Archive for juin 2006
Diamonds in the Mine
juin 28, 2006, 2:08 amIl y a quelques jours, je me suis décidée à aller jeter un oeil à ma boîte laposte.net, boîte tellement envahie de courrierde (courrier + merde) que j’ose plus y mettre la souris. C’est alors que j’ai découvert sous les déchets, un mail d’une copine que je n’ai pas vue depuis des années. A la lecture de l’objet ("great news" ou "du nouveau", je ne sais plus guère), va savoir pourquoi, il m’est venu des images de polichinelles dans le tiroir. Et c’était bien ça : elle est enceinte.
Mazette. Je me sens comme encerclée de bébés, en ce moment. Certains sont sur le point d’être livrés, d’autres viennent de débarquer, d’autres jouent les astronautes en appesanteur dans leur loftutérus, et ne parlons même pas de ceux qui sont encore à l’état de projet. BEBEEEE. BEBEEEEEEEEEEE-BEEEE. Tu l’entends, ce bruit, ce cri qui s’élève dans l’air du soir ?
… Ah non, j’ai rêvé : c’est juste des supporters de l’équipe de France qui klaxonnent leur joie près de chez moi.
N’empêche, ça fait réfléchir, tout ça. Parce qu’entre deux annonces de (désir de) grossesse vient forcément le moment où on te demande ce que tu en penses, toi. Certes, tu y es plutôt habituée, à la fameuse question : parce que tu possèdes deux chromosomes X, on te l’a déjà posée des centaines de fois. De la maternelle ("dis, tu veux combien de bébéés ?" "Euh… Quarante-douze". "Ok. Viens on commence") à la fac ("Tu vois moi à 26 ans, faudra que j’ai déjà eu 3 enfants" "Euh… Mais tu seras pas périmée après, tu sais" "Oui mais je trouve que c’est mieux de les avoir jeunes") en passant par le collège ("euh alors moi si c’est une fille je l’appellerai Mégane et si c’est un garçon, Brandon" "Moi euh… Attends, je regarde dans le livre des prénoms" "Ce serait bien si c’étaient des jumeaux". "Ah ouais, comme Brandon et Brenda dans Beverly Hills !"). Ca oui, la question du bébé, tu y as déjà eu droit. Mais plus le temps passe, plus l’implication est différente.
Avant, on te demandait si tu envisageais de procréer un jour comme on te demandais si plus tard, tu préférais faire Alyssa Milano ou comptable. Mais avec le temps, la question ne vise même plus à savoir si tu comptes avoir un gosse mais quand tu vas t’y mettre. Et plus le temps passe, moins ça tolère une réponse négative, ce genre de questions. Ca la présuppose à peine, on dirait.
Et pourtant, dis-donc, la société : où t’as vu que toutes les filles voulaient des enfants d’abord ? Non, ne me sors pas ton sourire narquois, je sais ce que tu vas me dire : "ouii mais au fond tu le penses pas. Tu verras dans quelques temps, blablabla". T’as peut-être raison, hein. Avec le temps, tout le monde change, après tout. Tiens : j’étais bien fan de Patrick Bruel, à une époque. M’enfin quand même. Fais-moi une fleur : en attendant, laisse-moi tranquille. Sinon je pourrais finir par croire qu’à tes yeux, j’ai pas mérité mes ovaires.
—Stellou | 31 comments
(posted in the Chiant Perso category)
Tideland
juin 25, 2006, 8:36 pmBien sûr, je me sens serrée dans un jean qui il y a quelques semaines encore flottait tel l’Union Jack sur le port de Douvres. Certes, j’ai une fois de plus brisé mon serment du « Tu ne boiras plus de bière. Ni aucune autre substance alcoolisée, d’ailleurs. Espèce de gros sac à vin ». Mais diantre, quelle beau week-end. A peine le pied posé sur le sol belge, une bande d’énergumène est venue me cueillir direction Ostende, pour une journée onzeubitch. Il faisait beau, mais pas trop chaud. La frite était belle et la bière bien fraîche. Et malgré les objections des deux mâles de la bande, obsédés par l’organisation de leur barbecue prévu en la bonne ville de Bruxelles le soir-même (« Je te jure que là, j’ai mal aux pieds. Et pis en plus, j’ai froid. Et j’me sens pas bien, dis donc. Ca manque de pollution, ici"), les filles ne se laissèrent point distraire de leur intention première : se foutre les panards dans l’eau, s’éclater la panse à coup de frites et enfin, glander dans les dunes. C’était bien, c’était chouette et on y retournera, surtout si dans le tramway littoral qui revient de la plage, une chorale improvisée nous chante encore du Bob Dylan.
C’était bien, c’était chouette et j’ai un peu le moral en bas. Faut dire qu’il pleut et que demain c’est lundi. Et moi, free-lance ou pas, le lundi, j’aime pas ça. Heureusement, j’ai de quoi me consoler. Car après une petite traversée du désert culturelle, où rien de ce que je lisais ni n’entendais ne parvenait à me toucher, je suis tombée sur Tideland, de Mitch Cullin. Je l’ai pioché parce que la couverture m’intrigait, mais aussi parce qu’en quatrième de couv, on pouvait lire ceci : « Un travail d’orfèvre (…), les images ont surgi du livre et se sont imprimées dans ma rétine – Magnifiques, limpides, hantées - Terry Gilliam". J’ai découvert ensuite que le prochain film de Terry Gilliam est justement l’adaptation du roman de Mitch Cullin. D’où la présence du livre en évidence dans les rayons de la FNUC. Oui, je suis une victime du marketing littéraire. Et c’est plutôt bien, pour le coup. Parce que jusqu’à présent (je n’en suis qu’à la moitié du bouquin), ce truc tient ses promesses.
Pour résumer un peu, disons que le narrateur est une petite fille poussée un peu n’importe comment. Jeliza-Rose de son petit nom, vit avec son père, un rockeur sur le retour farci à l’héroïne, dans une vieille ferme du Texas. Comme papa n’est pas vraiment opérationnel, elle se débrouille toute seule. Baguenaude à droite à gauche. Explore le coin avec son armée de tête de Barbie, jouets certes un peu amputés, mais en tout cas les seuls qu’elle possède. Je te vois déjà hausser les sourcils en te disant « Misère de sa mère. Si c’est pas du mélo qui sent la mélasse, ça. » Et ben non. Le fait de décrire ce quotidien par une gosse un peu étrange produit un double effet kiss-cool : d’une part, pas de pathos, puisque l’environnement de la petite, aussi glauque qu’il puisse paraître, n’est pas beaucoup plus étrange à ses yeux qu’un métro-boulot-dodo. D’autre part, une atmosphère un peu irréelle, où chaque élément du quotidien peut devenir une vignette de conte. Ce satané Gilliam a raison : les images te sautent à la gorge, avec un pouvoir d’évocation étonnant. Quand Jeliza-Rose va explorer un vieux bus retourné dans le champ d’à côté, on retrouve les frissons des découvertes enfantines, quand la moindre carcasse abandonnée prend des allures de ville-fantôme. On sent le soleil écrasant, la sécheresse de l’herbe, les odeurs de poussière…
Tout ça est beau, inquiétant et souvent décalé. Comme ces réflexions poussées dans la cervelle de Jeliza-Rose, qui quand elle s’imagine croiser le fantôme d’une vieille dame un peu enrobée, se dit qu’« Elle fait bouillir les plantes qu’elle ramasse dans une grande casserole et en fait de la soupe aux mauvaises herbes. Oui c’est ça. C’est comme ça que les fantômes engraissent. Il y en a tellement, des mauvaises herbes, qu’à ce régime on grossit facilement. » En fait, on verrait bien Tim Burton s’emparer de cet univers-là.
Je cherchais depuis longtemps un roman qui puisse me prendre par la main et m’emmener loin, dans le recoin d’une autre tête. On verra ce que donne Tideland dans son entier mais pour l’instant, ce roman, on dirait que je l’ai trouvé.

Edit : Bouquin terminé. Verdict : bel et bien étrange, d’une beauté bizarre et cruelle. Chuis curieuse de voir le film, maintenant.
—Stellou | 14 comments
(posted in the Chiant Shovebizz category)
You me and the Weather
juin 12, 2006, 9:31 amLes bestioles et leur drôle de manège :
- Tu sais que ces insectes-là, ils vivent la première partie de leur vie dans l’eau, et puis ensuite ils prennent leur envol, mais jamais ce ne sont des créatures terrestres ?
- Ah. Mais ouais mais y se posent bien quelque part un jour, non ?
- Ben oui. Patate. Comme un oiseau, quoi.
- Euh.. Ah oui je me disais bien…
Les créatures qui piquent :
- Hiiiiiiiiiiiiiiii ! Un frelon dans la cuisiiiine !
- Ah. Je me disais aussi que si tu couinais comme ça, ça voulait dire guêpe ou frelon.
Les bzzt en tous genre :
- C’est quoi ce bruit ? Un moustique ?
- Mais nan, ça c’est une mouche ou une abeille.
- Ou bien une mouche qui imite un moustique.
Les oiseaux qui piaillent comme des CM1 en excursion piscine.
Le petit déj sur la terrasse.
Les pieds qui émergent de leur armure :
- Dis donc. Tu trouves pas que j’ai un gros orteil démesuré ?
- Tu rigoles ? T’as vu mes orteils à moi ? On dirait qu’on les a chopé de plein de pieds différents pis qu’on les a mis ensemble.
Les envies de faire plouf :
- Vous croyez qu’elle est bonne l’eau de l’étang, là? J’irais bien essayer
- Ouais mais d’abord faut que j’enlève les herbes en surface.
- Oh. Mais nan c’est pas grave, on s’en fout.
- Ben…
Les préoccupations profondes :
- Ha ha ! Ca y est regarde : une liste de produits qui ralentissent la repousse du poil.
- Hum. Mais y mettent quoi dedans ?
- Je sais pas. AAaaaaA ! Et là, y disent qu’un demi-citron passé sur la peau, ça fait le même effet.
- Ah ben voilà. Pas besoin de trucs chimiques.
- Et oui.
Le petit voisin qui ressort sa piscine gonflable et la ville ses tongs. L’impression que mon quartier a pris des airs de Sud. Le carré bleu qui m’accueille quand j’ouvre l’oeil après une nuit passée la fenêtre grande ouverte.
…
Bon ben ça y est : enfin les beaux jours.
—Stellou | 21 comments
(posted in the Chiant Perso category)
I might be wrong
juin 2, 2006, 12:07 am
Coller ses crottes de nez sous les tables, récupérer les mégots qui traînent dans les soirées, se blesser exprès pour pouvoir gratter ses croûtes ensuite… Chacun, dans la vie, a ses pratiques inavouables. Mais la mienne, est particulièrement chargée en émotion comique. C’est pourquoi seuls quelques proches sont au courant de mon étrange addiction. Quand vient le soir, vois-tu, il n’est pas rare que j’aille sélectionner quelques albums, avant de… Hem. Danser le casque sur les oreilles, sous le regard attendri des seules lumières de la ville (et heureusement, loin du regard de mes voisins, qui s’ils lisent ce blog, ne vont certainement plus me voir de la même façon). Un peu comme le gars qui dansait tout nu son casque sur les oreilles dans je ne sais plus quelle pub. Si ce n’est que moi en général, je suis pas à poil (je le précise quand même, bien qu’il soit probablement trop tard, une vision d’horreur ayant dû déjà te venir en tête. Pardon).
C’est une façon d’apprécier toute la musique que j’aime (oh yeah) autrement, les morceaux que j’écoute comme ça n’étant d’ailleurs pas forcément ceux sur lesquels je m’arrête d’habitude. Je fais gaffe à certains rythmes ou détails que je n’avais pas remarqué avant, je perçois mieux certaines ambiances… Certes, avec mes mouvements à mi-chemin entre la façon de courir d’une Phoebe Buffet et les chorégraphies d’un Napoleon Dynamite, j’ai l’air con :
Pour sûr. Mais après tout, on s’en tape le sauciflard.
Enfin brefle. Ca faisait un moment que je ne m’étais point livrée à ce qu’on pourrait appeler… Une Dynamite Session, en hommage au grand Napoleon. Et là, ce soir, paf. J’ai replongé. J’avais choisi pour l’occasion le premier album des Dresden Dolls et puis Aha Shake Heartbreak de Kings of Leon. Arf. J’aimerais bien trouver là maintenant ces jours-ci un album qui me donne autant envie de bouger que celui-là. Parce que pour une Dynamite Session mon ami, c’est quand même l’idéal. L’occasion de faire un peu portnawak en s’agitant dans tous les sens, étant donné que ces messieurs superposent à ce point les rythmes que tous les mouvements anarchiques sont permis. D’ailleurs, je trouve que le clip de Four Kicks en est une bonne illustration. Le problème, c’est que j’ai du mal à renouveler ma collection, en ce moment. Damned. Est-ce que quelqu’un aurait des suggestions d’albums adéquats pour de futures Dynamite Sessions ?
…
Il en va de ma santé mentale.
—Stellou | 27 comments
(posted in the Chiant Perso category)
Héberged par moimoije.com
carrément powered by WordPress 1.5 siouplé
- liens pour aider madmoiZelle : H&M, Zara