Archive for septembre 2005
Gone Pie
septembre 28, 2005, 11:51 pmDans la série, le web, c’est bien mais en même temps pas : le complexe du copieur.
Je vous présente un duo d’enfer. A ma droite, le fameux "j’espère que ça a pas déjà été fait" ; à ma gauche, le redoutable "Surtout pas de répétition". Parfois, ces joyeux lurons me poussent à essayer de trouver des idées "nouvelles". Du moins nouvelles pour moi. Mais la plupart du temps, ils me conduisent surtout à l’immobilité totale. Ah si. Z’ont l’air inoffensif, comme ça, mais pas du tout.
Tiens, ce grand con de "j’espère que ça a pas déjà été fait", par exemple. Ca t’es déjà arrivé de penser à un truc, de le travailler et puis de tomber sur son faux-jumeau quelque part ? Dans ces cas-là, je pourrais me dire "Oh, quelqu’un y a pensé aussi. C’est marrant". Pourtant je me dis seulement "Et merde." et l’idée part en séjour à la poubelle.
Quant à ce petit merdeux de Surtout pas de répétition, il est encore plus nuisible. Suffit que j’ai le sentiment de refaire ce que j’ai déjà fait une fois pour ne plus pouvoir avancer. Ca paraît anodin, mais ça m’a joué des tours, crois-moi. Tiens, lors de L’épreuve de bac français empoisonnée, par exemple. En guise de sujets, nous avions d’un côté un extrait du Dernier Jour d’un Condamné et de l’autre, un sujet de dissert que notre classe, par un hasard étonnant, avait déjà travaillé. D’accord, l’énoncé était formulé légèrement autrement, mais ça restait le même sujet, pas de doute possible. J’ai regardé les autres. J’ai regardé ma feuille. Et j’ai choisi Tonton Victor. Alors que le texte m’inspirait que dalle et qu’un sujet tout cuit m’attendait à côté. J’ai pensé "t’es con. T’es vraiment con, ma vieille" et j’ai torché le machin.Depuis, rien n’a changé. J’aime pas avoir le sentiment de re-vomir la galette propulsée la veille. C’est même de l’ordre du pathologique.
Je me soupçonne de faire ça non par principe mais par orgueil pur. Hubris, tu me perdras. Que ne t’ai-je déjà écrasé comme un bubon bien mûr ? Hem. Tout ça pour en venir au cadeau caché sous le PQ : le web me broute, à me donner accès aux productions de millions de cerveaux. Parce que je finis toujours par tomber sur de frappantes ressemblances. Ce qui finit toujours par me stériliser. Ce qui me pousse à regretter d’être aussi orgueilleuse. Ce qui me paralyse encore plus. Ce qui fait trop de "ce qui" pour une seule tête. Blasée puissance 12, j’éteinds alors mon ordi pour aller prendre l’air ou allumer la télé. J’y vois beaucoup de chewing gums mâchés, mais au moins c’est ceux des autres…

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Pilgrimage
septembre 26, 2005, 3:26 pm
Oyé oyé ! Voici venu le temps de la mise à jour chez Diane (nouveau post et nouvel épisode du journal)
Ah et puis au petit con qui, soit en raison de mon grâcieux physique, soit en raison de ma silhouette filiforme, a cru bon de dire en me croisant "Hé, mais c’est pas Kate Moss, là ?" : je te traquerai, je te trouverai et je ferai de toi de la savonnette. Hin hin hin hin. Ca va chier.
—Stellou | 21 comments
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Le bruit et la fureur (enfin pas vraiment)
septembre 25, 2005, 7:38 pmAccompagnée de KawO, je suis allée visiter l’expo Les chants mécaniques au Tri Postal. Pour les ceusses qui connaissent pas, le Tri Postal est, comme son nom l’indique à moitié, l’ancien centre de Tri de la poste transformé le temps de Lille 2004 en lieu d’expo/café/concert. Comme ça déchirait sa mère, le Tri Postal, qui devait revenir à son état initial après Lille 2004, a finalement réouvert le 23 septembre. Et putain, heureusement, parce que c’est tout de même un truc qui manque, à Lille.
En gros, ce qu’on voit en entrant, c’est ça :
La billeterie est à gauche de l’image, la partie café est à droite et encore plus à gauche, d’où qu’on le voit pas ici, c’est la partie expo. Côté café, ça donne ceci :
Pour rappeler la fonction initiale de l’endroit, tout le café est composé d’objets récupérés dans les trains ou les gares : sièges, barres d’appui, hublots, etc etc. Une pancarte rappelle même ce que les employés peuvent ou non se permettre :
Je kiffe grave. Avec Caro, on avait commencé à prendre nos petits habitudes ici, avant que ça ne ferme. Alors quand l’heure de la réouverture est enfin arrivée, ce fut la joie dans les coeurs des chaumines de nous. Et on s’est précipitées sur l’expo de réouverture, d’autant qu’on nous promettait des machines bizarres qui font du bruit. Sur les conseils de nos sympathiques hôtes, nous nous sommes donc aventurées dans l’antre des inventeurs fous (en plus y faisait noir alors hein)
Et ben mon cousin, nous ne fûmes pas déçues. Cette expo est une concentration d’objets tordus et de dispositifs rigolos, voire tout ça à la fois. Par exemple, le Hurlomatic, une boîte dans laquelle il suffit de glisser la main pour faire jaillir du son et le moduler selon ses mouvements :
Mais aussi cette autre machine hurlante, qui vomit mots, cris, râles et bien d’autres choses encore, selon que l’on actionne cette molette ou ce bouton depuis les consoles de fortune bidouillées par ses créateurs :
Sans oublier un mur de caisses montées sur ressort qui s’anime dans un vacarme proche du train de marchandise, un poisson qui revient à la vie au fur et à mesure qu’on fait jouer des cordes, et tout un tas d’orchestres mécaniques à tomber. Chuis pas déçue du voyage, dis-donc. Vivement la prochaine expo.
—Stellou | 26 comments
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Take. Take. Take.
septembre 22, 2005, 6:15 pmPour fêter la récente tombée dans mon escarcelle du fruit de mon dur labeur, je suis allée ce matin cueillir quelques CDs et une BD pour fignoler le bouquet.
Nous avons donc : Breakfast After Noon, que j’avais envie de lire depuis un moment, le nouvel album des Waïte straïpss, le dernier album de Ghinzu et enfin, l’album des guguss qui font joujou dans les bois déguisés en Nanimos (ça fait beaucoup de doublement de syllabes, ça), j’ai nommé : Lauter. Alors là, je me suis laissée aller à une découverte au zazard, puisque j’en ai jamais entendu parler. Ca m’a l’air pas mal, en tout cas. Je me réserve les deux autres albums pour ce soir. Raaaaah. Ptain ça fait du bien.
Oh je sais. Je suis une infâme consommatrice. Mais bon : je fume pas, je me drogue pas, je baise pas, et je bois pas tant que ça. Finalement. Alors merde : j’ai le droit d’avoir cette addiction-là. Ca me fait penser qu’hier, d’ailleurs, en relisant mon exemplaire d’American Splendor, je suis tombée sur un passage dans lequel Harvey Pekar explique qu’à force de collectionner des disques de Jazz, il en est venu progressivement à les accumuler sans aucun plaisir, sans même parfois les écouter. Juste pour se dire ha ha ! Celui-là, je l’ai. Alors qu’au départ, tout ce qui le motivait, c’était l’impatience de découvrir de nouveaux trésors musicaux. J’en suis pas là, heureusement. Mais bon. Je surveille attentivement la pochette de mes CDs. Si un jour, je m’aperçois qu’une bonne partie ne comporte aucune trace de griffure, cassure ou euh… morsure (?) c’est que j’en suis arrivée au stade de l’accumulation stérile de richesse musicale. Ce jour-là, je m’inscris aux CDvores anonymes.
…
En plus c’est même pas très classe, comme addiction. Si au moins je collectionnais les vinyles, je dis pas. Mais là…
….
Allez, je laisse tomber tout ça : demain, je me mets à collectionner les jantes de bagnoles.
—Stellou | 18 comments
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Someone is in the Wolf
septembre 21, 2005, 11:56 amCe matin, en allant faire mes courses de mémé, je suis tombée sur un Lion. Nan nan, j’avais rien bu : il s’agissait bien d’un lion, avachi sur un trône d’ordures et de mauvaises herbes. J’imagine que c’est sa dignité de roi de la jungle qui l’a poussé à choisir cette ruine de briques à moitié cachée des passants pour y finir ses jours. J’ai pas osé le déranger, mais bon, ça avait pas l’air d’être la grande forme. On se demande comment il a pu finir là alors qu’hier, il avait probablement sa place sur le coffre à jouets de Priscilla, Logan ou Aristote. Enfin lui encore, il a de la mousse à la place du coeur, donc ça va, y doit pas se rendre compte de grand chose. C’est pas le cas de tous les lions déchus qu’on croise si souvent en ville.
—Stellou | 15 comments
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Funky Shit
septembre 19, 2005, 12:27 pmQuand tu n’as point sorti la tête des trads de toute la semaine, une pause ensoleillée, ça fait du bien. Alors ce vikénde, direction la maison familiale en compagnie du frangin, de la frangine et de son aimé Atchoum, ainsi surnommé en raison de sa stature de 2m passés (hi hi, pas taper). Pour préserver l’anonymat des intéressés, je m’abstiendrai de publier les photos des protagonistes. N’empêche qu’on s’est bien marrés, dans notre petite bubulle.
En parlant de bulle, on a fait une expérience intéressante ce week-end. Il se trouve que le champagne va très bien avec les frites deul baraque. Quoi, qu’est-ce donc que cette jeunesse porcine qui ose arroser ses frites de champagne ? , te diras-tu ? Point d’inquiétude, mon ami : d’habitude, on y va pas au champagne (nous savons tous que gustativement, la frite de baraque se suffit à elle-même, huhu). C’est juste qu’y avait des événements à fêter depuis un moment et qu’on en avait pas eu l’occasion auparavant. Alors quoi de mieux pour un moment inoubliable qu’une expérience culinaire étrange, monsieur l’Ambassadeur ?
C’est la peau du ventre bien tendue que nous nous dirigeâmes ensuite vers le salon pour se repasser Sleepy Hollow, film qui sied si bien aux lieux très Burtoniens qui servent de décor à notre baraque. Le lendemain fut placé sous le signe du King. Il se trouve que comme moi, Atchoum connaît par coeur la discographie d’Elvis. J’ai donc deterré ma compil de 92 le temps d’improviser un ou deux canons, sous le regard consterné de ma soeur qui en fait, n’attendait que ça (si si. Mais si). Rien de tel que Suspicious Mind pour se faire les abdos, moi je te le dis (hem. Je crois comprendre pourquoi personne veut de moi).
Comme souvent chez nous, on s’est mis à table à l’heure espagnole. Au chaud sur la terasse, on a dégusté le veau au paprika mijoté par ma soeur et son raaaa lovely fondant au chocolat. Les yeux un peu éblouis par le soleil d’automne. Uniquement accompagnés par le bruissement des feuilles et le chant des zoziaux. Poussés à la paresse par les chats qui appréciaient leur sieste. Avec tous, je pense, d’autant plus de plaisir que nous savons maintenant à quel point ces accords-là sont éphémères. Le week-end est passé si vite que j’en reviens pas d’être déjà là, devant mon écran, à me demander ce qu’il me reste à faire d’ici demain. Ne pas non plus jeter un oeil à l’état dans lequel se trouve ma tanière. Non, ne pas. Penser plutôt au beau feu qu’il y avait dans la cheminée et aux ombres à la Guimard qui faisaient joujou sur le sol.
EDIT : et hop, nouveau post chez Diane et nouvel épisode du journal en ligne
—Stellou | 24 comments
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Kiss Kiss, Bang Bang
septembre 16, 2005, 11:32 amHier, en compagnie de mon frérot, je suis allée voir Kiss Kiss Bang Bang. Je m’étais pas bidonnée à ce point depuis longtemps. Je crois même que la salle a dû me maudire à certains instants clés du film. C’est-à-dire pendant tout le film. L’histoire, pour faire court, tourne autour d’un gars appelé Harry Lockhart, un voleur en série pas toujours très doué. Un soir de chourre dans un magasin de jouets (ui), les choses tournent mal et le voici coursé par les poulets. Pour leur échapper, notre bonhomme s’inscruste dans le premier bâtiment venu, sans savoir que s’y déroule une audition ciné. Coup du destin, il plaît au jury et se retrouve à Los Angeles, entre les pattes d’un privé surnommé Gay Perry pour préparer son futur rôle de détective.
De là, je te laisse imaginer ce qui peut se produire, mais à moins que tu aies lu le scénario intégralement, impossible que tu ne sois pas surpris. D’abord, tout est raconté de façon très originale, les gags sont souvent étonnants, les dialogues sont à se pisser desssus, les acteurs sont géniaux, la musique est un régal, ça joue avec pas mal de clichés… Et il arrive souvent qu’on passe du gros fou-rire au noeud à l’estomac sans même s’en rendre compte. Bref, on est sortis de là avec la banane. Ca fait du bien de tomber sur ce genre de films un peu différents des autres. A vrai dire, j’irais bien le revoir.

Edit : nouveau post chez Diane. Yo.
—Stellou | 23 comments
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When I Hear My Name
septembre 15, 2005, 9:14 amBon. Maintenant, je peux plus reculer, alors va bien falloir que je te présente quelques parents que je cachais dans le placard. Par où commencer… Par l’hiver dernier, tiens. Je suis affalée sur le divan chez Fab à déblatérer mes questions existentielles, quand celui-ci me balance comme d’autres disent "tiens, si on bouffait un kebab" la phrase suivante : pourquoi t’écrirais pas un bouquin. Divers bruits émanent de mon anatomie, mais pas par les orifices auxquels tu penses, petit malinou. Je regarde ailleurs en me bidonnant. "Mais si, pourquoi t’écrirais pas un bouquin ?". "Pff. Mais n’importe quoi, hein." "Mais avec Diane! Nan ?" Là, il avait touché juste. Car Diane, pour moi, c’est un peu comme Gérard le Lézard : je sais qu’elle existe pas, mais pour moi elle est vivante. She’s aliiiive. Aliiive. Je joue avec depuis environ 2 ou 3 ans, à défaut d’avoir encore l’âge de jouer aux Petits Poneys. Diane, c’est un peu les grands-mères que j’ai plus + celles que j’aurais voulu avoir + la vieille que je voudrais être quand j’aurais des actions chez Daxon. Pour moi une nana qui vieillit, ça devrait être elle. En moins bourge, peut-être, m’enfin on va pas chipoter. Je l’avais pondue histoire de produire un horoscope bidon y a 3 ans de ça. Elle arrivait et donnait ses prévisions nazes aux djeunss en oubliant pas de caser quelques anecdotes de sa "palpitante" existence. Je me suis prise au jeu et je lui ai imaginée un quartier, des ex maris, une meilleure amie, une petite nièce, un ou deux ennemis pour faire joli et voilà, elle avait ses valoches dans un coin de ma tête. Et quand ça allait pas, j’y jetais un oeil, histoire de rigoler un peu. Hein, ma vieille Diane ?
Alors bon, quand Fab m’a poussé au cul pour que je la déterre, je me suis dit "han, portnawak", mais j’avais quand même envie d’essayer. Alors j’ai essayé. Et puis tout est venu naturellement. Ensuie, j’ai pas voulu le montrer, même à Fab. Il a fallu un intense lobbying de sa part pour que j’ose lui filer les trucs que j’avais tapé. Lui a adoré, mais lui croit plus en moi que moi. Bien plus. Ensuite, il m’a poussée à le faire lire à diverses personnes, certaines joyeuses adolescentes, d’autres pas et une encore qui est vraiment écrivain. Et bon, on m’a pas dit "c’est vraiment à chier". En même temps, comment le croire ? Ensuite, Fab m’a poussée à envoyer ça à des éditeurs. Hum. Tergiversations, réflexion, procrastination… J’ai fini par le faire, en me disant une chose, c’est qu’au moins, je saurais si c’était complètement merdique. Sauf que je sais pas. Sur les 4 ou 5 maisons auxquelles j’ai envoyé ça, je me suis planté de collections dans 2 cas, dans un autre, le comité des lecteurs a apparemment beaucoup aimé, mais le machin n’étant pas assez classique, ça pouvait pas passer et dans les 2 autres cas, à vrai dire je sais pas. Que le bidule soit un peu euh… spécial, je veux bien le croire. Même à supposer que ce soit parfaitement bien écrit, construit et machin, je vois pas trop en réalité qui ça pourrait intéresser à part des esprits malades. Donc, c’est pas grave. Mais par contre, j’aimerais bien qu’on me dise une bonne fois pour toute si c’est aussi mal torché qu’un fondement de gastro-entérique. Comme ça, ce sera plié et je pourrai tirer la chasse (oh, quelle figure de style - hem).
Ici Fab - encore lui - m’a à nouveau poussée au cul (je vais avoir la marque de ses mains sur les fesses, si ça continue) pour que je mette en ligne une partie du machin. Histoire de voir ce que des inconnus en penseraient. Y aurait qu’à le balancer sur son blog, à Diane. L’idée d’un blog pour Diane, ça flottait me bottait bien, tu penses. Je m’amusais déjà bien avec le blog de Gégé, alors j’allais pas m’arrêter de faire des conneries en si bon chemin. Problème : ça, c’était y a des mois et des mois. Depuis, malgré l’éternel entousiasme de Fab et malgré le fait que lui, en deux jours, avait déjà pondu l’interface du blog, j’ai procrastiné, réfléchi, procrastiné, gnignigni et lentement, lentement, j’ai cédé. Et ça y est, le tout est en ligne. Pour finir, j’ai décidé de tout mettre au fur et à mesure, par épisodes, parce que comment puis-je donc savoir ce qu’on en pense si j’en mets qu’un petit bout en ligne ? J’ai longtemps hésité sur la question du Dianethon (voir bloug) et à vrai dire, ça me gêne encore. Je finirai ptet par l’enlever. Mais en tout cas, le reste est là. Hem. Actuellement, je me sens très con. Avec un c comme ‘c’est pas vrai, j’aurais jamais dû faire ça" ou "c’est bon, ça y est, la honte s’abat sur moi" ou encore "comment jva me faire latter a gueule, mon bon !". Tant pis, aller, faut accepter de se prendre des baffes dans la vie. Par contre, si tu dois me faire des remarques désobligeantes, fas le par mail, que je me prenne pas une déculottée en public. Hin. Hin hin. Et si tu penses que c’est nul, surtout, n’essaie pas de dire le contraire. Je te jure que ça se sent. Oh oui. En attendant, je vais me féliciter moi-même pour mon courage.
….
Voilà, c’est fait. balancez les tomates, maintenant. Et si vous me voyez plus pendant longtemps, c’est que je suis partie vivre chez Florent Pagny.
—Stellou | 33 comments
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Iron Flower
septembre 13, 2005, 10:41 pmAu CP, j’ai appris par coeur L’Etourdie, de Maurice Carème, et je ne l’ai jamais oublié, allez savoir pourquoi. Ce vieux momo m’a procurée peut-être bien ma première identification de lectrice. Ca donnait quelque chose comme "Lundi, j’ai perdu mes clés, mardi j’ai perdu mon bonnet, mercredi, j’ai perdu mon chien, jeudi mon cahier de dessin. Que va-t-elle oublier vendredi, se dit ma mère épouvantée. S’il n’était si bien attaché, j’aurais déjà perdu mon nez".
En ce moment aussi, je perds des trucs. Tiens ben, ça fait une semaine que j’ai perdu ma première paire de lunettes et deux que j’ai pété l’autre. Du coup le soir je vois flou, ou bien j’ai mal aux zoeils. Je perds aussi le goût de prendre soin de moi, et puis je perds patience, de temps en temps. Je perds le sens, souvent et je perds le contact avec un certain monde, peu à peu. C’est bizarre, je perds un peu de moi sans savoir ce que je vais gagner. C’est un peu instable tout ça. Encore une mue, c’est certain. Sauf qu’elle me fait un peu plus peur que les autres, celle-là. Parfois c’est le grand entousiasme, et j’avance, j’avance, j’avance. Et puis parfois… Tu l’as déjà fait, ce geste de secouer la tête de gauche à droite, les yeux ouverts ? C’est un peu ça, en ce moment : je m’agite, je m’agite et je vois un peu flou. Heureusement, y a des gens qui agissent sur vous comme des stabilisateurs. Des gens qui prennent soin de rétablir l’équilibre du mobile quand un coup de vent fait tout valser. Ce que j’espère c’est que jamais, un soir de fatigue, l’un de ces soirs où le mobile ne fait que teinter, il ne leur viendra l’idée de me jeter. C’est pas que l’équilibre ne se rétablirait pas seul, m’enfin… "Seul" c’est un mot qui me plaît bien trop pour être honnête.
—Stellou | 21 comments
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… And One More For the Road
septembre 6, 2005, 4:36 pmHeidi m’a fait le coup du Citez cinq aliments, plats ou autres, qui ont fait partie de votre enfance, et qui vous manquent, parfois, quand la nostalgie vous prend… Et ben piskeucéça, j’en ai fait des tartines. Peuaaahahaha ! Quel humour.
1 - Le kit "retour de maternelle" de maman
La maison de mon enfance est située entre des champs et une rivière, à l’extérieur d’un village ravitaillé par les corbeaux. Ce qui signifie que pour aller à l’école, faut une bagnole ou une bonne paire de pieds. Alors quand maman venait nous chercher à la maternelle le midi, toute pimpante et forcément plus belle que les autres, c’était avec de quoi nous faire tenir pendant la route : une bouteille de whisky. Nan hein. Spa vrai. Ce qu’il y avait dans le petit paquet d’aluminium qu’elle nous donnait à chacune, c’était un morceau de gruyère ("c’est bon pour la mémoire, les filles") ou autre fromage adapté aux nains de maternelle. Et ma soeur et moi accueillions ça comme une Hostie maternelle. Quand j’y repense, je suis toute émue d’imaginer ma mère couper du fromage pour ses petites, l’emballer dans de l’aluminium et puis faire le chemin de la maison à l’école pour venir nous chercher. Maintenant, du gruyère j’en bouffe plus. Je trouve que ça manque de goût.
2 - La "tarte aux croisillons" de mémé
Chez mémé, pour nous les gosses, c’était toujours la fête. On pouvait jouer avec ses vêtements, saccager le grenier, renifler son parfum caché entre les piles de vêtement, tripoter ses échantillons de laine ou encore faire des glissades sur le marbre ciré. On pouvait triturer le piano mort-vivant, sniffer les boules anti-mite, malaxer les chenilles dehors ou essayer de bouffer les petits pois dans son potager. Mais on aurait probablement renoncé à tous ces jeux si Mémé nous avait dit que l’existence de sa tarte aux croisillons en dépendait. La tarte aux croisillons, comme elle l’appelait, c’était une pâte brisée légèrement salée, parcourue de petits boudins de pâte disposés en quadrillage. Une fois la pâte cuite au four, mémé remplissait chaque carré vide par de la confiture - abricot, fraise, groseille etc. puis hop, à nouveau au four le temps que ça caramélise un peu. Quand la tartounette sortait du four, on avait envie de lui faire un sort sur le champ. "Non, sinon ça fait mal au ventre", disait mémé. Alors on attendait, l’eau à la bouche, les tartes qui nous narguaient sur la table de la cuisine. Puis on se jetait sur les gâteaux avec la bénédiction de mémé et de maman. Je pense qu’on en garde tous les trois un souvenir formidable (c’est d’ailleurs le dessert culte de mon frangin). J’ai appris à la faire, cette tarte, bien sûr, mais tu sais bien ce que c’est : jamais ça ne ressemblera à celle que faisait mémé.
3 - Le petit déjeuner chez Mamie
Ca, je ne l’oublierai jamais. Le réveil chez mamie. J’ouvrais les yeux, dans mon petit lit à barreaux. Je voyais le jour percer à travers les rideaux à motifs de la chambre. Une bonne odeur de café filtrait sous la porte. Je me souvenais que j’étais chez mamie. Coup d’oeil à droite : pas de soeur dans le moyen lit. Coup d’oeil à gauche : pas de mamie dans le grand lit. J’aimais pas l’idée d’être la dernière au pieu, alors je m’extirpais du mien. Je glissais mes pieds dans les pantoufles "spéciales chez mamie" (rouges avec de la moumoute autour des chevilles), puis je rassemblais mon courage. Prochaine étape : descendre l’escalier. Celui qui me faisait un peu peur, à cause de la main de squelette dessinée par mon tonton sur la porte de l’étage. Mais j’allais pas crever de faim dans la chambre, ça non. Alors je descendais avec précaution les marches peintes, j’ouvrais la porte donnant sur la cuisine, je descendais les marrantes petites marches qui traînaient encore au delà et paf, dans la cuisine. Sur la table en formica, il y avait le sucrier en plastique jaune, les bols, le beurre, la cassonade… Mamie me disait bonjour, je m’installais à table, et elle m’amenait le café au lait et la faluche (deul pain deuch nord tout rond et tout plat). Fallait attendre que la faluche chauffe un peu au four, avant d’y étaler une bonne couche de beurre et une belle épaisseur de cassonade. Ensuite, il était temps de tremper le tout dans le café au lait et d’ingurgiter la préparation encore tiède. Le souvenir ressuscite les rares fois où je me prépare ce petit déjeuner… C’est toujours ça de pris.
4 - Les krema "léopard"
A la maternelle (oui, encore), quand des assortiments de bonbons circulaient sous le manteau, c’était toujours les mêmes qui restaient sur le bord de la route : les krema "tête de léopard", connus sous le nom scientifique de Batna. Pour moi, c’était plutôt l’aubaine, parce que justement, je les kiffais grave, les Batna. Résultat : sans même avoir à filer mes Pimouss en échange, je pouvais me taper toutes les têtes de léopard que je voulais. Avec le recul, je comprends ce qui a pu faire décoller ma courbe de poids… Enfin bref : je ne me rappelle même plus quand j’en ai mangé pour la dernière fois, mais j’en ai encore l’eau à la bouche.
5 - Les tartes aux groseilles de Maman
Chez nous, c’est le paradis de la groseille et du cassis. Y en a tellement chaque année, qu’on sait plus trop quoi en faire. La plupart du temps, les petites baies finissent en gelée, mais autrefois, elles avaient Sorbet et Tarte comme autres options de carrière. J’avoue que chez moi, c’est les tartes qui avaient le plus de débouchés. Euh… Quoique non, mais on va faire comme si. Disons que c’est le goût acidulé de la tarte aux groseilles qui me manque le plus. Juste la pâte brisée et les fruits cuits confits au four dans un peu de sucre en poudre. Quand je les voyais serrées les unes contre les autres, ces fruits rouges de mon coeur, j’avais qu’une envie : leur faire visiter mes papilles. Ah lala. Revenez les filles : y a toujours de la place pour vous dans mon système digestif !
Ils rendent nostalgiques, même si on a encore droit à certains : les scipions à l’encre de papa, le "casse-croûte de mémé Marie", le "gâteau cocotte", la quiche lorraine de maman, la confiture de prunes maison, la salade juive, les frites-oeufs au plat du samedi, la tarte au riz du marché, etc etc etc
Un Citrate de bétaïne, pour digérer ?
Attention, je refile le machin à : Fab, parce qu’il aime pas les questionnaires, Ratatouille, parce qu’elle a le pseudo qui va avec, Sosou, parce que ça lui fera oublier ses pâtes de fraîche étudiante et Super-Euca parceque je le veux. Les autres, votre tour viendra bientôt, j’en ai le pressentiment…
Edit : bon allez, c’était déjà long et en plus je vais dépasser, mais j’ai oublié un souvenir très très important : la journée orgie de quand j’étais petite. Ce jour-là comme souvent à l’époque, on avait du monde à la maison. Des tontons, des tatas, des cousins et des voisins, sûrement. C’était une belle journée d’été et mon papa avait donc décidé de cramer quelques herbes et branches séchées par le soleil. Fin je crois. Toujours est-il que le feu allumé et les faims déjà rugissantes, le padre décida en fin de journée, de cuire quelques trucs. Problème : rien n’était prévu. Solution familiale : le système D. C’est donc d’abord une boîte de haricots blancs cuisinés à la façon papa à même la boîte qui servit d’apéri. Puis vinrent les tartines de fromages en série. Puis, au moment où les moustiques commençaient à attaquer, les bananes flambées. On a bouffé sans s’arrêter pendant des heures, et outain qu’est-ce que c’était bien, cette odeur de feu de bois et l’air légèrement frais. On en a fait depuis, des grillades. Mais celle-là avait le goût de la surprise et des petites improvisations. Alors fallait vraiment que je la mette par écrit. :p
—Stellou | 20 comments
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