Archive for juin 2005
If you’re Feeling Sinister
juin 14, 2005, 2:38 pmCher Hasard,
Parfois, certes, tu fais des conneries. D’énormes conneries. Alors permets-moi de te suggérer de mettre sur ma route autant de terreau à sourire que ce matin. J’aimerais donc qu’à l’avenir, chacune de mes journées soient balisées par le même genre d’enchaînements que ma matinée d’aujourd’hui.
Je sais que ta mémoire est défaillante (disons "aléatoire", si tu préfères), c’est pourquoi je te joins la liste des petits riens que tu m’as livrée aujourd’hui :
7h40 : une putain de belle lumière tombe sur mon petit déjeuner. En plus, ce matin, j’ai pas oublié le pain et il me reste du café.
8h40 : une 4L rose à coeurs jaune croise ma route.
12h05 : fab est un grand con, mais heureusement qu’il est là.
12h15 : au resto, un gamin de deux ou trois ans me parle de la table voisine. Je crois qu’il me conseille de faire gaffe à pas tâcher mon t-shirt rose avec mes tagliatelles bolo. Je fais gaffe. Il continue. Non, ça doit pas être ça. Il tape sur son siège avec des crayons en bois. Ah ok. Il doit me signaler qu’il a choisi sa carrière : il sera batteur.
13h04 : un mec tout en blanc nous croise en vélo. Histoire de sortir un truc con, je dis à Fab que c’est ptet un ange. Dans Les routes du paradis, les anges se déplacent bien en pick up, alors pourquoi pas en vélo. Je crois pas aux anges, mais c’est un détail. Le mec est ptet un con, mais en s’en fout.
13h15 : le nouvel album des Foo Fighters a l’air pas mal. Celui des White Stripes aussi. Rif Raf est sorti.
13h30 : une madame à fleurs demande au vendeur de la Fnac "Du Mireille mathieu ou du Michele Torr". Je crois que j’ai trouvé une copine.
13h45 : les deux tilleuls posés en face de la gare sont en fleurs.
13h50 : je vois deux femmes enceintes vêtues du même t-shirt blanc se croiser dans les escalators. Ca ferait une belle scène de film.
Voilà. Je te laisse réfléchir là-dessus. Demain, je veux la même en mieux.
Stellou.
—Stellou | 18 comments
(posted in the Chiant Perso category)
The Hand that Feeds
juin 13, 2005, 4:27 pmC’est toujours chiant d’être entre deux trucs. Si avoir le postérieur entre deux chaises était ergonomique, le inbetweening serait à la mode depuis longtemps (toute tendance doit avoir un nom angliche en ing, c’est écrit dans mon manuel de marketing). Or, c’est exactement mon état actuel : entre. Entre l’ancien boulot et autre chose de pas encore bien clair. Entre ce qui m’a défini ces dernières années et encore autre chose.
Je ne sais pas si on est tous comme ça, mais en ce qui me concerne, j’ai l’impression d’être une espèce de serpent qui mue en permanence. A mesure que je fais mon bonhomme de chemin, je laisse traîner des peaux sur le côté, décorées de quelques crottounettes et de petites boules de poil provenant de mes derniers repas. C’est dégueulasse comme image (c’est l’heure du goûter, j’ai pensé à toi, tu vois ?) mais c’est la seule que j’aie en tête pour expliquer la chose. Je rencontre des gens, j’essaie d’apprendre d’eux, je lis des trucs, j’observe, je me regarde le nombril, je tape des crises, je fais des conneries… Et soudain vient le moment où je laisse tomber une vieille peau (non, je ne maltraite pas les personnes âgées). Alors je regarde mes écailles toute neuves et je me dis : y a du mieux, ou pas ? C’est correct, comme peau ?
Ces dernières années, j’ai l’impression d’avoir mué à la vitesse du cougar en pleine course (pardon, je tente une métaphore filée). Un peu comme si pendant la période adolescente, j’étais restée un peu endormie pour me bouger les écailles d’un coup, la température ambiante aidant (métaphore filée, j’ai dit hein. hem). Ca a commencé le jour où je suis entrée à la fac et j’ai l’impression que ça n’a pas cessé de s’accélérer depuis. Ce n’est pas que j’aie changé de personnalité. Mais non, c’est pas ça : je suis plus saine d’esprit qu’on pourrait le penser, merci. J’ai au contraire l’impression qu’au fil du temps, je vire tout ce qui n’est pas moi. Vraiment, la seule image qui me vienne en tête, c’est celles des vieilles peaux. hu hu.
Seulement en ce moment, j’en arrive à un point où je dois assumer les conséquences du changement. Et c’est pas forcément facile. D’abord, y a encore du chemin à faire avant que je m’accueille à bras ouverts. Mais surtout, je sens bien que j’ai choisi une voie qui risque de me procurer pas mal de griffounettes à l’ego (non fab, t’auras beau jouer les Jacques Martin, je ne dirai pas "ce que je veux faire plus tard". Prout sur toi). Tous les jours, mon métronome personnel me répète "Ptet que ça marchera, ptet pas ; ptet - ptet pas ; ptet - ptet pas" jusqu’à ce que les doutes qui m’ont longtemps empêchée d’avancer reviennent me faire chier. Ca va passer, je sais, ça va passer. Mais putain, en attendant, c’est Orange Mécanique dans ma tête.

(Pour les inculturés profonds, ceci est une photo de Manimal, l’homme qui se change en nanimal plusieurs fois par épisode. Par exemple en serpent, en panthère, en aigle… Tout ça, quoi. Mais jamais en ver de terre ou en cafard. Par exemple)
Edit : putain. Fab a mis sur son blog un lien vers Store Wars, une parodie de Star wars faite entièrement en légumes et autres produits frais. Le tout destiné à défendre la cause de l’agriculture biologique. Gniiiiiiiin hin. A mourir de rire.
—Stellou | 14 comments
(posted in the Chiant Perso category)
The Wanderer
juin 11, 2005, 11:16 amHier soir, j’ai rendu Geneviève à KawO. La tâche fut difficile, les adieux déchirants, mais soit : la vie continue. J’ai plaqué un sourire à la Joker en la laissant voguer vers le lointain :
Elle, digne et grâcile, dans la splendeur de sa carapace pailletée, en a profité pour me chiper mon sucre (cette tortue n’en a que pour le Dieu Glucide) :
Et c’est à l’issue d’un long périple (la traversée de la table) que Geneviève a retrouvé sa propriétaire, celle qui a fait d’elle la tortue disco la plus disco des thés dansants.
Arf. Mon coeur saigne. Ceci dit, KawO a promis de me la laisser en pension, de temps à autres. Sur ce, je vais rejoindre ma tribu à Walnut Grove, mon riant village natal. Oh et puis… J - 7 avant les 20 ans de mon petit con préféré :
—Stellou | 18 comments
(posted in the Chiant Perso category)
I Remember
juin 10, 2005, 10:36 pmLe week-end dernier, en furetant avec ma mère et mon frère dans un vide-grenier, je suis tombée sur une pile entière de Les Veillées, magazine féminin des années 50. J’en ai donc acheté un recueil, pour voir. Il faut dire que j’ai une fascination pour les ouvrages adressés aux femmes du temps jadis. D’ailleurs, Fab ne m’a jamais offert de plus beau cadeau que Superwoman, de la Duchesse de Bedford (années 70), Pour toi - Le livre de toutes les femmes, de Sari de Megyery (années 30), Eduquer ses enfants (1967) et autres guides pour l’éducation, l’élévation et le bien être de la femme (sic).
Avec mes Veillées, je ne suis guère déçue. Listons quelques-uns des romans et articles publiés dans mon exemplaire (1958):
- Qu’elles sont jolies, les vitrines ! (Berthe Bernage)
- C’est toi que j’aime ("Un grand roman sentimental inédit par Ann et Gwen")
- Un mari à prix fixe (Luisa Maria Linares)
- J’aurais mérité mon bonheur (Sabine Bernard-Derosne)
- Il m’appelait câline (Françoise Rabby) etc etc etc.
Je peux te dire qu’en feuilletant ça, ma soeur, tu peux rire jaune, en pensant au statut de nos aînées. Citons au hasard, un extrait de l’article Ne demandons pas la lune, signé Christiane-de-Radio-Luxembourg. L’article est apparemment destiné à ramener à la raison la lectrice qui, à l’approche de Noël, nourrirait des rêves de grandeur : "Un lecteur m’écrivait récemment : bien des femmes se croient malheureuses ou mal aimées parceque leur mari est moins riche que le voisin !" (…) La femme qui ne peut s’offrir tout ce qui la tente en fait bientôt le reproche à son mari. Et celui-ci, blessé, humilié, se détache d’une femme qui ne lui offre qu’aigreur et amertume". Ca se passe de commentaire.
Se plonger là dedans permet en tout cas de constater que pas grand chose n’a changé dans la presse féminine. Jetons un oeil au rubricage de l’ancêtre de MoVe and Be :
- p.27 :Etes-vous trop grosse ? ;
- p.35 : Jean-Claude Pascal a 30 ans (JC était apparemment un acteur de radio à qui la première question posée en interview est : Vous avez un physique assez réussi. En avez-vous été gêné ? Et si oui, dans quelles circonstances ?)
- p. 36 : Portrait de jeune musicos hype : Henri Salvador ;
- p.29 : Connaissez-vous les oligo élements ?, etc etc etc. Le tout entrecoupé de pubs pour des trucs inutiles, comme Renovator, lotion contre les cheveux gris, ou bien Les petits pilules Carter, pour réveiller la bile de votre foie.
Bon… C’est moi ou pas grand chose n’a changé ?
—Stellou | 13 comments
(posted in the Chiant Sociétal category)
Everything in Its Right Place
juin 9, 2005, 7:37 pm—Stellou | 17 comments
(posted in the Chiant Perso category)
Good to Go
juin 7, 2005, 11:07 am
Il fait beau, il n’est ni tard, ni tôt, d’ailleurs le soleil n’est pas encore allé se coucher. Comme deux mémés, Meriem et Stellou s’embarquent dans l’une de leurs promenades digestives. Elles trottinent, parlent beaucoup, rient autant. Elles raillent un peu leurs personnalités. "On va finir comme les deux vieilles que j’ai vues à Babou", dit Meriem, "tu sais, celles qui vont faire leur course avec des boules à facettes pendues aux oreilles et une choucroute sur la tête". "Hum, on finira ptet folles, ouais. A parler au fantôme de notre chat". Stellou dit que c’est bizarre qu’elles soient tout et son contraire. Meriem dit que c’est les Verseaux, qui sont comme ça.
Elles trottinent aux abords de Notre Dame de la Treille, entrent dans le parc qui se cache un peu des passants. "Hé Mimi ! Regarde la balançoire… On y va ?". Sitôt dit, sitôt fait. « Ah, âge limite 6 ans… » « Bof, c’est pas précisé si on parle de l’âge physique ou mental, hein ». Et voilà nos deux veilles sur la balançoire, qui rient de savoir qu’à tout moment, le jouet pourrait céder sous leur poids. Ca ne dure pas longtemps, hein, quelques minutes à peine. Quelques petits tours et il est déjà temps d’aller voir ailleurs. C’est en sortant du parc que Meriem et Stellou s’aperçoivent qu’un petit attroupement a suivi en direct leurs exploits sportifs. Un peu rouges tout de même, les deux filles sortent drapées dans leur dignité, pendant que les commentaires fusent « Aaah, c’est qu’elles ont changé, elles ont pris des formes, depuis le temps, ça fait plaisir ». « Quand je pense à toutes les tartines de Kiri que j’ai dû lâcher ici… ». Face à ça, on fait quoi, sinon éclater de rire ? « Je crois qu’on est fichées, là » « Ouais. »
Halte sur les bancs de l’hospice Comtesse. Repapotage. « Ca, on pourra plus le faire, hein ». « Non, c’est fini, ça ». Et oui. Finies les rencontres avec des individus bizarres qu’on baptise Jacky l’éventreur. Finis les fous-rires à imiter les petites vieilles lilloises - accent de série, bas anti-varices en option. « Tsé Jackie, y est drôle tin fils, hein » « Kess t’eu dit, Danie ? » « Jdis : y é drôle tin fils ! ». Finies les discutes jusqu’à 2h du mat (« Putain, Jackie. Pourquoi on n’est pas assez bizarres pour les bizarres et pas assez normales pour les normaux ? » « ben… C’est qu’on est verseau »). C’est pas si triste que ça, c’est pas comme si la mimi partait en reportage en Irak (quoi qu’elle en ait l’intention, cette tête brûlée). Mais tout de même…
Hier soir, sur le chemin du retour, je me suis aperçue que juste à côté de la voie ferrée, dans l’une des rues les plus défoncées du quartier, trônait un figuier. Je ne l’avais jamais vu avant. Je l’ai fait remarquer à Meriem. C’est drôle que cet arbre ait poussé là. J’espère qu’elle qui voit des signes partout y aura vu un joli présage sur son avenir ici. Ca m’a en tout cas semblé une bonne façon de conclure l’une de nos dernières promenades de mémés.
—Stellou | 31 comments
(posted in the Chiant Perso, Chiant des autres category)
Kiss Me
juin 6, 2005, 2:11 pmVite vite, on va chasser un peu le dernier post pas pouet. Ce midi, avec Tagadouille, on est allées bouffer dans le riant centre commercial de Biendansmaville. Et quoi qu’on a trouvé ? Du Gloss Nesquik. Oui madame. Sur un site amerloque, on présente ce produit comme le meilleur moyen de retrouver le parfum de l’enfance. Je veux bien, moi, mais tout le monde n’a pas le palais sucré. Ma soeur, par exemple, en guise de souvenir gustatif, je suis certaine qu’elle échangerait pas le saucisson à l’ail contre le Nesquik du goûter.
C’est pourquoi je propose, pour élargir la gamme des parfums et toucher plus de consommateurs :
Le gloss Boursin (pour les amoureux de casse-croûtes à l’ail)
Le gloss Kronenbourg (pour les souvenirs de premières cuites)
Le gloss Sauce Cocktail (pour les chtis nostalgiques de baraques à frite)
Et hop. Ayez, embauche garantie chez Gemey Maybelline.

—Stellou | 54 comments
(posted in the Worldwide Chiant, Chiant Sociétal category)
Little Acorns
juin 6, 2005, 12:00 pmJe me demande si un jour, je me verrai telle que je suis. Je veux dire par là que j’ai tellement fait mumuse avec mon enveloppe corporelle que je n’arrive plus à savoir de quoi j’ai réellement l’air. Qu’on ne me dise pas "y a pas que le physique qui compte, hein, c’est pas si graaaave". Je sais que tout est relatif. Je pourrais ne plus avoir de famille, ni de boulot, ni d’amis et me prendre une bombe sur la gueule. Ok. N’empêche, mets-toi à ma place : c’est un peu comme si j’avais changé de pays si souvent que je ne sache plus vraiment qui je suis.
Au collège, j’étais du genre bouboule et plutôt grande pour mon âge. Quelques années plus tard, j’étais quasiment la plus petite du lot et j’avais fait légèrement rétrécir mon corps au lavage. L’effet Anorexor, la lessive qui lave plus blanc que blanc, même la cervelle. Pendant que j’utilisais ce détergent miracle, je me rendais bien compte que quelque chose clochait, mais j’avais tellement envie de disparaître que l’éventualité de disparaître pour de bon ne stoppait pas mon entreprise de démolition. Et puis heureusement, je suis passé d’Anorexor à Maison Verte et j’ai recommencé à bouffer. Le hic, c’est que comme je surdosais un peu les apports (l’effet Boulimux), je suis passée en peu de temps de quasi sac d’os à grosse dondon. Et hop, une nouvelle image à digérer.
Et puis il y a deux ou trois ans, j’ai commencé à me nettoyer la tête, au lieu de vouloir à tout prix changer le reste. J’ai recommencé à y mettre du dessin, de la musique et des mots. Et paf, finie la boulimie. Ouf. Et paf, quelques kilos en moins. Han ? Et paf, encore une nouvelle image à ingurgiter. Résultat : j’arrive pas à me voir. Ce truc qui me sert de corps me semble à géométrie variable.
Des fois je vois les os de ma cage thoracique qui ressortent là où je devrais avoir des nichons et je me dis "merde putain qu’est-ce que t’as fait, connasse ?". J’ai la trouille, je me dis que ça va recommencer, que sans m’en rendre compte j’ai peut-être remis de l’Anorexor dans la machine. Alors je descends et je bouffe un truc, histoire de me rassurer. Des fois, au contraire, je vois mon gros cul et je me dis "merde, mais y a eu expansion ou je rêve ?" et alors la tentation est grande de faire n’importe quoi. J’ai l’impression d’avoir enfin trouvé un coin où m’installer, mais je ne suis pas certaine qu’on m’ait pas vendue un terrain non constructible. Genre marécageux, inondable ou troué comme un gruyère.
J’ai le contour flou, vindiou. Et aujourd’hui, je sais pas si c’est parce qu’on est LUNDI DE PUTAIN DE LUNDI DE MERDE, mais j’ai le flou encore plus flou que d’habitude.
Génial : vla un post geignard comme on a honte d’en faire (hein, rata ?).
—Stellou | 21 comments
(posted in the Chiant Perso category)
Ring my Bell
juin 3, 2005, 7:43 pmJe m’apprêtais à bloguer lorsque…
(téléfililililipfon ! téléfililililipfon)
"- Allô ?
- Bonjour madame, Lanislas Opercule, pour la société Fricplus. Je réalise une courte enquête sur les lois de la finance en vigueur..
- Ouuuuuh làààà ! Alors là, chuis désolée, je vais pas pouvoir vous aider ! Hu hu-lol-mdr.
- Ah ?
- Oui, si ça avait été une enquête sur les yahourts, j’aurais été en mesure de répondre, mais les lois de la finance euh… Vous me surestimez, là.
- (rires) ah ok, c’est pas grave
- Oui, désolée. Bon courage quand même, hein
- (re-rires) D’accord, merci, au revoir !"
NB : Oui, je réponds gentiment aux télémarketers - t’aimerais devoir harceler les gens au téléphone toute la journée, toi ?
Le pauvre graçon. S’il tombe uniquement sur des individus comme moi, va falloir qu’il en passe, des coups de fils chiants. En tout cas, ce qui réchauffe le palpitant, c’est que le bougre a eu l’air de bien se marrer. Certes, je suppute que c’était plus de moi que de la finesse de mes remarques, mais un rire, c’est toujours bon à prendre.
D’ailleurs, ça me donne une idée : j’essaierais bien de transformer les prochaines enquêtes téléphoniques dont je serai le cobaye en moments Mezrahiques (de Mezrahier : tourner en dérision un procédé de questions-réponses pour provoquer l’hilarité et/ou la consternation). Quoi que non. C’est pas très sympa pour celui qui doit se taper l’enquête. Quoi que si. Au moins, ça va les changer. Quoi que non mais si, mais en fait non : je parie qu’ils en déjà ont plein aux téléphones, des Rapahael Mezrahi.
—Stellou | 15 comments
(posted in the Chiant Perso category)
Lost and Found
juin 1, 2005, 11:51 pmComme tout le monde, il m’arrive de fixer l’icône d’explorer et d’être un peu désemparée. En général, il est passé l’heure de ne pas dormir. En général, j’ai eu le temps d’aller voir mes blogs préférés et d’y retourner pour lire les commentaires postés depuis ma visite. En général, je m’emmerde. C’est alors que je pense aux plus de 8 milliards de pages et aux milliards de milliards de liens qui dorment sous ce logo d’à peine 1cm2.
J’ai soudain le vertige de me dire que des millions de personnes me tendent une pancarte racontant un peu de leur vie/de leur talent/de leurs produits. J’ai le vertige à l’idée qu’en entrant dans la foule, j’ai de fortes chances de ne voir que des visages mornes et des têtes trop hautes, et une toute petite chance de trouver des hommes/femmes-sandwichs qui m’interpellent vraiment.
Lorsqu’ils sont face à ce genre de tergiversations, certains tapent des mots-clés et voient où ça les mène. Moi, je préfère aller du favori de mes favoris aux favoris de leurs favoris, jusqu’à ne plus savoir d’où je suis partie. Je me lance dans une digression qui n’en finit pas, jusqu’à arriver à une conclusion recevable. Bien sûr, souvent, tout ce que j’obtiens, c’est des yeux qui piquent. Mais parfois, je suis récompensée. Comme le jour où j’ai atterri sur le site de Found Magazine.
Ce site, version en ligne du mag papier du même nom, c’est un peu les objets trouvés du web. Des inconnus y déposent ce qu’ils ont ramassé ici et là, pour constituer un immense grenier de vies. Il y a des gribouillis poétiques ; il y a des clichés abandonnés ; il y a des listes étranges… Un zapping d’existences dans lequel on se demande ce qui est vrai, ce qui est faux, ce qui est tragique ou comique.
Quand j’ai vu ce site, j’ai souri, parce qu’il me semble qu’il y a là une belle ironie. Ou plutôt une belle résonance : voici sur le web des traces d’inconnus, liées uniquement par les personnalités de ceux qui les ont trouvées. Des faisceaux de hasard qui rejoignent d’autres faisceaux de hasard. Une jolie mise en abîme. Et tout ça rien que pour moi. Moi et mes millions de compagnons de voyage.

—Stellou | 14 comments
(posted in the Chiant des autres, Chiant Sociétal category)
Héberged par moimoije.com
carrément powered by WordPress 1.5 siouplé
- liens pour aider madmoiZelle : H&M, Zara