Archive for janvier 2006

Return to Sender

janvier 30, 2006, 12:23 am

Tout récemment, en allant chez mes parents, je suis tombée sur un paquet de lettres dites "de mes correspondants étrangers". Voué. Tu te rappelles de ça ? C’était la grande mode, quand j’étais au collège. Une somme modique et hop, une dizaine d’adresses de djeunss désireux d’échanger des lettres passionnantes avec des adolescents étrangers… Des correspondants étrangers, j’en avais plein et ma soeur aussi.

Mais contrairement à elle, j’étais pas très douée pour l’exercice. Il faut dire que j’aimais recevoir des lettres mais les écrire… Ecrire me motivait à peu près autant que lire (à l’époque, j’étais plus Picsou Magazine que Stendhal). Une épine dans le fion. Alors je faisais comme 80% de la population correspondante : ça commençait par une amorce du type Hello, my name is Estelle and I’m 12. I go to school. I live in the countryside. And you ? I have a brother and a sister. Do you have a brother and a sister or not ?. L’autre répondait alors Hello Estelle, I’m Sotiria, I’m 13 old years. I too go to school, but I like it not always. Do you know xxxxxx (insérer nom de sport inconnu) ? It is a very popular sport here and I love it. Do you play it ? My favorite actors are Jean Claude Vandamme, Don Jonhson and Kevin Costner. What about you ?. Ce qui te donnait l’occasion de répondre, en fonction de tes loisirs de l’époque : "No, I don’t know this sport, but it is good (à l’époque, tu ne sais pas dire "il semble que" en anglais, et ne connaissant aucune nuance de la langue, tu te dis qu’un pieu mensonge vaut bien une amitié)… My favorite singers are Dana Dawson, Patrick Bruel, and also The New Kids on the Block. I send you a photo. Là, tu joignais à ta lettre une ou deux photos des dits chanteurs/acteurs/sportifs, découpées dans Spécial télé ou Téléstar. La politesse voulait que l’autre fasse de même à l’envoi suivant. Un véritable trafic mondial d’icônes adolescentes battait son plein avec la complicité de La Poste.

Au fil du temps, toutefois, et malgré ces menus avantages, la correspondance s’émoussait. Je faisais des efforts, mais j’avais du mal à trouver des choses intérressantes à dire. D’autant que ça m’énervait de ne jamais avoir assez de vocabulaire à ma disposition pour les mettre sur papier. Pas moyen de plaisanter, pas moyen de faire passer autre chose que des faits aussi intéressants que : Yesterday, I went to the cinema. I’ve seen Bodyguard. It is cool. Have you seen it ?. Résultat : correspondre devenait une corvée, et je finissais par laisser tomber. Je crois que j’étais vraiment pas assez mûre pour savoir quoi faire de ces petits pots de yahourts tendus entre ma chambre et le reste du monde. Hum. En fait, si j’avais eu un blog à l’époque, je me serais fait chier grave.

Oui, je peux me permettre de dire "à l’époque", même si c’est une expression de vieux. Car aujourd’hui depuis hier, j’ai 26 ans. Je ne suis plus "jeune" aux yeux des instituts de sondage. Ha ha !

—Stellou | 26 comments
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East of the City (ben tiens)

janvier 27, 2006, 12:13 am

Avant, quand j’habitais Walnut Grove, l’image que j’avais du tag/graffiti/graf (les mots étaient interchangeables), c’était les "Alexandr gro pédé" qui ornaient les portes des toilettes du collège, ou les croix gammées qui décoraient quelques murs du "centre ville". J’exagère à peine. On écrit sur les murs à l’encre de nos veines, des messages en forme de graffiti, disait Demis Roussos. Et ben ceux que je voyais, c’était pas du Voltaire.

Et puis à 17 ans, j’ai quitté ma prov Walnut Grove et j’ai découvert que les messages dont parlaient Demis ne ressemblaient pas tous à des pattes de mouche. Peu à peu, je me suis intéressée à "l’art urbain", comme on dit. Je crois. En lisant quelques trucs dans des bouquins ou des magazines et en regardant autour de moi. En particulier sur le trajet qui m’amenait à la fac. Pendant quelques secondes, la ligne de métro passait de sous-terraine à aérienne, pour traverser un coin de barres d’immeubles, un bout de parc et quelques lamelles de routes. Cool, quoi. Mais c’était toujours mon passage préféré, parce que dans l’herbe, justement, trônaient des murs de béton entièrement recouverts de grafs et de tags. Des trucs parfois incroyables. Avec des jeux de couleurs à faire défaillir ta palette/tablette/raclette graphique.

Ce qui me plaisait dans ce parcours, c’était le fait de savoir que tout pouvait changer du jour au lendemain. Et j’avais à peine le temps pendant les quelques secondes aériennes, de repérer quels tags avaient disparus et lesquels étaient apparus. Mon préféré, une espèce de robot orange, était chaque jour à sa place, ce qui me rassurait assez. Quant aux autres, ils se faisaient parfois recouvrir bêtement et parfois détrôner par un concurrent plus beau et plus frais qu’eux. Demis, si tu voyais ça !, que je me disais.

Toujours est-il que ces trucs-là m’attirent beaucoup. Si bien que, pour en garder une trace quelque part, j’ai commencé à en photographier quelques-uns, avec mon vieil appareil Fisher Price. C’est ainsi qu’un jour, j’ai vécu une expérience assez rigolote. Je viens chercher des photos chez Photo Stafion. La dame du comptoir ouvre la pochette pour qu’on convienne que oui, ce sont bien mes photos. Elle regarde la première, s’arrête, regarde la deuxième, lève les yeux vers moi et me demande : C’est vous qui avez fait ça ?. Ben oui, que je réponds, pensant qu’elle me demandait si c’était moi qui avait pris les photos. Ah oui, vous faites ça, vous ? Moi j’aime pas, hein. Quand votre porte de garage est taggée tout le temps, c’est pas drôle, dit-elle en me regardant comme si j’avais assassiné Kennedy. Et là, je comprends que la question véritable est : Les tags, ma petite. C’est toi ? Alors je dis Ben non. Je les photographie parce que je trouve ça beau.

Là, elle m’a encore regardée et j’ai bien vu qu’à ses yeux, c’était un acte encore plus impardonnable. Alors j’ai payé, j’ai pris mes photos, j’ai dit "au revoir" et je suis partie. J’ai pas trop osé lui demander si les trucs sur sa porte de garage, z’étaient plutôt du genre banksy ou Noémi tu suss.

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There’s a bug in my jukebox

janvier 24, 2006, 1:32 pm

Ok, m’sieur Candy Cane, je réponds au Questionnaire jukebox. C’est parti mon kiki (dans 5 minutes, je serai déjà consternée par mes réponses)

Chanson pour la route :
Little Sister, de Queens of the Stone Age. Je me vois bien, dans quelques années, foncer à 50km/h au volant d’une voiture sans permis surpuissante tunée par Pimp My Ride avec ça dans les oreilles. Keep on rocking, babe !

Chanson pour chialer dans sa bière
 I Will, de Radiohead. Je l’entends, je chouine.

NEW ! Chanson de coquinou
Jealous of Your Cigarette, d’Hawksley Workman : I’m Jealous of your Cigarette/And all the things you do with it/I’m jealous of your cigarette/And how you wanna suck on it/And not me. Sacré lui.

Chanson hommage à un défunt
Je mettrais du Nick Drake. Things Behind the Sun ferait ainsi sans nul doute chialer la foule entière, mais la cautériserait dans le même temps. Je trouve que ce serait plutôt joli, comme hommage.

Chanson pour déclencher une baston
Euh… Pour la déclencher, je ne sais guère. Big Bisou ? Pour l’accompagner, en revanche je dirais Hell’s Bells, d’AC/DC. Je verrais bien ça souligner les mouvements devenus un peu lents d’une bande de motards octogénaires dans le réfectoire de leur maison de retraite."Hé, Jaky ! Tu vas te manger un déambulateur dans la poche, vieux macaque!" "Mais pisque j’te dis que c’est pas moi qu’a savonné ton dentier à la harissa !.." etc. etc.

NEW ! Chanson décadente :
Dead of Night de Depeche Mode : "With our decadent minds/And our innocent lines/You’ll be playing our games/With your bodies in flames/When delirious fun/Has seriously begun/You’ll be down on your knees/You’ll be begging us please". Me semble-t-il.

Chanson sexy
Cristal Ship, des Doors, mon capitaine.

NEW ! Chanson propice à la percussion sur bouteille de Kro
I Will Follow, de U2. "Tikitikitikitikitiii-tilililii-kitikitii-tilii-lili-li". Bref.

Chanson berceuse
East of the City, de Gravenhurst. Un morceau entièrement instrumental qui vient de l’album Flashlight Seasons. Le genre de truc qui emmène loin grâce à quelques notes bien choisies et judicieusement emboîtées. Ou bien Landslide, de Fleetwood Mac.

Chanson qui vous rappelle votre enfance
Dès que le vent soufflera, de Renaud. Je me revois en train d’écouter les paroles depuis la terrasse, un après-midi d’été, à l’époque où mon père la passait souvent. J’ai entendu le refrain et je me suis dit que pour un adulte, Renaud était une sacrée bite (d’amarrage, hu hu) en grammaire.  

Chanson que vous admettez aimer (presque) honteusement.
J’ai plus qu’un faible pour l’album Soul Mining, de The The (les titres de l’album sont dispo ici, parmi d’autres albums du groupe, sur le site officiel). Un album de 1983 qui regorge de chansons surchargées en tout. Quand je le fais écouter, je me dis que certains pourraient se foutre de ma gueule… Mais j’adore. Surtout Giant. Hin hin. Oui, enfin ça me fait pas vraiment honte, en fait. Bof… Faut que je trouve autre chose… Euh…Y en a plein. Par exemple Freed from Desire, de Gala.

Chanson que vous auriez aimé écrire
Woman Like a Man, de Damien Rice. Ou bien Half Jack, des Dresden Dolls, qui est disponible sur leur site, d’ailleurs. Ou bien…

Chanson nostalgique
Nostalgique ou "qui rend nostalgique" ? Je choisis la deuxième, spa grave. If you’re Feeling Sinister de Belle and Sebastian. Ou bien 9 a.m de Girls in Hawaii.

Chanson pour faire danser
Evil and a Heathen, de Franz Ferdinand et Mel Gibson, de Nervous Cabaret.

Chanson pour quand on tombe amoureux
I remember, de Damien Rice. Pour la voix de Lisa, notamment. Pour les paroles, c’est ici. 

Chanson que ça fait mal parce qu’il/elle est parti(e)
Alors, là, tout dépend du sens de "il/elle est partie". Si ça veut dire "il/elle est partie, je le/la reverrai plus avant un bail", alors un grand classique : Perfect Day, par Lou Reed. Oh yeah.
Si par contre, ça veut dire "il/elle est partie, Capri c’est fini", alors j’utiliserais un cocktail défouloir/réconfort. Etape 1 : faire sortir ce qui va pas avec une chansons qui gueule et qui tape, comme You Think I Ain’t Worth a Dollar, But I Feel Like a Millionaire, de Queens of the Stone Age. Ha ha. Etape 2 : choisir une chanson lumineuse qui guérit sa meuf, comme Maybe Tomorrow, des Stereophonics.

Chanson pour un dimanche matin pluvieux
Melody of You de Sixpence None the Richer si on désire glisser dans la mélancolie et Pumping on Your Stereo de Supergrass sinon. Je ne sais pourquoi, mais je trouve que cette chanson va bien avec le dimanche matin.

Chanson que vous détestez par-dessus tout
Le petit bonhomme en mousse. Si je l’entends, je suis bonne pour l’avoir en tête pendant 6 mois.

Et je passe le relais à : RatatouilleKim et Cali, qui ont toutes été inondées de questionnaires par le passé, mais tant pis pour leur race. De toute façon, pas obligées de lire cette note, donc de voir que je passe le relais, et pas obligées non plus de répondre. Merde, alors.

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Healing Hands

janvier 20, 2006, 12:04 am

Derek Kirk Kim, a commencé depuis quelques temps une nouvelle série qu’il vient enrichir petit à petit sur son site veppe. Je suis toujours aussi bluffée par son trait, moi vindiou. Ca s’appelle Healing Hands et j’ai hâte de voir le machin se tricoter.

healing_hands.JPG

En parlant de tricot, voilà la preuve apportée par Michel Gondry que l’aiguille et le fil de laine, ça peut servir à autre chose qu’à confectionner des manteaux pour Yorkshire (clique sur l’image, petit) :

tricotons.jpg

Là, c’est en vindoz média, mais tout est visible ici.

Voilà. C’était la minute visuelle de Mémé Stellou.

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Random Facts

janvier 17, 2006, 11:43 pm


Angel
et Isadora veulent que je remplisse le questionnaire Seven Random Facts, qui consiste, comme son nom l’indique, à donner 7 faits personnels pris au hasard. Bien sûr, je ne les ai pas pris au hasard, puisque qu’est-ce que le hasard dans une démarche impliquant une forme de tri des informations ? Hein ? Un ? Hun ? Et mon cul, c’est du riz au lait ? Soit. Les vla, les 7 mercenaires des questionnaires :

1 - J’ai déjà eu l’appendicite (ça commence fort). Celle- là, au moins, impossible que j’imagine l’avoir.

2 - Quand je vois une échelle ou un échafaudage, je passe en-dessous exprès pour prouver que les superstitions, c’est de l’étron. N’empêche que ce week-end, quand ma soeur m’a envoyé un texto disant que ma photo n’arrêtait pas de tomber du mur où elle était accrochée depuis des années, je me suis dit que c’était sans doute là un très mauvais présage.

3 - Un jour (au lycée ou à la fac, sais plus), après nous avoir passé un savon, une de nos profs nous a dit avec le ton d’un Napoléon à ses troupes : "Qu’un étudiant rende copie blanche, c’est inadmissible. Votre copie, vous devez l’empoigner et vous battre avec elle, jusqu’au bout. Déclarer forfait avant même le combat, c’est intolérable". Sur le coup, ça m’a fait bien marrer (intérieurement. Extérieurement, j’ai juste émis un ersatz de sourire en coin. 100% Rebelle, moi.) N’empêche que je m’en suis toujours souvenue avant chaque épreuve stressante. Et c’est probablement le meilleur conseil qu’on m’ait jamais donné.

4 - Ce soir, en rentrant à la maison, mes premières actions furent les suivantes : déposer mon sac, refermer la porte, inspirer profondément, froncer les sourcils, déposer mes clés, hésiter une seconde, sortir la poubelle. (on a dit faits pris au hasard, hein)

5 - Petite, j’aimais bien boire quelques gorgées d’eau du bain de temps en temps. De préférence en suçant mon gant de toilette. Ben faut pas croire, hein, l’eau savonneuse assaisonnée de quelques peaux mortes, le tout sur un petit goût d’éponge, c’est pas mauvais (bon appétit, bien sûr)

6 - Maintenant, ce que j’aime bien, c’est mettre du fromage blanc dans une coupelle, verser de la compote Andros Pomme-châtaigne dessus et manger ça en prenant soin de faire cohabiter (et non mélanger, attention) la compote et le fromage blanc dans la cuillère (les recettes du Père Ducrasse sont miennes)

7 - Je sais que si tu es là, c’est parce que tu as tapé "Mon frère me suce l’anus" dans google. Et je ne comprends pas pourquoi, puisque je n’ai jamais écrit le mot "anus" sur ce blog. Enfin jusqu’à aujourd’hui.

Et je refile ce questionnaire à Fab, Futur Papa, Sosou , Candy Cane et l’équipe de Calek, qui devrait quand même bien pouvoir nous dénicher 7 faits étonnants sur la pomme de terre, sa vie et son impact sur nos civilisations.

—Stellou | 21 comments
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Zoo Station

janvier 13, 2006, 12:58 am

Sur MSN, on vit parfois de petites épiphanies. C’est ainsi que lors d’un KAT comme un autre, Sosou a fait une constatation des plus étranges. Observons ensemble les clichés ci-dessous.
A gauche, Iglesias père. A droite, Iglesias fils (qui ne pouvait être qu’à la droite du père. Amen).

  fils.JPG

Quel étrange mimétisme gestuel, n’est-il pas ? "Y doivent souffrir de conjonctivite, dans la famille", a commenté Sosou. Peut-être, en effet. Mais il y a là en tout cas un langage corporel des plus subtils, qui semble suggérer à la fois :

- La gêne (Mf’ha, mais enfin petite, arrête de dire que je suis beau, tu sais bien que ça me met mal à l’aise. Coquine)
- La fraîcheur enfantine (Tu sais, si je me frotte l’oeil avec le poing comme quand j’avais trois ans, c’est parce qu’il y a en moi un enfant qui n’attend qu’une chose : que tu le prennes dans ses bras)
- Les sentiments refoulés (Si tu savais ce que j’ai envie que tu saches que j’ai en tête, tu rougirais, bébé)

Et tant d’autres choses encore, techniques ancestrales destinées à faire tomber les culottes des dames, qu’on se lègue de génération en génération (les techniques, pas les dames. Ni leur culottes. Encore que ça puisse faire un musée intéressant). C’est beau, non ? Toute cette transmission de patrimoine…

J’en ai la larme à l’oeil. Et pour que tes nuits soient douces, mon ami, je terminerai par un peu de poésie à la Rocky :

"- Tu la baises, Adrian ?
- Hé ! Fais attention, quand tu parles de ta soeur !"

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Temps à nouveau

janvier 11, 2006, 5:37 pm

En cette matinée de janvier, la vieille a posté (et pas qu’un peu).
Moi pendant ce temps-là, je remets le nez dans mes traducs, ce qui a pour conséquence directe la négligence de mes obligations ménagères. Je remets également le nez dans les bouquins et les bédés : les prochaines victimes étant le troisième tome de L’année du dragon, de Duprat et Vanyda et Au secours je ne vois plus rien, l’abum de Goretta. Euh, Cecily. Ptain, va falloir s’y faire, hein. C’est déstabilisant, pour le public, cette multiplicité auteuriale. Hin hin.

Et puis si contrairement à moi, tu habites la capitale et que tu as envie de sortir le nez de ta chaumine ce soir, va donc voir Bellegarde passer à l’Abracadabar. C’est des petits jeunes dynamiques qui font de la misique. Et pis si c’est pas bien, tu peux toujours leur balancer des tomates ou des extincteurs. Ca leur apprendra.

allez_les_enfants.jpg

—Stellou | 16 comments
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No One Knows

janvier 7, 2006, 2:55 am

Je me suis enfin décidée à lire le dernier Anna Gavalda, Ensemble c’est tout. Ca fait des mois que j’ai la couverture en tête, ces petits bouts de pastels dans leurs godets qu’on a vu partout. Mais précisément parce que je les ai vus partout, j’avais plus envie d’aller découvrir ce qu’ils cachaient. (C’est mon côté snob. Hin hin) Y a aussi qu’Anna Gavalda, je refuse de lui céder aussi facilement que ça. On a flirté un peu toutes les deux quand j’ai eu entre les mains J’aimerais que quelqu’un que m’attende quelque part. Et elle m’a embobinée tellement facilement que j’ai trouvé ça louche. Alors quand est sorti Ensemble, c’est tout, la Gavalda, j’ai su quoi lui claquer au museau : "Dis donc, toi. Je suis pas une fille facile !". Pan. Dans ta gueule. Et tant pis pour ce que je rate (c’est mon côté maso. Beuhaha.)

Mais voilà, je l’ai déjà dit, ces derniers temps je suis en manque de bouquins qui me font de l’effet, alors j’ai fini par céder. J’avais pas prévu le coup : j’étais passée à la bibliothèque rapporter l’un de ces machins que j’emprunte parce que j’aurais même pas idée d’aller les chercher en librairie. Et puis parce que j’aime bien la bibliothécaire de mon quartier. "Vous allez le lire vite, vous allez voir", qu’elle m’a dit. "Oui, je m’en doute", que j’ai répondu. Ou ptet "Oui je sais". Mais j’espère que j’ai répondu "Oui, je m’en doute", bicoz "oui je sais", ça fait un peu bêcheuse, quand même.

Breffe (ça rime avec Leffe). Elle m’a eue, la cochonne. Je l’ai déjà bien entamé, son bouquin. Et là, je viens de tomber sur un passage qui m’a interpellée. L’un des personnages, Camille, se rend dans une librairie et feuillette un album de Sempé. La Camille est un petit génie du dessin qui, pour des raisons que je te passerai, sape elle-même son don. Elle s’extasie devant les pages et constate l’émotion qui se dégage des traits du monsieur : "Il n’y avait presque rien, deux ou trois griffures d’encre et pourtant, on la voyait papillonner des cils avec une certaine langueur nostalgique, avec la cruelle nonchalance de celles qui se savent encore désirables… (…) Six minuscules traits pour dire tout cela… Comment faisait-il ?"

Et ben oué, comment qu’y font ? C’est la question que je me pose aussi, moi qui vais plutôt vers des auteurs et des dessinateurs BD "économes" de moyens. Dira-t-on. Ca me surprend toujours de voir quelle profondeur peuvent avoir des dessins qui tendent à ce point vers l’abstraction. Scott McCloud, le mec qui est dans mes liens, là, en bas, a expliqué dans son bouquin sur la BD que peut-être, c’était parce que contrairement à des dessins d’une précision quasi photographique, ces dessins-là se rapprochaient des symboles. Avaient une valeur presque universelle, qui rendait l’identification plus facile (si ça se trouve, il a pas vraiment dit ça. C’est en tout cas ce que je crois avoir lu, huhu). Je suis persuadée que si un dessin touche, c’est qu’il y a quelque chose de quasi-ésotérique en jeu. Une sensibilité de l’auteur qui imprimerait presque chaque millimètre carré d’ence et nous correspondrait ou pas. Mais bon. Il a pas tort, ce Sherlock McCloud.

En ce qui me concerne, je peux être émue aux larmes par une planche qui n’a pas dû coûter très cher en encre, ou une phrase en apparence très simple. A l’inverse, l’abondance de détails m’anesthésie. Je ressens plus rien. Il manque l’espace nécessaire pour que je puisse y glisser mes doigts et m’accrocher. Accrocher mes images à moi sur le canevas qu’on m’a fournie. Si y a pas ces espaces-là, ben c’est comme si on me tendait un meuble Ikéa déjà tout monté, alors que moi, j’aime bien faire joujou avec leur kit (et cette phrase n’a aucun sens obscène. Je le précise pour les individus qui seraient arrivés ici en tapant "Ma prise mâle dans ta prise femelle").

Et puis au fond, je trouve les dessins "simples", "abstraits", "stylisés" - appelle ça comme tu veux - plus fidèles à la vie. Tu respires, tu vis, t’es là, c’est d’une évidence crasse. C’est évident mais quand tu commences à regarder de plus près, le mystère du trait te brouilles la vue. Poil au cul.

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Terrible Angels

janvier 5, 2006, 11:16 am

Edit : un peu de frais chez la vieille. Enfin, si on peut dire…

Je sais que ça se fait beaucoup dans la sphère blogale, mais jusqu’à présent, je ne m’étais point prêtée au jeu du "mate mes requêtes". Cependant, en voyant une énième liste d’arrivages google des plus étranges, je me suis dit que j’allais la soumettre à ta critique. Tu seras donc ravi d’apprendre qu’un jour comme un autre, des gens sont arrivés ici après avoir tapé les suites de mots suivantes, classées par thèmes pour le confort de tous (liste non exhaustive, orthographe d’origine, huhu) :

Civilités
anecdote du réeveillon
envoyer ses voeux
lettre de bonne année à un ami
mot ou phrase pour souhaiter les meilleurs voeux

Sujets de société
elvis presley est t il vraiment mort
les bonnes résolutions c’est chiant
téléphone mobile et savoir-vivre
qu’est ce que tu préfére lire le roman ou la nouvelle
pub biere pet
plus jeune que mon age
ma soeur me leche les pieds

Vie pratique
dispense de piscine
dessiner un cochon
machine a cafe san marco
carte vermeille
les signes de la fin avant de mourir

Culture générale
drole de felix directeur de casting
la moumoute de dick rivers
lindsay lohan son âge
paris hilton derapages
la dispute entre lindsay lohan et hilary duff
roman hockey
llunette john lennon

Coquineries
petits trous mignons
les soeur olsen en petite culotte
vieilles coquines histoires
je veux voir du vrai cul
blog en slips
sexe heidi amatrices
blogs de femmes sans culottes
photo femme mure
college fuck festival

Et enfin, les conseils au blogueur : " prends garde petit être de chair" et "tais-toi et trotte". Comme dirait Fab, "t’as que des tarés sur ton blog. Je m’en doutais". Il est vrai que pour vouloir tout savoir sur la moumoute de Dick Rivers, faut être sacrément amoché, tout de même…

2005_04_26_2.png

… En plus, je suis certaine que les cheveux de Dick, c’est pas du faux. Na.

—Stellou | 12 comments
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New Year’s Prayer

janvier 1, 2006, 5:24 pm

Cette année, le 31 au soir, au moment où les bagnoles s’enflammaient pour célébrer la victoire de la lumière sur l’obscurité, je cageôlais mon angine rouge et mon paquet de mouchoirs. A quelques kilomètres de là, ma soeur vomissait ses tripes sous l’effet d’une violente migraine (non, même pas une gueule de bois). La solidarité entre soeurs, c’est magnifique.

En tout cas, c’est le coeur léger que je dis :

2005,
Année déjà moisie,
Va-t-en donc,
Je te donne congé.
Eparpille-toi en parcelles de morve,
Dans la blancheur cellulosique de mes mouchoirs en papier.
Puis disparaîs avec eux au fond d’un handibag
Emporté dès l’aube par un éboueur lillois.
 
Allons, va, je ne te regrette point.
Car déjà 2006 est là, qui frappe à ma porte
Et m’annonce : Stellou, quelle sale gueule tu as,
Prends cet efferalgan et trinque-donc avec moi.

C’est bizarre. Je comprends pas pourquoi j’ai jamais gagné de concours de poésie…

Et bonne année !

—Stellou | 22 comments
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