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Glory Box
août 29, 2006, 9:17 amSi la sagesse populaire dit vrai, alors j’ose à peine imaginer à quoi ressemblera ma tronche dans quelques années : si le visage finit par devenir le miroir de l’âme alors damned, j’aurai besoin de botox. Et si la culotte de cheval est le miroir de mes angoisses nocturnes, alors une liposuccion sera également la bienvenue.
Imaginons que chacun de nous porte autour du cou un écran projetant aux passants une modélisation en temps réel de notre courant de conscience. En ce moment même, on y verrait des régiments d’angoisses infondées botter le cul de dizaines de questions cons, elles-mêmes occupées à bourrer le pif de quelques croyances infondées.
Pour suivre l’action, pour y voir clair, tu froncerais les sourcils, tu plisserais les mirettes, non ? Moi oui, en tout cas. Je cogite tellement qu’un jour, ça va finir par se voir. Dans le métro, les petits me montreront du doigt en disant à leur grand-mère Mamie, elle a quoi à la figure, la dame ? et l’ancêtre de répondre : "De la moustache". Avant d’ajouter "ainsi qu’un un caractère hyper-anxieux".
Attends, ne t’en va point ! Je sais que ce n’est pas là trait de caractère très attirant, ni très populaire. Je préférerais être super cool, complètement insouciante, à la limite de l’inconscience. Mais la vie est ainsi faite (poil au… oh et puis non. Epargnons-nous) : un jour de pleine adolescence, je suis passée de Stellou la nonchalante à Stellou la… Euh… Ouichalante ? Et depuis, l’angoisse fait partie de mon caractère. Parfois même, comme en ce moment, elle prend trop place, sans même que je sache pourquoi.
Pourtant, je ne peux pas vraiment lui en vouloir : après tout, c’est aussi elle qui me fait avancer. Je ne sais pas comment font les autres, mais moi, je sais que j’ai toujours avancé sur le mode Peur-coup de pied au cul-peur-coup de pied au cul. T’es pas cap, Stellou/Ah bon ? On va voir, sacrediantre ! Non pas que j’aie pris de grand risques jusque-là. Mais à l’échelle de mon caractère, de mon éducation, de l’opinion que j’ai de moi, j’ai toujours eu la sensation de passer mon temps à me faire peur pour mon bien. La sensation que mes pires angoisses étaient aussi celles qui me permettaient de faire, d’avancer, d’aller vers les autres. Si j’étais un bouquin de jeune cadre dynamique, je dirais que ma plus grande faiblesse est ma plus grande force.
Souvent je me dis "je ferais bien ça". A peine la pancarte affichée dans ma tête, la foule des objections se pointe. "Oui mais t’y arriveras pas. T’es pas faite pour", "Oui mais imagine, ce qu’on va penser de toi" (on qui ? Va savoir) etc, etc, j’en passe et des plus insignifiantes. Or, la plupart du temps, c’est justement parce que ça me fiche la trouille que j’y vais. Un petit orateur riquiqui monte sur l’estrade, regarde l’assemblée d’hostiles et baisse son pantalon. Yo. Seulement, en ce moment, j’ignore où il est, ce con. Les angoisses sont là, mais pas trace d’objectif (ou bien trop ?) pour les calmer. A vrai dire, je suis un peu paumée. Faut vraiment que je remette en route la machine à rêver plus haut que mon cul (je sais, je parle sans arrêt de fesses - c’est pour donner à manger à google).

—Stellou | 18 comments
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