : c’est ton fils, qui vient de rater le bus qui devait le conduire aux épreuves du bac. Tu rates son appel. Résultat : il rate la philo coefficient 7, il rate son bac, il (… chépukoi….), voire pire : il devient comédien. C’est pas ça que tu veux, hein ? Non, c’est pas ça que tu veux. La vache. L’angoisse sonne toujours deux fois. Tous les parents un tantinet soucieux de l’avenir de leurs bambins flippent comme des malades, culpabilisent en se disant qu’ils ne donnent pas assez de protéines à leurs rejeton, ou pas assez d’amour, ou pas assez d’attention, ou pas assez de coups de pied au cul… Enfin pas assez de quelque chose. Et là, en pleine période d’exams (bon, ici, c’est un peu périmé, y a plus que le rattrapage en ligne de mire), voilà qu’on ajoute aux parents une source d’angoisse : et si la chair de ta chair arrivait pantelante aux portes d’une salle irrémédiablement close par ta FAUTE ! Sale unité parentale ! Espèce de géniteur indigne de toute descendance ! Ca me fait mal au dedans de moi-même, tant de haine.

Quant à la dernière ligne - attention, si tu fais pas gaffe, ton fils, y sera comédien- , elle me laisse songeuse. Plus ça va, plus à la lumière de cette phrase, je me dis que la pub entière est au troisième degré. Ptet que les auteurs de la pub avaient eu une sale journée. Ca faisait cinq fois que le client rejetait leurs audacieuses créations, quand en papotant devant le distributeur d’eau, l’idée de génie leur est venue :
(…)
- Mon idée de chien qui parle, elle était bonne, pourtant. Y a plus d’audace en ce monde.
- Ouais. Le système pue du cul, mon vieux… Mais des fois, on peut l’enculer sans même qu’il le sente passer.
- Hein ? Et comment ?
- En se foutant de la gueule de tes vieux.
- Ah ben ça, y a matière ouais. Mais essplique, je vois pas bien.
- Ben… Tu voulais être acteur, j’ai bon ?
- Ouais, ouais. J’avais fait forte impression dans le rôle de Canigula, dans Le chien dictateur, la pièce de Bjorn Katapült. Mais je… Vois toujours pas ce que…
- … Pourquoi t’as arrêté ?
- Mes vieux m’ont coupé les vivres et j’ai le dos trop fragile pour bosser au Mac Do.
- Et alors, t’as fait quoi ?
- De la com.
- Voilà. Viens dans la salle de visioconf’, j’ai une créa à t’exposer.
- Tu… Tu vas pas encore me montrer tes fesses ?!
- Mais nan, hein. Ca c’était pour le 1er avril. (…)

Et nos deux pubeux de mettre au point un spot qui, tout en parlant aux angoisses de milliers de parents préoccupés par la sécurité de leurs rejetons, moquerait en fait cette obsession pour un avenir réglé au micromillimètre et filerait au passage une bonne tape dans le dos à tous les jeunes et moins jeunes dont on a détourné la précaire vocation. Le double effet kiss cool. Ha !

… En même temps, j’y crois pas moi-même. En même temps, j’aurais fait pire à leur place. Je m’en vais donc me fouetter avec le combiné du téléphone pour effacer cette critique vile autant que facile.

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I Remember

juin 10, 2005, 10:36 pm

Le week-end dernier, en furetant avec ma mère et mon frère dans un vide-grenier, je suis tombée sur une pile entière de Les Veillées, magazine féminin des années 50. J’en ai donc acheté un recueil, pour voir. Il faut dire que j’ai une fascination pour les ouvrages adressés aux femmes du temps jadis. D’ailleurs, Fab ne m’a jamais offert de plus beau cadeau que Superwoman, de la Duchesse de Bedford (années 70), Pour toi - Le livre de toutes les femmes, de Sari de Megyery (années 30), Eduquer ses enfants (1967) et autres guides pour l’éducation, l’élévation et le bien être de la femme (sic).

Avec mes Veillées, je ne suis guère déçue. Listons quelques-uns des romans et articles publiés dans mon exemplaire (1958):

- Qu’elles sont jolies, les vitrines ! (Berthe Bernage)
- C’est toi que j’aime ("Un grand roman sentimental inédit par Ann et Gwen")
- Un mari à prix fixe (Luisa Maria Linares)
- J’aurais mérité mon bonheur (Sabine Bernard-Derosne)
- Il m’appelait câline (Françoise Rabby) etc etc etc.

Je peux te dire qu’en feuilletant ça, ma soeur, tu peux rire jaune, en pensant au statut de nos aînées. Citons au hasard, un extrait de l’article Ne demandons pas la lune, signé Christiane-de-Radio-Luxembourg. L’article est apparemment destiné à ramener à la raison la lectrice qui, à l’approche de Noël, nourrirait des rêves de grandeur : "Un lecteur m’écrivait récemment : bien des femmes se croient malheureuses ou mal aimées parceque leur mari est moins riche que le voisin !" (…) La femme qui ne peut s’offrir tout ce qui la tente en fait bientôt le reproche à son mari. Et celui-ci, blessé, humilié, se détache d’une femme qui ne lui offre qu’aigreur et amertume". Ca se passe de commentaire.

Se plonger là dedans permet en tout cas de constater que pas grand chose n’a changé dans la presse féminine. Jetons un oeil au rubricage de l’ancêtre de MoVe and Be :

- p.27 :Etes-vous trop grosse ? ;
- p.35 : Jean-Claude Pascal a 30 ans (JC était apparemment un acteur de radio à qui la première question posée en interview est : Vous avez un physique assez réussi. En avez-vous été gêné ? Et si oui, dans quelles circonstances ?)
- p. 36 : Portrait de jeune musicos hype : Henri Salvador ;
- p.29 :  Connaissez-vous les oligo élements ?, etc etc etc. Le tout entrecoupé de pubs pour des trucs inutiles, comme Renovator, lotion contre les cheveux gris, ou bien Les petits pilules Carter, pour réveiller la bile de votre foie

Bon… C’est moi ou pas grand chose n’a changé ?

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Kiss Me

juin 6, 2005, 2:11 pm

Vite vite, on va chasser un peu le dernier post pas pouet. Ce midi, avec Tagadouille, on est allées bouffer dans le riant centre commercial de Biendansmaville. Et quoi qu’on a trouvé ? Du Gloss Nesquik. Oui madame. Sur un site amerloque, on présente ce produit comme le meilleur moyen de retrouver le parfum de l’enfance. Je veux bien, moi, mais tout le monde n’a pas le palais sucré. Ma soeur, par exemple, en guise de souvenir gustatif, je suis certaine qu’elle échangerait pas le saucisson à l’ail contre le Nesquik du goûter.

C’est pourquoi je propose, pour élargir la gamme des parfums et toucher plus de consommateurs :

Le gloss Boursin (pour les amoureux de casse-croûtes à l’ail)
Le gloss Kronenbourg (pour les souvenirs de premières cuites)
Le gloss Sauce Cocktail (pour les chtis nostalgiques de baraques à frite)

Et hop. Ayez, embauche garantie chez Gemey Maybelline.

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—Stellou | 54 comments
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Lost and Found

juin 1, 2005, 11:51 pm

Comme tout le monde, il m’arrive de fixer l’icône d’explorer et d’être un peu désemparée. En général, il est passé l’heure de ne pas dormir. En général, j’ai eu le temps d’aller voir mes blogs préférés et d’y retourner pour lire les commentaires postés depuis ma visite. En général, je m’emmerde. C’est alors que je pense aux plus de 8 milliards de pages et aux milliards de milliards de liens qui dorment sous ce logo d’à peine 1cm2.

J’ai soudain le vertige de me dire que des millions de personnes me tendent une pancarte racontant un peu de leur vie/de leur talent/de leurs produits. J’ai le vertige à l’idée qu’en entrant dans la foule, j’ai de fortes chances de ne voir que des visages mornes et des têtes trop hautes, et une toute petite chance de trouver des hommes/femmes-sandwichs qui m’interpellent vraiment.

Lorsqu’ils sont face à ce genre de tergiversations, certains tapent des mots-clés et voient où ça les mène. Moi, je préfère aller du favori de mes favoris aux favoris de leurs favoris, jusqu’à ne plus savoir d’où je suis partie. Je me lance dans une digression qui n’en finit pas, jusqu’à arriver à une conclusion recevable. Bien sûr, souvent, tout ce que j’obtiens, c’est des yeux qui piquent. Mais parfois, je suis récompensée. Comme le jour où j’ai atterri sur le site de Found Magazine.

Ce site, version en ligne du mag papier du même nom, c’est un peu les objets trouvés du web. Des inconnus y déposent ce qu’ils ont ramassé ici et là, pour constituer un immense grenier de vies. Il y a des gribouillis poétiques ; il y a des clichés abandonnés ; il y a des listes étranges… Un zapping d’existences dans lequel on se demande ce qui est vrai, ce qui est faux, ce qui est tragique ou comique. 

Quand j’ai vu ce site, j’ai souri, parce qu’il me semble qu’il y a là une belle ironie. Ou plutôt une belle résonance : voici sur le web des traces d’inconnus, liées uniquement par les personnalités de ceux qui les ont trouvées. Des faisceaux de hasard qui rejoignent d’autres faisceaux de hasard. Une jolie mise en abîme. Et tout ça rien que pour moi. Moi et mes millions de compagnons de voyage.

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—Stellou | 14 comments
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Stupid Girl

mai 8, 2005, 7:20 pm

T’ta l’heure, j’avais le cerveau en manque de pause et les phalanges façon Mister Freeze. Je suis donc descendue me faire un café. Et là, en attendant que la cafetière italienne fasse son boulot, j’ai essayé d’imaginer combien de litres de café j’avais pu boire dans mon existence. Alors voyons… J’en bois depuis l’enfance, j’ai 25 ans. Depuis des années, j’en bois deux bols le matin, une tasse le midi, un ou deux mugs dans l’après-midi et un ou deux le soir. Ce qui nous fait… Bon, comme chuis une burne en calcul, j’ai pas trouvé la réponse. Mais une chose en amenant une autre, tout en reniflant l’odeur de ma poudre préférée, j’ai cherché à comprendre l’origine de cette addiction.

La caféine ? Mouais, peut-être. Mais le conditionnement social, surtout : chez moi, le café, c’est sacré et chez les autres aussi. A la fac, au boulot, tu fais une pause ? Hop, café - qu’il soit dégueu ne change pas grand chose. Tête dans le cul ? Hop, café. Gros chagrin ? Café. Café café café café… Y en a que pour le café. Ceux qui n’en boivent pas se plaignent d’ailleurs assez de se sentir un peu exclus.

Et dans les séries que j’ai pu voir dans mon existence, hein, combien de scènes dans lesquelles le héros se balade avec un mug de café à la main avant de lancer une réplique du style "Ecoutez, Murdoch. Si vous voulez vous lancer tête baissée dans cette affaire, c’est votre problème. Mais venez pas me casser les glaoui si les Fédéraux vous tombent dessus" ? Combien de tasses de jus englouties au Central Perk ? Combien de cafés préparés par Tony Micelli ?...  Et dans les pubs, alors ? Combien de jeunes gens ténébreux, de Traï tou rimembeur et de patins au San Marco ? On a beau être des créatures dotées d’esprit critique, dans le fond, ça doit bien jouer, non ?

Bon d’accord, je sais : t’en as rien à fiche. D’ailleurs si ça se trouve, t’aimes pas le café.  Je vais donc m’abstenir d’aller plus loin et aller direct à la conclusion de cette pause café - conclusion très con, c’est entendu, mais on est dimanche, hein - En finissant mon jus, un doute m’a saisie : du café, j’en ai tellement bu que c’est peut-être désormais inscrit dans mon patrimoine génétique. Si un jour je me reproduis, qui sait si par un effet de mutation digne de X-Files, mes gosses n’embaumeront pas le Carte Noire ? Hein ? Imagine.

…(pense)
…(pense)

Pfiou. Heureusement que je suis pas accro à l’andouillette…

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Everything Counts

avril 30, 2005, 12:50 pm

Puisqu’il fait beau en ma douce contrée, je vais mettre le nez dehors, cet après-midi. Probable que j’irai à La Vieille Bourse. Non, je ne fais point ici référence à un ami âgé mais à l’un des endroits que je préfère : une bourse aux livres dans laquelle je finis toujours par atterrir.  Tu me diras  ouais bon, c’est des vieux bouquins, rien de plus. Que nenni. Le lieu est bien plus que ça.

D’abord, faut voir le décor : on a trouvé plus moche. Ensuite, l’endroit a ses codes, assez rigolos à observer. Chacun vend un peu de tout, mais a une spécialisation plus ou moins tacite. Les Bds pour l’un, les bouquins régionaux pour l’autre, les ouvrages sur le ciné ou les arts, les romans de science-fiction etc etc. Comme ça, personne ne se bouffe vraiment. Pendant que les nez se penchent sur leurs étals, les vendeurs tapent la discute entre collègues, ou se lancent dans une partie d’échecs. Tu veux une photo de tournage ? Ben tu vas voir le monsieur du stand de gauche, il interrompt sa partie d’échec et il vient te vendre la précieuse photo. A mon avis, tu peux même lui parler de l’état de l’économie française, puisque si ma mémoire est bonne, l’homme est titulaire d’un DEA d’économie (enfin un machin de ce genre). Cerise sur le gâteau : personne ne te fait chier. Une atmosphère bien particulière, donc.

Surtout, y a pas mieux pour faire un voyage dans l’évolution de nos sociétés, poil au nez. Tu y vas sans but précis, tu scrutes les bacs et paf, tu tombes sur un trésor. Souvent, c’est côté bouquins de « société » ou guides pratiques que se situe le meilleur. De  L’amour par les plantes  à Vivre mieux avec Rika Zaraï, y a du lourd et plus tu tapes dans les décennies précédentes, mieux c’est. Parfois, y a même du bouquin rose qui sent la naphtaline : avec KawO, on a ainsi découvert un auteur du début du siècle (enfin à ma souvenance) apparemment spécialisé dans les ouvrages historico-coquins aux titres aussi évocateurs que Les dessous de Madame de Maintenon ou La Princesse de Vaux, une sacrée gaillarde. Hin hin.

Mais finalement, ce qui est encore plus intrigant, c’est de se dire que dans le bouquin que tu vas acheter se trouve peut être une pièce archéologique quelconque : une liste de course, un petit mot, un marque-ta-page fait maison (si par exemple, tu achètes un livre ayant appartenu a Fab, tu as des chances de trouver une feuille de PQ entre les pages. Hem), des annotations dans les marges etc. Ma plus belle trouvaille, c’est ceci :

 ticket1.JPG     

ticket2.JPG

Deux tickets de transport tarifs étudiants qui doivent dater de l’époque où Martine Aubry avait de l’acné. Ils étaient coincés dans un bouquin appelé La cybernétique et l’humain. Bon, j’avoue : je les ai trouvés à la cinquième page et je me suis arrêtée là. J’en sais donc pas plus sur la cybernétique, mais j’ai gagné un objet d’une valeur historique inestimable… : p

Oh et puis… Bonne fête, petit frère ! (le premier qui se fiche de son prénom, je lui arrache les poils du nez un par un.)

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Needle in the Hay

avril 28, 2005, 10:22 am

Hier soir, en revenant du boulot mon oeil droit à la main (ordi, pas bien pour zoeils), j’ai assisté à une scène comme on en fait que dans les comédies musicales ou les pubs Polydent :

Sur le quai du métro, une bande de grisonnants masculins se précipite vers le métro avant qu’il ne parte. Etant donné la relativité du concept "se précipiter" à cet âge, quelques uns restent sur le quai, pendant que les autres se faufilent dans la rame. Les uns manifestent leur contrition en gesticulant, les autres se bidonnent et narguent leurs camarades laissés sur le bord de la route.
N’étaient-ce leur démarche hésitante et leur visage chiffoné, je leur aurais donné 17 ans à tout casser. Je m’attendais presque à ce qu’ils engagent un dialogue du type 
" Vas-y magne toi le caisson, là !’
"Attends hé, jvais pas niquer mes Van’s, quand même !".
"Ptain j’ai mon TPE à faire, ça me broute"
"beuh, t’as qu’à demander à ta soeur, ducon"
"nan hé, elle est en vacances avec son mec"
"et sinon Kevina, t’as répondu à son texto ?"…

Enfin, ce genre de choses. C’est là qu’un moment d"épiphanie m’a saisie. Un court instant, j’ai entrevu les jeunes que ces vieux avaient pu être ; l’instant d’après, je me suis encore une fois rendue compte du regard englobant que je peux porter sur les "personnes âgées".

Je sais pas toi, mais moi, quand je vois un vieux, j’ai tendance à oublier qu’il s’agit d’une personnalité complexe, comme nous. Je vois une mise en pli loupée, un tailleur Daxon et basta. Je classe dans la catégorie "senior" et je vais pas plus loin. Je cède ma place avec bienveillance, j’indique une direction avec un sourire à la Laura Ingalls… Au mieux, je leur attribue une bonté naturelle, finalement pas si différente de celle que je prête aux gosses. Ben c’est le pire des mépris, en fait.

Souvent, je m’imagine à l’âge carte vermeille (chacun ses hobbies, hein), et l’idée qu’on puisse ne pas me voir du tout ou me regarder comme on regarde un morveux dans une poussette me fait flipper. Probable que j’aurai envie de gueuler "hé ho, vous les actifs, là. Je vous emmerde !".

Alors quand je vois un vieux, je me force à imaginer ce qu’il a pu être avant. La mémé qui lit son 20minutes, là, a peut-être écrit une thèse sur La Peur du Péché chez Milton ou un truc dans le genre.  Le papy que je viens de croiser pilotait ptet un avion de chasse avant de se faire promener par son chien… La mamie à qui je dis bonjour tous les soirs en pensant que c’est la réincarnation de Mamie Nova a peut-être été une vraie pourriture toute sa vie… Fin bref, je me force à changer de regard.

Tu me diras : "putain mais on s’en fout, t’es jeune alors tu devrais plutôt observer les jeunes hommes au lieu d’étudier les vieux". Ben je sais. Mais j’ai une fascination pour la vieillesse. C’est ptet que j’essaie de m’y préparer tout de suite pour éviter que ça me tombe dessus tout à coup….

…Après tout, bon vivant, rime avec prévoyant…

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La lecture par-dessus l’épaule du jour -
Lu par dessus l’épaule de Nina, 22 ans, dans l’édition du jour de 20Minutes.

Pourquoi la télé fait les yeux doux aux seniors :  "(…) le groupe AB vient de présenter au CSA la candidature de « Vive la vie » à la TNT gratuite. Au programme : loisirs, cuisine, jardinage et rediffusions de séries (« Derrick », « Navarro »…)(…)"

—Stellou | 17 comments
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