Archive for juin 2007

The Good Ones

juin 28, 2007, 12:01 pm

Dans le dernier numéro de The Word se trouve une longue interview de Leonard Cohen. Thème de la rencontre : l’art de la composition. D’où des anecdotes de geek savoureuses. Savais-tu par exemple que quand l’inspiration lui venait, Elvis Costello appelait chez lui dans l’espoir de tomber sur son répondeur et donc d’y enregistrer son idée de mélodie ? Les artistes sont formidables.

Passons. Leonard Cohen étant surtout connu pour son Hallelujah, Papy Leo revient sur la naissance du fameux tune qu’ il a mis… 5 ans à écrire. 5 ans pour 15 strophes. GAH ! Tu me diras “Oui, mais quelles strophes ma chère. Et promises à quel avenir ! La chanson ne fut-elle point reprise et reprise encore des plus belles voix aux chanteurs de WC*“.

N’en reste pas moins que mettre 5 ans pour pondre une ritournelle, c’est long. D’autres auraient torché 4 ou 5 strophes ou fichu le bébé à la poubelle. Leo, lui, a laissé poser ses textes pendant 5 longues années. Je me demande comment ça s’est passé. Est-ce qu’il y pensait souvent ? Est-ce que chaque année à son anniversaire, l’homme ressortait la feuille en disant “Cette fois, c’est la bonne ?” Est-ce qu’il a écrit le premier jet un soir de picole, l’a adandonné dans un coin pendant 5 ans avant de retomber dessus par hasard et de s’y recoller ?

“Mon minou ?
- Oui ma loute ?
- Tu te souviens de ce truc que t’avais chanté au pot de retraite de Jerry ?
- Jerry… Je connais un Jerry ?
- Jerry… Le cousin de Mirabelle, tu sais ? Le gros avec sa casquette ?
- Aaah, oui, je le remets, maintenant. Pfiou… J’étais bourré comme un coing ce soir-là ! Tu m’étonnes que je me rappelle de rien… Mais pourquoi tu me parles de ça ?
- Ben figure-toi qu’en rangeant la cabane de jardin j’ai retrouvé les paroles. Tu les avais mises dans la boîte à clous de grand-père, alors forcément…
- J’étais pompette, je te dis.
- N’empêche, je l’ai relue, elle est vraiment pas mal cette chanson.
- Bof… Me rappelle plus. Tu crois ?
- Oui, vraiment. Tu devrais la terminer. Mais change le titre, si tu veux mon avis. Hallelujah, ça craint du boudin. C’est pas catchy du tout.
- Ben moi j’aime bien, moi.”

Ce n’est qu’une hypothèse, évidemment. La semaine prochaine, nous verrons comment John Lennon a composé Imagine. Ahem.

* Pourquoi ne chanter que sous la douche ?

—Stellou | 17 comments
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Pop Song 2006

juin 22, 2007, 12:14 am

La semaine dernière, collée au lit par un sale virus, j’ai passé mon après-midi à m’enfiler les policiers de TMC. Nom d’un cul… Reformulons pour éliminer toute ambiguité : j’ai regardé toutes les séries policières de TMC, dont Les aventures de Sherlock Holmes. Petite, j’adorais cette série pour son côté obscur, son acteur principal (Jeremy Brett) et son générique à violons. Je me suis donc plongée avec délice dans l’épisode du moment.

Et là, entre deux haussements de sourcil de Sherlock, un détail charamant m’a frappée : comme toute fiction “d’époque”, Les aventures TV de tonton Sherlock portent la marque… de leur époque. En l’occurrence les 80s. Ca me frappe à chaque fois que je vois un film de ce genre tourné il y a un peu trop longtemps : reconstitution historique ou pas, l’esthétique est toujours plus ou moins influencée par la mode en vigueur au moment du tournage.

Coiffures, grain de l’image, couleurs, physique des acteurs choisis pour incarner les rôles-types (la belle mystérieuse, la brute, le bellâtre etc.) : quand on regarde une fiction “historique”, on a toujours droit à deux passés d’un coup. Le passé de l’intrigue, celui qu’on est censé reconstituer pour nous (Antiquité, Epoque victorienne, Swinging London, Grande Dépression…) et le passé de l’oeuvre, l’époque désormais révolue où elle fut mise en boîte. Et selon que le film a été tourné dans les années 60, 70 ou 90, les chignons seront plus ou moins gonflés, plus ou moins crêpés, plus ou moins balayés. La marquise femme fatale aura tantôt l’oeil de biche, l’oeil nude ou l’oeil charbonneux…

Ce téléscopage historique me met toujours en joie, je ne sais trop pourquoi. Ce que je trouve surtout drôle, c’est que quand un film d’époque sort, je me dis toujours “ouah, , la reconstitution est parfaite”. Le film appartient encore tellement à mon présent que rien ne vient parasiter la vision du passé qu’il me propose (je devrais me passer des pseudo-considérations philosophiques, nan ?). Mais colle-moi devant le même film des années plus tard et je me dirai “Pouah ! Ce que c’est kitschoune. On voit que ça date.”
Ouais, bref. Toujours est-il que vieilles ou pas, Les aventures de Sherlock Holmes me font toujours autant d’effet. Je peux pas en dire autant de Sauvés par le Gong. Hin hin.

Angélique, marquise des Anges mais surtout des sixties

—Stellou | 12 comments
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Scooby Diver

juin 4, 2007, 7:45 pm

J’ai presque fini le petit Zap Book que j’avais commencé il y a maintenant plus d’un an, puis délaissé pour un autre, puis repris. En sale gâcheuse de papier, je lui laisserai probablement les quelques feuilles qui restent et demain, j’irai en acheter un autre. Ou alors je reprendrai la fin d’un pauvre cahier que j’avais commencé il y a maintenant encore plus d’un an, puis délaissé pour un autre, puis repris… Bref.

Comme j’ai vécu des moments importants entre les spirales du petit dernier, j’ai pris ma liasse à dessins et j’ai étalé les pages qui en proviennent sur le parquet de ma chambre, histoire de visualiser d’un coup toutes ces balises. Je me rappelle très bien pour chaque dessin l’état d’esprit dans lequel j’étais, ce qui se passait autour dans ma vie au moment où je l’ai fait.

Associées à chaque gribouilli apparemment anodin, il y a des dizaines de pages de vie que je n’avais pas la capacité et/ou la volonté de dessiner alors. Et tout comme on s’imagine un monde entre les cases d’une BD, je n’ai qu’à regarder ces dessins pour accéder instantanément à un monde d’images que personne sauf moi ne connaît.

Aussi maladroits qu’ils soient, ces instantanés sont beaucoup plus évocateurs que les mots que je sème partout comme kiki marque les pneus de ta mobylette*. Quelle que soit mon intention de départ, mes traits sont toujours beaucoup plus sincères que tout ce que je pourrai dire ou écrire. Et j’aime bien penser que là au moins, je me trouve telle que je suis. C’est la raison pour laquelle j’espère continuer à dessiner jusqu’à ce que l’arthrite me fasse chier sa race. Peu importe si ça ne regarde que moi, après tout. Ou non, justement : tant mieux si ça ne regarde que moi.

* Et alors ? C’est classe les mobylettes.

—Stellou | 8 comments
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