Archive for août 2007

This Place is Haunted

août 29, 2007, 10:07 am

En attendant que Free me dépanne (comment ça “je peux toujours attendre” ?) et illumine à nouveau mon foyer de la grâce de l’ADSL et de la TV numérique, je rame en bas débit et ma télé prend la poussière. Privée des joies du petit écran, j’ai tout le temps d’écouter la radio. Je retrouve donc de temps en temps Zegut et son éternel entousiasme musical. Hier soir, comme Head over Heels parcourait les ondes, des images de Donnie Darko me sont immédiatement revenues en mémoire. Et de là, comme dans un Shuffle mental très efficace ont défilé les titres que j’ai découvert/redécouvert par le cinéma. Ces chansons qu’un réalisateur a un jour décidé de marier à une scène si judicieusement que plus jamais je ne pourrais écouter l’une sans revoir l’autre.

De là m’est venu ce top 5 des couples titres/scènes :

1) Head over Heels - Tears for Fears + Donnie Darko

La fête bat son plein chez les ados de Donnie Darko. La caméra suit leurs mouvements au ralenti dans une perspective angoissante, sur la chute de claviers si particulière de la chanson.

2) Hurdy Gurdy Man - Donovan + Zodiac

David Fincher a cru bon de coller sur ce titre les images d’une voiture anonyme remontant lentement, banalement une rue plongée dans l’obscurité. La scène m’a injecté sous la peau une putain d’angoisse. Rampante, chargée de tout ce que l’imagination peut anticiper quand presque rien n’est montré. Quand je repense au film, c’est cette scène et cette chanson qui me viennent. Toute la peur que j’ai stocké pendant le film est désormais stockée dans Hurdy Gurdy Man. Salopard de Dave.

3) Needle in the Hay - Eliott Smith + La famille Tenenbaum

Dans La famille Tenenbaum, c’est sur les accords de ce titre que Luke Wilson se rase les cheveux et la barbe avant de s’ouvrir les veines. Youpi.

4) Cosmic Dancer - T-Rex + Billy Elliot

Pour toujours associée au jeune Billy Elliot bondissant au ralenti sur son lit.

5) Everybody’s Gotta Learn Sometimes - Beck + Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Pour toujours associé aux larmes de Jim Carrey, seul dans sa bagnole, sous la pluie.

J’ai vu des dizaines et des dizaines de films mais ces associations-là m’ont marquées, du moins ce sont elles qui me reviennent en tête le plus spontanément. Ca a sûrement déjà été fait quelque part, mais comme je suis curieuse je vais te demander de me donner ton top 5 à toi. Oui, on peut appeler ça un questionnaire… S’ils passent par là, je demanderais volontiers aux individus suivants de répondre :

- Din, parce qu’elle blogue à nouveau à foison. Ca va l’occuper.
- Candy Cane, parce qu’il ne blogue plus du tout. Ca va l’occuper.
- Ze F., parce qu’il aura sûrement une jolie playlist à proposer.
- Deanna, parce que pareil.
- Fanny, parce qu’elle doit avoir des trucs à dire là-dessus.

—Stellou | 13 comments
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The Woman Who Sold the World

août 21, 2007, 3:31 pm

Petites, quand on jouait aux grandes avec ma voisine Sylvie, un jeu revenait particulièrement souvent : Le jeu de la VPC. En bonnes gamines élevées au catalogue, on s’imaginait en “commandeuses” La Redoute comme d’autres jouent au dentiste. Le catalogue sous les yeux, l’une passait la commande, l’autre, un combiné téléphonique à l’oreille, répondait à la cliente. “3 Suisses j’écoute ? Oui madame, la chemise de nuit Elegy est toujours disponible. C’est en quelle taille ? Bien, madame. Je vous fais livrer ça tout de suite, mais d’abord y faut payer. Merci, madame. Au revoir, madame.

Simple comme un coup de fil. A l’époque, ça me paraissait le métier idéal. Je ne m’imaginais pas que le monde du travail puisse être beaucoup plus compliqué que ça. Je m’imaginais encore moins que pour exercer le métier de catalogueuse, de médecin de la tête ou encore de vétérinaire automobile, il faille d’abord réussir à “se vendre”. Se vendre à un employeur, se vendre à un client, se vendre, se vendre, se vendre.

Depuis, j’ai eu largement le temps de le découvrir. Le hic, c’est que moi, je me vends pas, je me solde. Je ne dis pas : “Matez-moi cette veste vintage de créateur. N’est-elle point d’un goût exquis ? Ne moulerait-elle pas divinement votre fantastique plastique ?“. Je dis : “Je vais pas vous mentir : ce torchon a déjà servi. Y a un accroc au niveau de la poche intérieure droite, alors je vous la fais à -40%, ok ? Et si elle vous va pas, rapportez-la en magasin, je comprendrai.

Même quand j’ai l’impression d’avoir placardé des “Vus à la TV” et des “Tête de Gondole de l’année” partout sur mon CV, je suis en réalité bien loin du compte. Pire : à chaque fois que je dois me coller à mon autopromo, c’est procrastination et actes manqués à tous les étages. Dernier exemple en date : envoyer un brouillon de candidature encore parsemé de fautes d’orthographes au lieu de se contenter de le sauvegarder. De toute ma vie professionnelle, une telle Ejaculation Précoce ne m’était jamais arrivée.

… Ben voilà, c’est fait.

[Note de bas de page : De l’extérieur, on pourrait penser que je suis une cause perdue. Nenni : au fil des baffes, j’apprends. Un jour, qui sait : j’aurai même tellement bien pigé la leçon que j’animerai des conférences de Self-selling sponsorisées par Dale Carnegie.]

—Stellou | 9 comments
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One of us Must Know

août 16, 2007, 11:23 pm

Depuis quelques temps, je suis molle du cortex. Je renâcle à entamer tout travail impliquant organisation des idées et réflexion en profondeur. Mon organe dépérit faute d’être suffisamment stimulé et à chaque fois que je pleure sur son sort, je repense à la remarque d’une de mes profs concernant le lien entre vie professionnelle et diminution des capacités de réflexion. A la réflexion (ça va me changer), c’est d’ailleurs tout ce que j’ai retenu de ses cours. Une seule petite remarque - et quelques tics de langage.

Vexée d’avoir la mémoire plus opaque qu’un décret européen, j’ai cherché à évaluer ce qui restait des profs de ma vie. Et Stellou de fouiller le passé à la recherche de phrases chocs. De ces enseignements qui poussent les Esprits Rebelles à devenir médecin, avocat ou huissier de justice. Bons ou mauvais, mes profs ont eu un rôle dans mon parcours, non ? J’ai bien dû en apprendre, des trucs… Pourtant, tout ce que j’ai trouvé en guise de phrases pour Poètes Disparus, c’est ça :

“Sissi était anorexique.” (ma prof d’allemand, 1ère S)

“Vous manquez de rigueur.” (ma prof d’histoire, 2nde)

“J’ai vu fleurir le désert.” (mon prof de bio, 6ème)

“Vous manquez de rigueur” (mon prof de bio, 2nde)

“Il faut se battre avec sa copie” (ma prof de littérature anglaise, Fac d’anglais)

“Vous êtes un rond dans une classe de carrés.” (ma prof de philo, Terminale S)

“Vous n’avez pas l’esprit mathématique.” (ma prof de maths, Terminale S)
)

“Vous connaissez le syndrome de la tarte au beurre qui sent l’ail ? Vous prenez une superbe recette, vous la suivez à la lettre, tous vos ingrédients sont parfaits MAIS votre beurre sent l’ail. Ben votre tarte, elle est foutue.” (mon prof de physique, 1ère S, lancé dans une démonstration dont j’ai oublié l’objet)

“La com, c’est la pute de l’entreprise.” (mon prof de RH, IUP de com)

“Un bon ouvrier a toujours les mains propres.” (mon prof de dessin, collège)

“Tacite était le Voici de son époque.” (ma prof de latin, Terminale S)


Pfiou… 20/20
.

—Stellou | 26 comments
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Dearly Departed

août 15, 2007, 10:33 am

Il y a des films que j’attends avec impatience dès la publication des premières photos de tournage. Je me rappelle par exemple avoir eu le coup de foudre pour Eternal Sunshine of the Spotless Mind après être tombée sur un cliché du film publié dans Newsweek des mois avant sa sortie. On y voyait Kate Winslet et Jim Carrey dans un lit posé sur une plage enneigée. La vision était d’une telle poésie que j’ai immédiatement décidé d’aller le voir coûte que coûte.

Cette fois, je m’intéresse de près à The Darjeeling Limited, le prochain film de Wes Anderson. Tous les ingrédients me semblent réunis pour m’appâter. Trois de mes acteurs préférés dans les rôles principaux (Owen Wilson, Adrien Brody et Jason Schwartzman, que j’adore depuis I Love Huckabees). Une histoire à fort potentiel émotionnel (trois frères réunis dans un voyage en train à travers l’Inde après la mort de leur père). Et Wes Anderson, un réalisateur qui m’a offert l’un des mes “all time favorite films” : La Famille Tenenbaum. Ajoute à ça une BO qu’on est en droit d’espérer superbe et gaaaaah ! Les gars, je vous attends de pied ferme.

—Stellou | 13 comments
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Caught by the Fuzz

août 10, 2007, 12:29 pm

Flash back. Nous sommes dans les années 90. Fringante étudiante en anglais, je fais la connaissance de mon premier vrai village anglais. J’y découvre avec stupeur l’existence de comités locaux de surveillance animés par les habitants et la présence de caméras au beau milieu des haies. Damned me dis-je, Big Bruder is watching you !

Flash forward - août 2007. Grâce à Hot Fuzz, film signé des créateurs de Shaun of the Dead (la parodie de films zombiesques starring Simon Pegg), je découvre avec délectation que le village anglais et ses comités de surveillance sont solubles dans le film d’action. Hot Fuzz, comme son nom l’indique, est un film de flics. Une sorte de buddy movie infusé au thé qui met en scène un super flic londonien, l’incorruptible Nicholas Angel. Trop zélé pour son équipe, Angel se retrouve “promu” brigadier à Sandford, le “meilleur village d’Angleterre”. Une bourgade paisible où vont pourtant se dérouler d’horribles événements…

Flash forward (+) - août 2007. Je fais résonner la petite salle du Majestic de mon rire gras. Je ne suis pas la seule : à mes côtés, 3 individus mâles de mon entourage font de même, réagissant à chaque gag comme Benjy aux charmes des petites pépés de L’Ile de la Tentation. Mazette, qu’est-ce qu’on s’est poilés ! Je refuse de te dévoiler un seul gag du film, ce serait dommage. Je peux seulement te dire qu’Hot Fuzz vaut son pesant de parcmètres. Un seul mot : “Yurp!”. Vas voir le film, tu comprendras.

—Stellou | 6 comments
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Northern Whale

août 7, 2007, 4:26 pm

Chacun a dans le placard deux ou trois activités envisagées et jamais sérieusement entreprises. Les miennes, ce sont le théâtre, les cours de dessin et l’aquagym. Oui, l’aquagym. Certains diront que c’est “un sport de vieux”, mais c’est surtout la promesse d’une culture physique sans souffrance. Et puis gigoter dans l’eau, c’est plus rigolo que transpirer dans une salle de gym qui pue le vieux tapis de yoga. Bref : depuis deux semaines (ben quoi ? C’est déjà pas mal), je suis avec assiduité les cours d’aérobic aquatique dispensés près de chez moi.

J’aime le côté intergénérationnel de la chose. Grosses, maigres, jeunes, vieilles, avec ou sans bonnet en plastique : toutes réunies pour obéir aux ordres d’un Davina en slip de bain… C’est beau. La seule chose qui me dérange pour le moment, c’est ma difficulté à ne pas piquer un fou rire face aux images que ça convoque. Quand je nous vois arpenter le petit bassin en sautillant comme un troupeau de saumon remontant la rivière, j’en pisse dans mon Speedo (pas littéralement, ça se verrait trop). Il faudra pourtant que j’arrive à me maîtriser. Sinon mes camarades de classe pourraient bien me noyer dans le pédiluve…

—Stellou | 17 comments
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