Funky Square Dance

Quand on bosse en entreprise, on a tendance à vouloir mettre un peu de soi dans son environnement de travail. Selon le degré de décontraction de l’institution, on ramène donc sa plante verte ou sa ménagerie de gadgets. On accroche un poster ou une photo du gosse. On amène ses bonbecs ou son pack de bière… Ah non c’est vrai : l’alcool est interdit sur le lieu de travail*. On personnalise, quoi.

Quand on bosse chez soi, on fait souvent un peu l’inverse. Ca s’appelle « se créer une structure de travail », je crois. Tout le monde ne fonctionne pas comme ça, mais beaucoup on leurs petits « trucs » pour se mettre en condition de bosser un peu sérieusement. Certains sont incapables de bosser en pyjama. D’autres ont besoin d’une pièce bien à part, un vrai bureau de travailleur qui sentirait presque l’alarme à incendie et la machine à café. Bref, quelques cloisons mentales sont souvent requises pour séparer Mme Taf et Mr Perso dans l’open space mental.

« Oh la, mais comment tu fais pour bosser chez toi ?" me dit-on parfois. "Moi je pourrais pas. J’arriverais pas à me mettre au boulot ». Ben… Je me le demande, parfois. Il est vrai que je travaille dans… ma chambre, avec mon lit à la belle couleur orange direct dans le champ de vision (du pur sadomasochisme). Je peux travailler un peu n’importe où : là ou dans la cuisine, dans une position ergonomiquement incorrecte, ou sur mon lit, tiens. Aussi. M’en fout. Probablement un vieil héritage de mon passé scolaire.

Pas besoin de non plus de revêtir un tailleur ou une quelconque tenue de travail : je peux sans problème bosser en pyjama jusqu’à deux heures de l’après-midi. Je pourrais bosser en string que ça n’altérerait en rien ma concentration (la visiophonie ne passera pas par moi). En revanche, j’ai du mal à bosser les cheveux détachés. Non pas qu’ils me tombent sur les mirettes, mais le geste d’attacher ma tignasse en queue de cheval me dégage les idées en même temps que la nuque. Quant à la bouteille d’eau dont je ne peux me passer, elle me donne l’impression, quand j’en descends quelques gorgées, de me laver la cervelle. J’imagine la flotte qui vient tout balayer, comme un déluge s’abattant sur mes braves petits neurones. Que les lois de l’anatomie s’y opposent, mon ami, je n’en ai cure. C’est comme ça que je le vois, c’est tout. Mes pieds peuvent bien reposer encore dans leurs pantoufles et mes nénés s’ébattre librement sous mon t-shirt. Ce qu’il me faut, moi, c’est le sentiment que ma tête, elle, est bien revenue de RTT.

* Tout le monde sait qu’aux pots de départ, on ne boit que de l’Orangina

This entry was posted on Vendredi, septembre 8, 2006 at 21:20. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can also leave a response or trackback from your own site.


7 commentaires

  1. zydeco says:
    septembre 8, 2006, 21:44

    Moi qui bosse aussi à la maison, enfin la plupart du temps, je contresigne en bas de cette note. Le plus efficient là dedans, c’est d’être maître de son emploi du temps… en fait on bosse plus mais mieux…je peux passer d’un projet à l’autre, téléphoner, écouter une pile de disques en retard en même temps, faire des tas de pauses pour aller jouer avec les kids, tondre la pelouse, écrire un nouveau slam de T-frère…

    ps: j’espère que tu en profites aussi pour écrire… (je veux dire Ecrire… avec un “E”)

  2. delest says:
    septembre 8, 2006, 22:04

    Tu travailles sur ton lit, en string ? Et ta Porche rose, tu la gares où ? Mais non, je plaisante-eu !!!

    Tu ne parles pas d’un problème important et même existentiel : le grignotage. Le doux miaulement de la truffe au chocolat, dans le frigo, tu résistes ?

  3. sosou says:
    septembre 9, 2006, 12:00

    Tout le monde a toujours eu du mal à comprendre comment j’ai pu bosser pendant des années dans ma chambre ah ah. bon certe je n’avais pas le droit de rester en pyjama, mais bion hein. Y’a juste un truc, ma mère avait du mal à comprendre que si allongée sur mon lit j’écoutais la lecon les yeux fermés c’était pour mieux me heu disons, concentrer :p.

    ( tiens pis c’est marrant, faut que je m’attache les cheveux à chaque fois aussi, sinon j’suis pas concentrée , bifare )

  4. Stellou says:
    septembre 9, 2006, 14:10

    Zydeco : et non. Ni avec un grand E ni avec un petit. :p
    Delest : j’ai pas le permis, je te le rappelle. XD Non moi je grignote pas, ça va. Ca me vient même pas à l’esprit. (oui je suis un monstre)
    Sosou : alors ça, par contre, étudier constamment chez moi j’aurais pas pu. Huhu.

  5. Bambi says:
    septembre 9, 2006, 16:52

    donc tu travailles sur ton lit, en string et dans un total relachemant mammaire … ok, je t’envoies un CV, qui c’est, peut être qu’un jour t’aura besoin d’un assistant ;)

  6. zydeco says:
    septembre 9, 2006, 23:12

    Au boulot feignasse…uh uh ;-)

  7. maureen says:
    septembre 10, 2006, 15:13

    Nan mais c’est bien connu, l’eau ça oxygéne les neurones. J’ai pas fait un bac L pour rien hein (gnu !).
    Moi je pourrais pas chez moi, je suis trop larve.


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