Archive for juin 2005

Avalanche

juin 30, 2005, 9:59 am

J’ai croisé 5 personnes en pleurs en l’espace de quelques jours. La première, c’était une jeune femme blonde. Elle est entrée dans le métro l’air désordonné, un bouquin encore ouvert à la main et des sacs plein les bras. Elle avait les yeux déjà rouges et s’efforçait d’écrabouiller les larmes au fur et à mesure qu’elles dégoulinaient de ses lunettes.  S’il fallait lui associer une couleur, je choisirais le bleu.

La deuxième, c’était la caissière du supermarché. Elle pleurait tout en enregistrant les produits des clients et ça avait l’air de durer depuis un moment. De temps à autres, elle arrachait un mouchoir de son paquet et se frottait les joues presque comme d’autres essuient une tache. Sa couleur à elle serait sans doute le rouge.

La troisième, c’était une fille accompagnée de sa copine. Elle est arrivée dans le métro toute essoufflée, un papelard SFR à la main. Elle pleurait à gros bouillons le portable qu’elle venait de se faire piquer pendant que sa copine essayait de la consoler. Sa couleur, ce serait plutôt le vert.

Les derniers, c’était un homme et une femme d’une cinquantaine d’années, toujours dans le métro. Bras croisés, elle pleurait doucement en regardant le vide. Lui se tenait à la barre d’appui, le bras autour d’elle, comme s’il fixait une limite entre eux et les autres. Il la regardait pleurer, puis fixait le vide lui aussi. Son sourire semblait dire "c’est la vie" mais ses yeux disaient tout le contraire. Elle comme lui pleuraient en silence, avec un regard tellement doux qu’il faisait mal au bide. Je connais bien ce regard. Leur couleur à eux, c’était sans doute le noir.

1,2,3,4,5. 5 personnes en moins d’une semaine. Ca fait beaucoup, je trouve. Qu’est-ce qu’ils ont tous, à chouiner comme ça ? La chaleur fait transpirer les yeux, ou quoi ?

Edit d’avant manger : Je crois que je viens de trouver une belle idée de lecture

Edit d’après manger : à la pause café, je me suis lancée un défi : réussir à faire un doigt d’honneur avec le pied. Un doigt d’honneur réalisé avec le deuxième doigt de pied, puisqu’il s’agit chez moi du plus grand orteil après le gros. Oui, c’est technique. Impossible ? Nenni : je commence déjà après quelques minutes d’entraînement à le faire se détacher distinctement de ses camarades, comme s’il avait une vie propre. Si tu y arrives, préviens-moi, on fondera un Club.

—Stellou | 12 comments
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Black Celebration

juin 29, 2005, 9:43 am

Isadora, après avoir été soumise à la question, m’a chargée de répondre au désormais classique questionnaire ciné. Je sais, ça fait deux questionnaires en deux jours sur ce blog. Mais t’inquiète, je m’arrête après celui-là. Juré, craché (si cracher suffit pas, je peux vomir, aussi)

1 - Combien de films tu vois par an ?

Euh… Chais pas. Beaucoup. Depuis toutes jeunettes, ma soeur et moi sommes des bêtes à ciné. Poil au… Ah non, faut que j’arrête de caser Poil au nez partout, ça fait pas sérieux.

2 - Dernier film vu :

Au ciné : Million Dollar Baby. Oui c’est vieux, mais je fais des économies, en ce moment. :( En tout cas, j’ai adoré. J’ai failli dégueuler dans la salle, d’accord, mais j’ai adoré.

En dvd : The Sound of Music, refilé par Yoyo. Yoyo, c’est comme une sœur, mais avec des burnes. Un rouquin baraque qui roule en Ford Fiesta, joue de la guitare comme un Dieu et a une prédilection pour les films délicats comme la rosée-sur-le-pétale-de-rose-du-jardin-de-Byron. Contrastes, quand tu nous tiens.

3 - Film que j’ai vu petite et que j’aimerais revoir

Indiana Jones et la dernière croisade. On allait assez rarement au ciné étant gosses, donc ça m’a marquée. Et puis j’adore ce film, point. Je l’ai déjà vu x fois mais c’est pas très grave.

4 - Lorsque je regarde un film, comment je me comporte

Si je suis toute seule au ciné, je me blottis dans un coin pour pouvoir chouiner quand c’est triste, rire quand c’est drôle, et voir comment réagissent mes camarades.
Si je suis avec des amis, je me retiens un peu, histoire de pas passer pour une cruche.
En général, pourtant, je me plonge totalement dans le film, au point de reproduire les mimiques des acteurs sans le vouloir (c’est génétique. Ma mère le fait aussi ainsi que ma soeur - si, tu le fais, patate !- , même devant Les enquêtes d’Eloïse Rome).

 5 - Mes 5 films préférés

Impossible. Je sais que j’aurais changé d’avis dans cinq minutes. Pis les plus récents me reviennent en tête au détriment des autres… Bon. Je vais faire des paires opposées, comme ça j’en case un poil plus. Je vous passe les commentaires, chuis charitable :

Eternal Sunshine of the Spotless Mind vs Dumb and Dumber
La liste de Schindler
vs Spinal Tap
Diamant sur Canapé
vs La famille Tenenbaum
Lost in Translation vs La vie de Brian
L’Etrange Noel de Mr Jack
vs La rose pourpre du Caire

Je me rappelle aussi les moments passés avec ma sœur à l’époque où on partageait le même appart…Quand on allait se défouler avant ou après un exam, en se plongeant dans un bon film. En sortant de la salle, on avait en général exactement le même diagnostic :  bercées par A la verticale de l’été, intriguées par Dans la peau de John Malkovitch, ou encore scotchées par Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Précieux souvenirs, tout ça. Plus récemment, dans les bons souvenirs, y a aussi eu  Sideways et Tout peut arriver ou encore Aviator et Fight Club, vu avec mon frère et approuvé par tous deux. Ah merde. Maintenant faudrait que j’ajoute aussi Kill Bill. Fait chier. Je savais bien que j’arriverais pas à choisir…

Voilou. Comme j’avais déjà répondu à un questionnaire mizik sur mon vieux blog, j’en suis à 3 questionnaires. Je me contenterai donc d’une trinité. Si tu veux reprendre le bébé… ;)

le_cine_est_bon_pour_les_jeunes.jpg

—Stellou | 13 comments
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Stripped

juin 28, 2005, 10:16 am

Alors d’accord. le questionnaire concocté par Angel a déjà été complété par des blog stars de tout poil. Mais c’est pas grave, je m’y colle quand même pour passer le temps.

1 - Comment tu butes les moustiques :

Comme l’a dit un jour Chuck Norris, "je mets les pieds où je veux… Et c’est souvent dans la gueule". Ayant suivi l’enseignement du maître avec assiduité, j’envoie le moustique en enfer d’un coup de tatane. Toujours sur les conseils de Chuck, je suis en train de tester une nouvelle tactique, qui consiste à paralyser la bête par la simple force de la pensée.

2 - simple, double ou triple ?

Je fais toujours un double noeud à mes lacets et ce, depuis la maternelle.

3 -  La vie la mort les vaches, oui mais toi?

Ben… Toutes mes excuses aux vaches mortes pour me filer un steak. Je leur propose qu’on règle ça en bonne et due forme dans le pré situé en face de chez mes parents lorsque je me serai réincarnée en bovidé. Ca va chier, nom d’un bousier.

4 - quel rayon ?

Infra rouge ?

5  - Cite quelqu’un que tu trouves médiocre, voire pourri des fesses (sauf moi, sinon, baffe!)

Moi, souvent. Ce matin même, d’ailleurs (en plus j’ai oublié mon flash de whisky, ça va être dur de tenir toute la journée au bureau)

6  - Faim bordel, mais de quoi?

De reconnaissance. Je pourrais dire "d’amour" mais paraît qu’on peut pas être aimé si on s’aime pas soi-même. C’est pathétique, hein ? M’en fout si t’es pas content, je t’arrache les poils du nez un à un à la pince à épiler.

7 - Un mot pas joli mais qui fait plaisir à dire

Bordel de merde de bordel à cul de bordel à chier.

8  - Qu’est ce que tu vois?

Un bureau rempli de gens qui s’agitent sans savoir pourquoi ils s’agitent.

9  - Tout(e) seul(e) sur une île déserte…

Bah j’imagine que ce serait entièrement de ma faute. Comme dirait Fab, je travaille dur pour faire le vide autour de moi, poil au bras. M’enfin quand même, une île déserte… Ca pourrait pas plutôt être un appart en ville ? Au moins je pourrai avoir la TNT, comme ça. Pour regarder Direct 8, ma chaîne préférée.

10  - Un navet, un qui est moisi dedans, grave

Bah… Le Pacte des Loups, tiens. Pour citer un navet qui m’a vraiment ballonnée. Et sinon, un navet pour d’autres, mais un film culte pour moi : Dumb and Dumber, qui reste à ce jour l’un de mes films préférés.

11 - Un enfer ?

Perdre tous ceux qui comptent pour moi, mais ça, c’est pareil pour tout le monde. Ne pas réussir à atteindre l’objectif que je me suis fixée, maintenant que j’en ai enfin un.

12  - Un secret (bon ok après tout le monde sera au courant, mais faut savoir payer de sa personne)

Euh… Mon premier concert, c’était Roch Voisine à Jeumont en 1992 avec Psy en première partie. Ca suffit pas ? Ok. Quand j’étais jeûûne, j’étais pas juste amoureuse de Patrick Bruel, Magnum et Mac Gyver. J’étais surtout follement in love avec le flic d’Hawaï Police d’Etat. Oui, le vieux avec des cheveux de Playmobil.

13 - Fais un bisou

Ok.

14 - T’as fini didon, tu te sens….

Curieuse. Curieuse de savoir ce que Fab, Spry, Ratatouille, Sosou et Super-euca vont faire de ce questionnaire. Bien fait pour eux. J’allais pas le refiler aux guguss qui gravitent autour de Super Tongs Girl, de toute façon à mon avis, ils ne devraient pas avoir besoin de moi pour hériter du questionnaire. hin hin. Donc j’ai préféré torturer ces victimes innocents qui roupillaient peinardes dans leur hamac bloguosphérique. :)

faut_etre_beau_pour_le_questionnaire_hein.png

—Stellou | 18 comments
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Undecided

juin 26, 2005, 12:43 pm

Mes dimanches commencent toujours à l’heure où les glaçons tombent dans le Ricard. C’est con, ça signifie que je loupe toujours l’apéro. Remarque, ça tombe bien, j’aime pas le Ricard. Et puis j’aime bien me dire que mon dimanche est un peu en retard sur celui des autres. Ca me donne l’illusion de vivre sur mon propre fuseau horaire.

Souvent, je mets le café en route sur fond de barbecue, ou bien j’ouvre la porte à mes voisins alors que j’ai pas quitté mon pyjama, et je vois à leur tête que la mienne doit pas avoir l’air très dynamique. C’est pas grave : ce sont les charmes de la vie en courée, poil au nez. Une fois le café passé, je mets un point d’honneur à faire traîner le petit déjeuner. Ma tactique est simple : plus tu bouffes, plus ça dure. Je mange donc beaucoup le dimanche matin. Kubiac is my home boy, baby. Je finis donc mon dernier bol de café au moment où d’autres vont s’en accorder une tasse. Puis, telle un ruminant qui aurait abusé des graminés, je me traîne jusqu’à ma chambre et je me laisse tomber sur mon lit pour y digérer peinarde.

Là, je fixe la tâche de lumière qui tombe sur le parquet de ma chambre à cette heure de l’après-midi. C’est à ce moment précis, les petons bercés par les bruits du quartier, que je décide si ma liste de choses à faire va ou non être gravement amputée. Quelque soit la réponse, je sais que les heures qui me restent vont être assez sympathiques, merci. Vois-tu, camarade, y a rien de mieux qu’un dimanche commencé au ralenti pour pour faire rugir le moteur.

… Dire qu’avant, j’aimais pas le dimanche… 

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Achille’s Last Stand

juin 24, 2005, 8:38 pm

Grâce à Fab, j’ai enfin vu Kill Bill. [Attention malheureux, digression à tribord !] J’ai une fâcheuse habitude : je rate en général la plupart des films que j’avais l’intention de voir. Je me ratrappe ensuite, d’accord, mais ça n’est pas assez pour m’éviter le ridicule. Le ridicule de la fille qui bouffe de l’info sur le ciné à longueur de temps et qui, après avoir tanné tout le monde avec un film, finit par être la seule à ne pas l’avoir vu. [Ca y est moussaillon, tu peux te rasseoir sur ta barique de rhum]

C’était le cas de Kill Bill ouane énd tou, que j’avais envie de voir, mais en même temps pas. Pourquoi donc ? [Attention, une parenthèse à babord] Parce que je n’arrive pas à mettre de distance entre l’écran et moi. Quand on découpe une tête, j’ai l’impression que c’est la mienne qui roule au bas de l’écran. Si le personnage souffre d’une maladie grave, je me sens oppressée dans mon fauteuil. C’est comme ça que je me suis trouvée à deux doigts de l’évanouissement à partir d’une certaine scène de Million Dollar Baby. Ca craint du boudin. Tu passes tout de suite pour l’une de ces corsetées de l’ère victorienne qui ont pour seule réplique "Vite, mes sels !" et "Diantre, je me pââme !". Et surtout, tu rates un tas de films et de bouquins incroyables. Sachant que Tarantino se shoote à l’hémoglobine et ayant lu pas mal de trucs sur Kill Bill, j’ai logiquement hésité à le voir en salle… jusqu’à ce qu’il soit trop tard.[C’est passé, mon brave, tu peux te remettre à fouetter les prisonniers.]

Donc, disais-je avant d’être interrompue par moi-même, j’ai enfin vu Kill Bill. Après les premières minutes, qui amochent sacrément le crâne de Black Mamba, je me serais bien vue déclarer forfait (Stellou pas aimer qu’on endommage cerveaux). Mais nenni : les deux films sont passés sans troubles gastriques. Je passe sur l’analyse du film, que je laisse à des gens compétents. Ce que j’en retiendrai, c’est l’une des premières répliques de Bill. Le "Tu me trouves sadique ? Et bien sache qu’en ce moment même, je suis au pic de mon masochisme" (me rappelle plus, je l’ai vu en angliche). En deux phrases, tout un film emballé pesé décortiqué. A mes yeux, rien que pour ça, ça valait le détour (ah non, pas parler d’oeils, ça me rappelle des scènes qui… erk. argh, vite une cuvette)

—Stellou | 17 comments
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Song for the Deaf

juin 23, 2005, 11:38 am

[Attention, post long. Se munir d’une boisson fraîche et d’un oreiller]

Etant donné que je fuis les JT comme la peste, je me tiens au courant de l’état du monde (enfin "monde"…) grâce aux journaux en ligne et surtout, grâce à mon bon vieux poste radiophonique. C’est une habitude solidement ancrée dans la famille que d’accompagner tartines et valoches sous les yeux d’une voix radiotransportée. Je l’avoue, à cette heure de la journée, j’ai l’attention qui gambade encore sur l’oreiller, si bien que je n’entends qu’un brouhaha de termes dont j’essaie de tirer quelquechose. Par contre, en bonne bête de pub, je bouffe les spots radio sans problème.

J’attaquais ainsi ma cinquième tartine à la confiture lorsqu’une pub pour France Télécom s’est rappelée à mon bon vouloir (nom d’un Solex, cette expression est-elle utilisée à bon escient ?). Un monsieur à la voix sympathique t’y explique pourquoi maintenant, juste après douche et brossage de dents, il faut que tu essaies le signal d’appel et la présentation du numéro. Le monsieur te donne un exemple : imagine que tu sois en ligne. On t’appelle : c’est ton fils, qui vient de rater le bus qui devait le conduire aux épreuves du bac. Tu rates son appel. Résultat : il rate la philo coefficient 7, il rate son bac, il (… chépukoi….), voire pire : il devient comédien. C’est pas ça que tu veux, hein ? Non, c’est pas ça que tu veux. La vache. L’angoisse sonne toujours deux fois. Tous les parents un tantinet soucieux de l’avenir de leurs bambins flippent comme des malades, culpabilisent en se disant qu’ils ne donnent pas assez de protéines à leurs rejeton, ou pas assez d’amour, ou pas assez d’attention, ou pas assez de coups de pied au cul… Enfin pas assez de quelque chose. Et là, en pleine période d’exams (bon, ici, c’est un peu périmé, y a plus que le rattrapage en ligne de mire), voilà qu’on ajoute aux parents une source d’angoisse : et si la chair de ta chair arrivait pantelante aux portes d’une salle irrémédiablement close par ta FAUTE ! Sale unité parentale ! Espèce de géniteur indigne de toute descendance ! Ca me fait mal au dedans de moi-même, tant de haine.

Quant à la dernière ligne - attention, si tu fais pas gaffe, ton fils, y sera comédien- , elle me laisse songeuse. Plus ça va, plus à la lumière de cette phrase, je me dis que la pub entière est au troisième degré. Ptet que les auteurs de la pub avaient eu une sale journée. Ca faisait cinq fois que le client rejetait leurs audacieuses créations, quand en papotant devant le distributeur d’eau, l’idée de génie leur est venue :
(…)
- Mon idée de chien qui parle, elle était bonne, pourtant. Y a plus d’audace en ce monde.
- Ouais. Le système pue du cul, mon vieux… Mais des fois, on peut l’enculer sans même qu’il le sente passer.
- Hein ? Et comment ?
- En se foutant de la gueule de tes vieux.
- Ah ben ça, y a matière ouais. Mais essplique, je vois pas bien.
- Ben… Tu voulais être acteur, j’ai bon ?
- Ouais, ouais. J’avais fait forte impression dans le rôle de Canigula, dans Le chien dictateur, la pièce de Bjorn Katapült. Mais je… Vois toujours pas ce que…
- … Pourquoi t’as arrêté ?
- Mes vieux m’ont coupé les vivres et j’ai le dos trop fragile pour bosser au Mac Do.
- Et alors, t’as fait quoi ?
- De la com.
- Voilà. Viens dans la salle de visioconf’, j’ai une créa à t’exposer.
- Tu… Tu vas pas encore me montrer tes fesses ?!
- Mais nan, hein. Ca c’était pour le 1er avril. (…)

Et nos deux pubeux de mettre au point un spot qui, tout en parlant aux angoisses de milliers de parents préoccupés par la sécurité de leurs rejetons, moquerait en fait cette obsession pour un avenir réglé au micromillimètre et filerait au passage une bonne tape dans le dos à tous les jeunes et moins jeunes dont on a détourné la précaire vocation. Le double effet kiss cool. Ha !

… En même temps, j’y crois pas moi-même. En même temps, j’aurais fait pire à leur place. Je m’en vais donc me fouetter avec le combiné du téléphone pour effacer cette critique vile autant que facile.

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—Stellou | 15 comments
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I Will Follow

juin 21, 2005, 12:26 pm

Approche un peu ?… Pardon, je t’ai frappé. C’est que t’avais un moustique sur le bras, mon bon ami. Cas de force majeure. D’ailleurs, pour t’éviter tout désagrément sur ce blog, je compte bien faire l’acquisition d’un plant de citronelle. Non, ne dis pas que ça ne sert à rien : on m’a toujours dit que ça repoussait les stoumiks.

Au pire, ça sentira bon. Pis moi, la citronelle, j’aime. Ca me rappelle la maison de ma mère grand : y avait toujours un énorme pot de citronelle dans l’entrée, c’est pourquoi j’associe cette odeur à la fraîcheur qui régnait dans la pièce. Suffit que je visualise le marbre noir, la petite console en bois et  la citronelle dans son pot ciselé pour que le contraste entre l’air chaud du dehors et la fraîcheur de la maison me revienne sur la peau. J’ai du bol, je crois : les maisons de vieux, paraît que ça sent pas toujours bon ; celle de ma mémé, par contre, c’était le paradis de la narine. Un paradis légèrement exotique. Je m’en rendais compte chaque fois qu’on devait aller dire bonjour aux voisines, deux soeurs que je trouvais très vieilles alors qu’elles ne devaient pas être beaucoup plus âgées que mon ancêtre à moi.

Chez l’une, y avait des danseuses étoiles dans des bouteilles, de vieilles tapisseries, des pendules à tic tac et des odeurs de renfermé. Chez l’autre, y avait beaucoup de noir, beaucoup de noir et… Beaucoup de noir. Enfin c’est le souvenir que j’en ai. Alors que chez ma mémé, y avait des statuettes africaines, des plantes vertes partout, des noix de coco creusées, des babouches sur le mur de notre chambre et du Shalimar dans les armoires. Les voisines, elles me paraissaient proches de la tombe, déjà ratatinées. Ma vieille à moi, elle se maquillait tous les matins avec le même soin. Elle attaquait sa tignasse avec le même juron devant la grande glace de la salle à manger et finissait toujours par un constat de défaite du genre "ah mes cheveux c’est du crin de cheval". Ensuite, elle nous coiffait ma soeur et moi et nous mettait quelques gouttes de brillantine dans les cheveux. On lui disait souvent qu’elle faisait au minimum 10 ans de moins que son âge et son oeil luisait toujours de plaisir à cette remarque.

Les voisines, je crois qu’elles avaient renoncé à être des femmes, alors que ma grand-mère n’a jamais voulu être rayée de la liste. Je crois. On n’a pas eu l’occasion d’en parler, puisque j’avais 12 ans quand elle est morte. Mais d’aussi loin que je me souvienne, je l’ai toujours vue classe, alors qu’elle n’avait pas la patrimoine de Nadine. Je la revois encore en train de m’expliquer comment elle arrivait à "être coquette" dans sa situation, les "trucs" qu’elle avait, ses astuces digne d’un Mac Gyver en escarpins.

Je me marre surtout en pensant au contraste qu’il y avait parfois entre son apparence et ce qu’elle disait. L’une de ses expressions fétiches, c’était "tu vas pas me casser les glaoui", ou un truc de ce genre (tu auras pigé ce que désigne le mot, hein) et d’autres idiomes dont je ne connaissais pas la signification. Récemment, mon père m’a expliqué que quand il était petit, pour éviter que les gosses entendent ce qui n’était pas de leur âge, les femmes du village parlaient en espagnol, histoire de garder pour elles leurs histoires de filles. "Moi tu parles, je comprenais quand même hein. Et je peux te dire que c’était salé". Ouaip, tu m’étonnes… Quand je repense à ses expressions, je me rappelle automatiquement ce sourire malicieux qu’elle avait et surtout son rire, qui lui bouffait totalement les yeux. Et à chaque fois que je pense à tout ça, je me sens rassurée. Rassurée de voir que dans ma famille, il semble qu’on meure sans avoir eu le temps d’être vieux.

Putain, tout ça à cause d’un moustique. Ah ? 12h20 ? Mangééééééééér !!!

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Shiny Happy People

juin 20, 2005, 11:13 am

Chu de mauvais poil, ce matin. Alors attention, va pas falloir me chercher des tiques. Toi ça va, tu risques rien, l’écran te protège intégralement (un écran total, ha ha ha ha. Pfff). Mais toi, passant inconscient, je te préviens : j’ai de la mandale en stock. Une réflexion et c’est ma sandale (ouh, je suis poète ce matin). Pourquoi ? Je sais pas. D’ailleurs, ça te regarde pas. Disons que ça a ptet un rapport avec le fait que je me sois endormie qu’à 3h30 du mat. Ou ptet que c’est dû au fait que j’aie envie de m’arracher la gueule avec la prestance d’un des lézard de V. Ou ptet que c’est parce que je retrouve plus mes sandales préférées. Ou ptet que c’est parce que je vais devoir affronter le supermarqué ce soir. Ou ptet que je voudrais être pieds nus sur une terrasse avec un bouquin au lieu d’être ici et maintenant  (hic et nunc. Cultive ton latin, visiteur inculte).

Nom d’un poil de gnou, quel étrange phénomène : hier soir, j’étais bien, pourtant. En terrasse avec fab, cath et caro, à tenter des triples rots piqués et des éructations en deux tons. Cool, dans la douce odeur de lardounets du barbe-cul. Après un week-end génial… Avec toutes ces ondes positives en stock, tout devrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, non ? Qu’est-ce qui a pu se passer pour que je…
….
….

Ah ça y est, je sais : on est lundi.  Han. Ca va chier.

fais_pas_chier.png

Edit : Hier, chez Fab, Caro et moi avons créé un prototype d’accessoire révolutionnaire, ici porté par Fab (je précise hein :p). D’après Caro, c’est une ceinture de chasteté pour orteil. Moi j’y vois un attirail sado-maso pour pied.

aille.png

Et en exclu, les fesses de fab près du barbecue, immortalisées par l’objectif de Caro (notons bien le nombre de mots-clés intéressants qui figurent dans ce paragraphe.  Je connais des petits malins qui vont faire une drôle de tronche en arrivant ici. :) )

oooh.png

—Stellou | 13 comments
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Walnut Grove Session

juin 18, 2005, 9:59 pm

- Et donc, vous avez pataugé dans la vase et montré vos fesses à la nature environnante ?

- Oui.

- Ca vous arrive souvent ?

- Ben quand j’étais petite, chuis allée à l’école sans culotte une fois, mais…

- On s’éloigne du sujet, là.

- Oui. Non mais je m’explique : j’étais résolue à passer le week end à Lille pour avancer sur mes euh… « projets ». Sauf qu’après avoir fait un tour en ville et ouvert trois fois un nouveau document word, je me suis rendue à l’évidence : ce serait encore un week end no idées. Alors j’ai décroché le téléphone et appelé à Walnut Grove. J’ai prévenu que j’arrivais et voilà. Une heure et demi plus tard, mon frère et moi étions dans la 205 familiale, direction la baraque à frites pour ravitailler ma mère et ma sœur qui crevait de faim et avait d’ailleurs envoyé un texto qui disait…

- Faites court, hein. J’ai pas que ça à foutre, pis y a déjà plus personne sur le blog, là.

- Ca va, ça va. Je contextualise, que ça s’appelle.

- Ben contextualisez, mais faites-le bien, alors. J’ai l’impression de regarder 100% questions, là.

- Ouais. Ouais… Donc je dis pas ce qu’on a fait vendredi soir, toute façon c’était pas vraiment palpitant… Enfin pas comme si j’avais rencontré Demis Roussos à Shopi ou… Et euh… Bref. Aujourd’hui samedi, après avoir bouffé dehors et lézardé sur la pelouse, avec ma frangine et mon frangin, on a fait ce qu’on avait envie de faire depuis des semaines : aller piquer une tête dans l’étang et faire les cons sur notre matelas gonflable.

- Et ?

- Et ben comme j’avais pas mon maillot de bain, j’en ai mis un qu’on mettait à 12 ans. D’où effet string.

- C’est pas vraiment montrer ses fesses, vous enjolivez, là.

- Bah c’était un peu quand même.

- Non, franchement, non. Y a vraiment pas de quoi en faire un épisode de blog.

- Oui mais en même temps, on avait l’air tellement con que si je deviens une star, les photos vaudront de l’or.

- Vous pensez vraiment que ça va arriver ?

- Non.

- Donc, ce récit est bien sans intérêt.

- Oui. Mais en même temps, je peux faire pire.

- Je m’en doute, Stellou, je m’en doute.

Voilà. Si avec ça, je remporte pas les Raspberry Awards des blogs, j’y pige que dalle.

—Stellou | 16 comments
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You think I ain’t Worth a Dollar but I Feel like a Millionaire

juin 17, 2005, 3:47 pm

Si je devais semer des mots-clés pour entraîner les autres vers ma soirée d’hier, je leur laisserais la liste suivante :

Petit frère
Anniversaire
20 ans - 2 jours
Amis
Mum, Dad, Sis’, Bro’
Sourires
Surprise
Ampli
Apero
Bob rocks
Guitares
Larmiches
Photos floues
Chansons
Fous-rires
Gâteau
Playlist
Born to Party
Imaginations
Au revoir
Et encore plus pour la suite

A eux ensuite de trouver le texte qui les contiendrait tous. Si vous saviez à quoi ressemble celui que j’ai dans la tête… :)

il_a_grandi_le_petit_1.JPG

Et oui, je fais des photos floues. Et alors ?

—Stellou | 21 comments
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