Archive for décembre 2006
Eternal Sunshine please, Lil’ Miss
décembre 20, 2006, 5:07 pmLittle Miss Sunshine, il faut que je t’ajoute à cette liste que je veux dresser depuis longtemps. Une parmi toutes celles que je passe mon temps à griffonner. Sauf que celle-là est garante de ma santé mentale. C’est la liste des livres, films, musiques qui définissent ce que je cherche dans les créations des autres. Chacun a la sienne, faite de ces petites épiphanies qui te prennent par surprise et te disent « Tu vois, c’est pas compliqué. T’as le palpitant qui s’emballe, là ? Les larmes aux yeux peut-être ? C’est normal : c’est l’effet diapason ».
Je le recherche. Je le recherche tout le temps. En ce moment je le recherche comme certains cherchent l’orgasme, avec pour résultat : nada. Forcément. Est-ce que c’est moi qui déconne ? Est-ce que j’ai les perceptions encrassées ? Peut-être. Est-ce que c’est tant de choix qui me tue l’envie ? Peut-être aussi.
Hier, après avoir fait déjà deux librairies, je traînais dans les rayons de la FNAC à la recherche d’un livre ou d’un CD. Pas moyen de n’avoir ne serait-ce qu’un spasme vers une couverture attirante, un titre qui fait tilt. Ironie du sort : mes yeux se posent alors sur un bouquin intitulé Le paradoxe du choix ou quelque chose dans ce goût-là. Merde alors. Me vla submergée par l’offre, me dis-je, au beau milieu du rayon « société ».
C’est vrai, quoi : dans un tel flot de production, quelle chance j’ai, moi, de trouver mes Little Miss Sunshine ? Mes Eternal Sunshine ? Mes Nick Drake et mes Nick Hornby ? Combien de rébus, de CDs à peine écoutés, de déchets d’intérêt avant de trouver mon petit trésor à moi ? Celui qui tout en finesse, quasi-magiquement, viendra me parler de ce que je vis, de la façon dont je vois la vie. Celui qui m’ouvre des portes, me fait comprendre, me touche, me sors le nez du guidon. Le sincère et l’original. L’un peu déglingué, le truc qui ressemble à rien mais qui dit tout.
La petite Olive, ses big lunettes roses, son bidou qui dépasse et ses bottes en caoutchouc rouges. Je me revois petite. Son pépé rebelle, son père trop winner, sa mère qui fait la moue. Son frangin Emo, son tonton suicidos, ses rêves de Miss Barbie sur la musique de DevotchKa. Le passé suggéré par un badge, la personnalité esquissée dans un poster. La finesse, la beauté, la chaleur, la loufoquerie, la sincérité et une certaine marginalité. Je voudrais réussir à décortiquer ces machins-là, comme quand je démontais le vélo de ma sœur, pièce par pièce. Comment ça marche, bordel ? Mais non, trop de paramètres en jeu pour mettre le doigt sur la recette. Je sais que c’est ce qui fait la magie de la chose. Seulement parfois, j’aimerais bien savoir vers quoi me tourner pour obtenir ma dose.
—Stellou | 11 comments
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Bullet for Blue Sky
décembre 14, 2006, 1:09 pmParfois, les placements pubs réservent de bien étranges surprises. Exemple : dans le Metro d’hier, insérés côte à côte sur la page :
J’y vois comme une ironie prophétique. Hu hu. Remarque, c’est ptet fait exprès. Qui sait si la régie pub de Metro ne compte pas en son sein un redoutable messager qui communique avec nous, simples mortels, par le biais de ces messages quasi-subliminaux ? Un peu comme dans Un Homme d’Exception, film dans lequel Russel Crowe (enfin John Forbes Nash) est persuadé que la presse est bourrée de messages codés à son intention.
…
Hum… M’en vais éplucher Direct Soir. Des fois que Dieu me parlerait entre une news sur le dopage dans le milieu des fléchettes et un article sur la reconversion des tops models.
—Stellou | 3 comments
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Jungle Bells
décembre 13, 2006, 11:33 amEtant Free-lance, j’ai la chance de pouvoir sortir de ma tanière pour faire les coucourses quand j’en ai envie. A moi, les caisses de supermarché quasi-désertes, les files d’attentes atrophiées, la consommation sans peine. Un avantage qui prend toute sa valeur pendant les fêtes : moi, mes cadeaux de Noël, je les achète quand je veux. Et même à 10h40 un lundi, si ça me dit (samedi).
Tu veux me frapper ? Attends, suspends ton poing : car ce privilège se dissout facile dans un zest de masochisme. J’ai beau avoir toute la marge de manoeuvre possible, je préfère aller faire mes achats comme tout le monde : à la dernière minute et aux heures de pointes. Pourquoi ? Parce que je suis con comme un coing. Je vais donc attendre ce midi, 12h30 ou ce soir, 18h00, pour parer de joujoux la hotte à Papy Nowel. Et avoir la chance de me faire écraser les orteils par une grosse vague de chaleur humaine. Hé hé.

—Stellou | 6 comments
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Depoil’s-toi, conscrit
décembre 12, 2006, 11:20 amSamedi, j’ai vu mon petit frère revêtir pour la première fois son uniforme (ou "zag" si j’ai bien tout pigé) de Gadz’Arts (ou Gars des Arts, donc étudiant de l’ENSAM) , après une cérémonie de baptème où j’ai pu constater la capacité pulmonaire de ces jeunes gens (= volume sonore d’un stade de foot un soir de Lille-Milan). Quand on a vu un individu s’évader de la cuisine en tanguant dans sa couche, quand on lui a jadis piqué donné son biberon, le voir porter un grand flambeau en chantant, sérieux comme un pape "Que font ici ces titres de noblesse ? Leurs faux éclats ne peuvent nous éblouir. Ici, puissants, l’inégalité cesse, Vieux privilèges, il vous faut tous périr. Goûtons amis, ce bonheur qu’on méprise, Car sachez bien qu’à l’École des Arts, " Fraternité ", c’est là notre devise" et gnagnagna, ça fait bizarre.
En tout cas, en hommage à son dur labeur, je lui dédie ce texte librement inspiré de l’argot de son Ecole de tarés, là :
Alors, remis de ton bapt’s et de tout le boul’s qui va avec’s, conscrit ? Maintenant tu vas pouvoir passer ton temps cutté sur ton ordin’s à cuver, comme tous les djeun’s qui se respectent ? Dépoil’s toi, chuis qu’une pelk’s, je sais pas comment vous brassez, moi. Faudrait que je compile lar’s vos trad’z. En tout cas mes félicit’s pour ton ann’z, ptit or’s. C’est piston.
Ouais bon. J’ai fait fac d’anglais, moi hein. Faut pas m’en vouloir. XD En tout cas, bravo petit con. Mais prends pas la grosse tête, sinon gare à la baff’s dans la fat’z de la part de ta frang’z*
* Ben quoi? J’ai le droit d’adapter, hein.
Et à part ça, une grande entreprise d’investigation et d’analyse disponible sur Madmoizelle.
—Stellou | 5 comments
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It’s News Time
décembre 8, 2006, 4:05 pmPendant que je fais mon guignol version vieille de Fives, une future grande journaliste participe à la naissance de France 24, eul CNN européenne, comme on dit. Comme tu peux le constater dans cette vidéo par exemple, la bougresse est à la fois belle et talentueuse. Ce qu’on ne peut pas deviner à l’écran, c’est qu’elle a également un humour à tomber. Meriem Amellal, retiens bien ce nom. M’est d’avis qu’elle ira loin. :’)
—Stellou | 9 comments
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Bobonux
décembre 6, 2006, 11:37 pmDans les années 80, je participai homéopathiquement au tri sélectif très sélectif (ramassage du verre, point barre) organisé par Walnut Grove, village certes peuplé de retardés dans mon genre mais parfois écologiquement en avance sur son temps (un peu). A la même époque, j’aidai avec réticence au développement de l’Opération Compost et Chaîne Alimentaire initiée par mon père ("Les enfants : vos croûtes de pain, vous les jetez pas, c’est pour les oiseaux, hein" "Stellou, tu peux aller vider le seau de compost, s’il te plaît ?"). Parallèlement, j’assistai comme le reste de la famille à ses initiatives d’enrichissement du potager par voie naturelle :
- Alors dans ce gros bidon, les enfants, j’ai mis les orties que j’ai désherbées, et de l’eau.
- Tu fais de la soupe ?
- Non, du purin d’orties.
- Beeerrk !
- Pff ! Rira bien qui rira le jardinier.
Pendant tout ce temps, je partageai pleinement l’amour de la famille V (la famille V c’est ma famille, boubourse) pour la récupération et le système D.
Beaucoup plus tard, je décidai de toujours porter mes piles au recyclage. De dire non aux sacs en plastique. D’éteindre la lumière en sortant d’une pièce. Aidée en cela par ma qualité de Sans-permis, je crachai très vite sur la Domination Automobile et ses dérives. Et aujourd’hui, sur les conseils de ma soeur, j’ai testé les Noix de lavage comme alternative à la lessive. Je suis la sagesse écologique incarnée.
Sauf que je bosse pour la pub, j’écris pour une célèbre chaîne de restauration rapide, j’accumule les produits de beauté et les vêtements fabriqués pas cher-pas vert à Pietraoushnouk et je bouffe du papier glacé comme d’autres sucent des marrons (glacés. Des marrons glacés. Y pas d’allusions. Pervers, va). Et si j’avais pas peur de l’avion, ha ha, mais je t’en tuterais, moi, du kérozène.
Saint Hulot, ayez pitié : je ne suis pas digne.
—Stellou | 7 comments
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