No One Knows
Je me suis enfin décidée à lire le dernier Anna Gavalda, Ensemble c’est tout. Ca fait des mois que j’ai la couverture en tête, ces petits bouts de pastels dans leurs godets qu’on a vu partout. Mais précisément parce que je les ai vus partout, j’avais plus envie d’aller découvrir ce qu’ils cachaient. (C’est mon côté snob. Hin hin) Y a aussi qu’Anna Gavalda, je refuse de lui céder aussi facilement que ça. On a flirté un peu toutes les deux quand j’ai eu entre les mains J’aimerais que quelqu’un que m’attende quelque part. Et elle m’a embobinée tellement facilement que j’ai trouvé ça louche. Alors quand est sorti Ensemble, c’est tout, la Gavalda, j’ai su quoi lui claquer au museau : "Dis donc, toi. Je suis pas une fille facile !". Pan. Dans ta gueule. Et tant pis pour ce que je rate (c’est mon côté maso. Beuhaha.)
Mais voilà, je l’ai déjà dit, ces derniers temps je suis en manque de bouquins qui me font de l’effet, alors j’ai fini par céder. J’avais pas prévu le coup : j’étais passée à la bibliothèque rapporter l’un de ces machins que j’emprunte parce que j’aurais même pas idée d’aller les chercher en librairie. Et puis parce que j’aime bien la bibliothécaire de mon quartier. "Vous allez le lire vite, vous allez voir", qu’elle m’a dit. "Oui, je m’en doute", que j’ai répondu. Ou ptet "Oui je sais". Mais j’espère que j’ai répondu "Oui, je m’en doute", bicoz "oui je sais", ça fait un peu bêcheuse, quand même.
Breffe (ça rime avec Leffe). Elle m’a eue, la cochonne. Je l’ai déjà bien entamé, son bouquin. Et là, je viens de tomber sur un passage qui m’a interpellée. L’un des personnages, Camille, se rend dans une librairie et feuillette un album de Sempé. La Camille est un petit génie du dessin qui, pour des raisons que je te passerai, sape elle-même son don. Elle s’extasie devant les pages et constate l’émotion qui se dégage des traits du monsieur : "Il n’y avait presque rien, deux ou trois griffures d’encre et pourtant, on la voyait papillonner des cils avec une certaine langueur nostalgique, avec la cruelle nonchalance de celles qui se savent encore désirables… (…) Six minuscules traits pour dire tout cela… Comment faisait-il ?"
Et ben oué, comment qu’y font ? C’est la question que je me pose aussi, moi qui vais plutôt vers des auteurs et des dessinateurs BD "économes" de moyens. Dira-t-on. Ca me surprend toujours de voir quelle profondeur peuvent avoir des dessins qui tendent à ce point vers l’abstraction. Scott McCloud, le mec qui est dans mes liens, là, en bas, a expliqué dans son bouquin sur la BD que peut-être, c’était parce que contrairement à des dessins d’une précision quasi photographique, ces dessins-là se rapprochaient des symboles. Avaient une valeur presque universelle, qui rendait l’identification plus facile (si ça se trouve, il a pas vraiment dit ça. C’est en tout cas ce que je crois avoir lu, huhu). Je suis persuadée que si un dessin touche, c’est qu’il y a quelque chose de quasi-ésotérique en jeu. Une sensibilité de l’auteur qui imprimerait presque chaque millimètre carré d’ence et nous correspondrait ou pas. Mais bon. Il a pas tort, ce Sherlock McCloud.
En ce qui me concerne, je peux être émue aux larmes par une planche qui n’a pas dû coûter très cher en encre, ou une phrase en apparence très simple. A l’inverse, l’abondance de détails m’anesthésie. Je ressens plus rien. Il manque l’espace nécessaire pour que je puisse y glisser mes doigts et m’accrocher. Accrocher mes images à moi sur le canevas qu’on m’a fournie. Si y a pas ces espaces-là, ben c’est comme si on me tendait un meuble Ikéa déjà tout monté, alors que moi, j’aime bien faire joujou avec leur kit (et cette phrase n’a aucun sens obscène. Je le précise pour les individus qui seraient arrivés ici en tapant "Ma prise mâle dans ta prise femelle").
Et puis au fond, je trouve les dessins "simples", "abstraits", "stylisés" - appelle ça comme tu veux - plus fidèles à la vie. Tu respires, tu vis, t’es là, c’est d’une évidence crasse. C’est évident mais quand tu commences à regarder de plus près, le mystère du trait te brouilles la vue. Poil au cul.
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11 commentaires
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delest says:
janvier 7, 2006, 10:05 -
maureen says:
janvier 7, 2006, 13:39( Gavalda, je n’aime pas huhu )
Mais oué, je suis totalement de ton avis pour les dessins “simple” .. mais pas que pour les dessins après, bien sur. -
a n g e l says:
janvier 7, 2006, 15:42et alors le livre? tu le trouves comment?
perso je l’ai dévoré, et j’ai le même snobisme rapport au truc que tu DOIS lire voir ou écouter, genre c’est oBLIGE c’est trop trop trop bien
sauf que des fois c’est vraiment le cas ^^(et super ok sur les dessins simples d’apparence et qui disent tellement, pourtant)
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heidi says:
janvier 7, 2006, 16:34Je te remercie pas pour ta dernière phrase ! Comment veux tu que je commente ça hein ?
Chuis sure que t’as fais exprès bourrique !
(à part ça je prends aussi la carte du club des snobs avec angel et toi)
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euca says:
janvier 7, 2006, 17:57Ouais, tout pareil pour Gavalda. J’ai juste lu Je voudrais que quelqu’un…, au titre, et depuis je boude.
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zydeco says:
janvier 7, 2006, 18:22sans “poil au cul” c’était bien dit aussi !
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Ratatouille says:
janvier 7, 2006, 18:52Honte à moi, j’ai jamais lu Gavalda. Pas par snobisme, enfin j’crois pas, mais ses titres me repoussent comme de la mort au rat. XD
Et en fait, ce post est super dur à commenter. Je vais donc m’arrêter de ce pas, haha. -
bambi says:
janvier 7, 2006, 19:00je vais surement dire un truc con mais j’ai toujours eu le sentiment que ses bouquins étaient très marquetés pour les femmes (me trompe-je ???) … mais bon je dis ça moi j’étais venu pour un problème d’électricité …
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Dawnie says:
janvier 7, 2006, 19:10Je l’ai lu, et honnêtement, même si j’ai apprécié, je vois pas pourquoi on en fait tout ce foin. Y’a des bouquins beaucoup mieux et moins médiatisés, enfin bon.
Pour ce qui est de la simplicité des traits et des phrases, je suis tout à fait d’accord avec toué. Pour les meubles Ikea aussi d’ailleurs. Ca me rappelle que j’y suis allée hier et que je dois encore monter ma table de nuit, héhé.
J’ai bien aimé le “ma prise mâle dans ta prise femelle”, ça désintellectualise un peu ce post. =D -
sosou says:
janvier 7, 2006, 23:12* jamais lu anne gavalda * mais la derniere fois le titre ” j’aimerai bla bla ” m’avait interessé mais pas celui de son dernier ! ( je te copie sauf que moi c’est mon coté con hin hin )
Jsuis d’accord pour les dessins (: -
Stellou says:
janvier 9, 2006, 13:12Delest : vi, mais pas que des types.
Angel : moi aussi je l’ai dévoré. J’ai adoré, en fait.
Heidi : oui, c’est fait exprès, en effet. XD
Euca : ben vi, moi aussi et puis tu vois…
Rata : tu te rends compte que toutes tes phrases se terminent par “a” ? Quelle poésie, dis donc. Mouaha.
Zydeco : c’est pour google.
Bambi : ah ? Je sais pas. Moi d’habitude je lis L’Homme Moderne, comme bouquin.
Dawnie : Chuis assez d’accord, pour le côté médiatisation, oui. Fin je dis ça, mais j’ai pas lu son autre bouquin, donc…
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- liens pour aider madmoiZelle : H&M, Zara
Il y a plein de types dans la vie, qu’on aurait également envie de simplifier.