Archive for mai 2005
The Air Near My Fingers
mai 30, 2005, 8:45 pmQuand j’ai du mal à dormir, jouer un motif au piano encore et encore finit par me calmer (je me saoûle moi-même, en gros). La plupart du temps, je m’invente un truc pour l’occasion. Le hic, c’est que trente minutes après avoir fini, je ne me rappelle même plus de ce que j’ai joué. D’où des scènes du type :
"Hé, frangin, on joue ?
- Ah ouais ! Quoi ?
- Euh.. Ben j’avais trouvé un truc au piano mais…
- mais ?
- je m’en souviens plus du tout.
- …
- Pas taper."
C’est pourquoi, maintenant, j’essaie d’enregistrer le bazar. Comme je suis Maso, je vais même en mettre un peu en ligne. Celui-là est super répétitif (j’ai une excuse : euh.. C’est pas fait pour être joué sans rien tout seul) et on dirait du Obispo. Mais je ne puis me dissimuler derrière une phrase du type "alors euh, c’est pas le plus mieux, mais je l’ai mis quand même". Parce qu’en fait, je l’aime bien, moi. Chuis une vraie guimauve, j’y peux rien. Allez hop : rigole un peu, mon neveu (faut monter le son à fond, sinon on entend rien. Ché po ce que j’ai foutu)

Ah et puis, en revenant de Paris, j’ai vu que sur les consignes de sécurité incendie du métro lillois, on pouvait lire l’ordre suivant : "1 - Ne paniquez pas ; ne criez pas au feu". Bon. "A l’aiiiiide !!!" "Ca craaaaame !!!", "Barbecuuuuue !!", on peut. Mais pas "Au feu". C’est retenu.
—Stellou | 27 comments
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At your Feet
mai 27, 2005, 2:42 pmQu’Angel soit rassurée : il existe des parents qui laissent une totale liberté de mouvement à leurs morveux. La preuve : la scène béatitude totale à laquelle j’ai assisté ce midi, en plein Centre commercial Euralille. A ma gauche, une manman en tongs-jupe-débardeur, à ma droite, un morbac de deux ans à tout casser. Sa particularité ? Il avance pieds nus et légèrement hésitants, un immense sourire au lèvres. De ces sourires qui disent "ah putain, chuis à l’aise, là, vindiou de vindiou !". On voit bien qu’il jubile. De temps à autres, il jette un coup d’oeil à maman, qui lui renvoie un regard d’encouragement. Il est heureux, maman est heureuse qu’il soit heureux, il est heureux qu’elle soit heureuse qu’il soit heureux.
C’est pas beau, ça, Dame Angel ? Non, ne me réponds pas que le petit va se chopper une angine, hein. Fais pas chier. En tout cas, l’entousiasme du gamin fut communicative. En voyant ces petits pieds tiptaper le sol, je me suis rappelée ce que ça fait de marcher pieds nus quand tout le monde a les orteils encagés. Et l’espace d’un instant, j’ai eu moi-même l’impression d’être pieds nus, donc d’être bien.
…
Merci madame, d’avoir laissé votre fils marcher sans chaussures.

Edit : je viens d’apprendre que le bassiste de Dolly est mort hier. Gné.
—Stellou | 18 comments
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Do you Read Me ?
mai 26, 2005, 1:38 pmPuisque Dame Ratatouille m’a refilé le bébé après avoir dressé une liste achtement bien, je m’y colle. Je sais que certains vont finir par se lasser de ces listes, mais tant pire.
1 - Combien de livres lisez-vous par an ?
J’ai un sacré problème avec les chiffres, alors je suis incapable de quantifier mes lectures. Mais je dirais beaucoup, en moyenne.
2 - Quel est le dernier livre que vous ayez acheté ?
J’en ai acheté deux d’un coups : Eleanor Rigby, de Douglas Coupland, et Dr Mukti and Other Tales of Woe, un recueil de nouvelles de Will Self. Le premier, j’ai déjà dit ce que j’en pensais ; le deuxième, je n’ai fait que l’effleurer pour le moment…
3 - Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?
Ben Eleanor Rigby. Donc je vais pas en refaire une tartine. Hu hu.
4 - Listez 5 livres qui comptent beaucoup pour vous ou que vous avez particulièrement appréciés.
Alors ça c’est dur. Parce qu’on aurait tendance à citer les plus récents… Bon alors je dirais les nouvelles d’Edgar Poe, qui ont réussi à me faire passer quasiment de Picsou Magazine et Special Télé aux romans. En vla un.
Hum… Les Corrections, de Johnathan Franzen, qui m’a remué les tripes : passées les premières pages, impossible de ne pas s’attacher, de ne pas s’interroger. J’aime ce genre de bouquins : ceux qui attirent l’attention sur des questions importantes, au décryptage des ptites fourmis que nous sommes. Et de deux.
J’aurais envie de citer Nick Hornby, mais pour ceux qui me connaissent c’est un peu l’évidence, alors cherchons ailleurs… Ah oui : The Bell Jar (La cloche de détresse), de Sylvia Plath. Tu vas me dire que c’est pas gai, puisque la dame s’est suicidée et que ce roman, c’est un peu sa dépression passée à la loupe. Mais tu vois, j’en garde une impression de libération. Comme si en lisant ce bouquin très très noir il y a quelques années, j’avais fini par piger un truc. Je ne l’ai pas relu depuis, et j’aurais peut-être un avis différent aujourd’hui, mais The Bell Jar m’a aidée à accepter que certains ont dans la tête une espèce de mélancolie qui ne les quittera probablement jamais.
Etrangement, je n’ai pas refermé le roman complétement anéantie. J’ai juste assumé le fait de basculer en permanence entre le sombre et le lumineux. J’ai commencé alors à essayer de laisser le sombre s’installer quand il en avait envie en l’observant avec une certaine distance. Une certaine tolérance. Et puis j’ai essayé de faire en sorte que le lumineux vienne s’insinuer de plus en plus. Peut-être avec moins de fracas et de gueulardise que le sombre. Par petites touches. De plus en plus souvent. Bien sûr, je ne vais pas aller dire que j’ai eu des phases à la Sylvia Plath, hein, oh la. J’imagine que je ne serais plus là pour le dire, de toute façon. Non, c’est juste que ça m’a aidée à porter mon petit baluchon. Au fond, je crois que c’est ce que je cherche à chaque fois que je commence un bouquin.
Hem. Sacrée tartine, là. Pour le troisième, je dirais A Patchwork Planet, d’Anne Tyler, qui m’a laissée un agréable soleil dans la tête. Bon, là j’ai fait vite, c’est bien.
Un quatrième. Hum. Là, j’ai un souvenir très présent dans la tête : c’était quelques lignes de Camus dans le recueil Noces - l’Ete. Enfin je crois. Il décrivait l’Algérie et j’ai pigé quelque chose. J’ai entendu mon père me parler de ce pays, ça s’est ajouté aux odeurs et aux couleurs qu’on aurait pu toucher tant elles étaient bien décrites et j’ai chouiné mon seau quotidien. C’était comme si, alors que je n’avais jamais eu que les impressions de mon père sur ces paysages, j’avais un "témoin" supplémentaire. Et quel témoin.
Le dernier, enfin. Gné, c’est chiant de choisir. Ah ben je vais ajouter une touche de sourire, parce que pour l’instant, c’est très pas drôle. Un jour, dans un marché aux livres, je suis tombée sur l’un des romans de PG Wodehouse. Ca avait l’air de sentir la naphtaline, je me suis dit "allez hop". C’était Joy in the Morning. J’ai été frappée par la fraîcheur et le côté moderne de ce bouquin. Y a là-dedans un monde au sein duquel aucun problème n’est vraiment grave. Un univers drôle, frais, bourré de quiproquos… Miam. :)
5 . A qui allez-vous passer le relais (3 blogs), et pourquoi ?
Ben là, je vais avoir l’ai un peu ridicule, parce que pas mal de gens dont je fréquente les blogs ont déjà répondu à ces questions. Quant à mes amis amateurs de lecture, pratiquement aucun n’a de blog. C’est con. Bon. Ben je passe le relais à qui veut le prendre alors. Comme ça, j’ai pas d’emmerdes. Han, comment je fais de l’anti-jeu, moi…
—Stellou | 18 comments
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The Perfect Fit
mai 25, 2005, 2:50 am[Attention ! Les lignes qui vont suivre risquent de provoquer de fortes somnolences chez le sujet moyen, des nausées et vomissements chez le sujet xenolinguophobe]
Des fois, je fais la Jean-Claude Vandamme : je suis dans le métro, affable et endormie, quand soudain, Paf ! Un écart facial. Nan hein, c’est pas ça. Ce qui me rend parfois proche de JC, c’est le fait d’oublier momentanément des termes français. Tiens, la dernière fois, c’était chez Fab. Je feuilletais des magazines pour bonzommes, affalée sur le canapé, quand je suis tombée sur une pub assez étrange pour des implants capillaires. La photo, en particulier, était à régurgiter son goûter. J’ai donc cherché le mot adéquat pour traduire ce mal être. Mais tout ce qui est sorti c’est "Aaaaah ! Mais c’est… C’est sickly !!" Ce qui signifie à peu près "gerbant" ou "malsain", enfin si je me souviens bien.
Bien entendu, Fab a cru que je me la pétais, et pourtant non : c’est juste que j’ai eu un trou, et tout ce qui m’est venu sous la main pour le reboucher, c’est un mot d’angliche. Ce qui m’a étonnée, c’est que je ne me rappelais même pas connaître ce mot. C’est quand même un phénomène fascinant. Non ? (tu pourrais au moins faire semblant d’écouter, hein) Donc, disais-je, à mes yeux, c’est fascinant. On dirait que depuis quelques années que j’ai arrêté de pratiquer l’anglais à hautes doses, mes capacités linguistiques me flottouillent dans la cervelle et reviennent de temps en temps polluer ma plage. Chuis peinarde en train de noter un truc et blam, une vieille chaussure. En train de réfléchir et pof, un sac plastique. Des expressions me reviennent en tête à l’improviste. "Hi Stellou, old fart !", qu’elles me font. Et chuis d’autant plus heureuse de les revoir que je ne me souvenais pas de leur existence.
Ca c’est cool, yeah, waleuguéne. Le hic, c’est que le phénomène inverse se produit aussi. Je parle anglais, je suis lancée dans ma phrase quand tout à coup, un blanc de blanc de chez Ripolin. Je suis CERTAINE de connaître l’expression qui traduirait parfaitement ma pensée… Mais je sais pas où elle est. J’ai l’intuition qu’avant, elle était sur l’étagère, près d’un stock de chansons de Dalida mais… A pu. Forcément, dans ces cas là, t’as l’air con. Tu restes la bouche ouverte, d’autant plus désemparée que t’avais rien prévu en remplacement. Comment traduire ce sentiment angoissant… Disons que c’est un peu comme quand tu descends à la cave chercher une mousseuse et que tu t’aperçois que ton pack de Kro et vide. Alors que tu aurais juré qu’il restait au moins une canette dedans. La déception totale.
C’est pas flippant, ça ? Non, pas d’être à court de bière, patate : oublier qu’on sait. Ou savoir qu’on savait, mais avoir oublié ce qu’on savait (ha ha ha. Vandamme est mon maître). Ca fiche le tournis, non ? Si. Mais c’est rassurant, aussi : je me dis que les mots que j’aime tant ont peut-être échappé au sanibroyeur. Je me dis qu’avec de la patience, je retrouverai le lien qu’on avait fini par tisser, l’anglais et moi. Qui sait ? Ptet même qu’un jour, je rêverai à nouveau en anglais… Ca accentuerait sans doute mes crises de Vandammisme mais let’s face it : ce serait fucking great.
—Stellou | 12 comments
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Shame on You
mai 23, 2005, 1:19 pmCe matin, je me suis levée, j’ai pris mon petit déjeuner, j’ai senti que dans ma tête régnait le calme d’un Auchan le premier jour des soldes, alors je suis retournée me coucher. Il a plu un peu, ça a fait deux trois clatchac sur mon Velux, j’ai roupillé. Quand j’ai émergé, j’ai vu qu’il devait faire assez beau dehors mais ça m’a juste donnée envie de rester pour toujours sous ma couette. Au chaud, sans choses à faire, rien qu’à se laisser couler. Mais voilà, j’étais déjà trop réveillée pour ne plus penser, alors j’ai pris un bouquin. Encore. Eleanor Rigby, de Douglas Coupland. Encore.
Je viens de le terminer. Je crois que je vais lui écrire une lettre de réclamation à celui-là : pourquoi faut-il que je chiale à la fin de ses bouquins comme une mémé devant les mélo d’M6 ? C’est limite Pavlovien, comme phénomène : j’arrive à quelques pages de la fin et plaf, torrent de larmes. Bien entendu, y en a dans le lot que j’ai pas trouvé si capitivantd que ça, mais Eleanor Rigby… Heureusement que je l’ai pas fini dans les transports en communs, on m’aurait probablement arrêtée pour émotivité sur la voie publique. Reste que j’ai envie d’aller me recoucher, maintenant. Et j’ai plus rien à lire.
…
Putain de merde d’écrivain de mes deux.

—Stellou | 10 comments
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Eleanor Rigby
mai 21, 2005, 1:24 amJe ne crois pas en Dieu. Enfin, disons pas tel qu’il est interprété dans les religions diverses z’et variées (casse-dédi à meriem, ma colocamie, avec qui j’ai de loooongues discussions sur la question. :p) Mais y a des hasards qui me font dire, de plus en plus souvent "aah, c’est le mektoub" (re-cassedédi à Meriem). Tiens, là, y a deux minutes, par exemple, le hasard m’a fait un clin d’oeil.
En ce moment, et en particulier ces derniers jours, je me malaxe la cervelle, je tricote des questions que je détricote pour les retricoter ensuite… Bref je doute. Je me demande quel chemin je dois prendre. J’ai une idée d’où je veux aller en général dans la vie, ce qui est déjà précieux, mais là, tout de suite, j’ai des choix à faire, qui mènent à deux vies radicalement différentes. Et pour un animal douteur de mon espèce, c’est jamais facile. Ira ? Ira pas ? Ira ? Ira pas ? Prrrtt. La communication avec moi-même est pas très bonne, y a de la friture sur la ligne, alors ça n’en finit pas.
Pour réussir à dormir tout de même, je me dis "allons ma grosse tanche, ouvre donc un bouquin". Je commence donc Eleanore Rigby, le nouveau Coupland, que j’ai acheté hier. Or, que que lis-je à peine arrivée à la quatrième page ? "I decided that instead of demanding certainty from life, I now wanted peace. No more trying to control everything - it was no time to go with the flow. With that one decision, the chain mail shroud I’d been wearing my whole life fell from my body and I was light as a gull - I’d freed myself". (en gros hein, elle dit qu’après avoir tenté de tout contrôler dans sa vie, elle s’est rendue compte que ce qu’il fallait rechercher, c’était la sérénité, pas les certitudes. Et qu’en prenant conscience de ça, elle s’était libéré du poids qui la pesait depuis toujours. Yo). C’est marrant : c’est exactement ce que je m’étais promise la dernière fois que j’ai dû faire un choix de ce type. Chais pas. Je l’avais un peu oublié, ces derniers temps. Je me sens un peu mieux tiens.
…
Fin je dis ça… J’aurais sûrement encore changé d’avis demain matin. Et bé. C’est encore loin, la voie de la sagesse ?

—Stellou | 13 comments
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Mind Bomb
mai 19, 2005, 11:43 amHier, j’ai appris. Appris quoi ? Si tu as quelques minutes à gaspiller, reste, je vais te le dire. Mais d’abord, demande-toi si tu veux vraiment te taper tout ce texte pour rien. Tu es toujours là ? Tant pis, j’y vais : après m’être levée à l’heure de l’apéro, j’ai rejoint mon frère et l’un de ses potes en ville, direction le paradis de la mizik. Objet : l’acquisition future d’une basse éléctro accoustique. [Attention, malheureux ! Une digression !!] Car vois-tu, si le piano est l’instrument que j’ai toujours torturé, le son qui m’attire l’oreille, c’est celui de la basse. Alors merde hein, envie de commencer. [Tu peux reprendre ta lecture]
Derrière les portes du Paradis de la Corde, le gardien du lieu nous accueille d’un énigmatique : Je peux vous aider ?. Certaine qu’il s’agit d’un piège, je laisse mon frère prendre en main cette interaction sociale angoissante :
- Ouais, ce serait pour faire l’acquisition (il a dit "acquisition") d’une basse électro accoustique pour ma soeur, qui débute.
- Vous voulez une quatre cordes, une cinq cordes… ?
Bien entendu, la réponse était simple : QUAAATRE ! Mais je me suis contentée de répéter Oui-oui. Oui-oui. Oui-oui. Le vendeur a été assez clément pour ne pas me rire au groin et a appelé son collègue, "Muche, le spécialiste basses". Muche se pointe, blablablabla, grattegrattepluck, blabla, pluckgratte, bla, et sort enfin le fatidique Tu veux essayer ?. Ouh lô.... Dire nan, c’est dire j’en ai rien à péter. Dire oui, c’est s’exposer à l’humiliation d’une démo devant un type qui tricote du funk alors que toi, tout ce que tu sais jouer, c’est Popular. Et encore : mal. Alors j’ai juste fait "fmüh !!", pour trouver un compromis. Ca a fait fuir le vendeur et j’ai pu tâter le machin (la basse, pas le vendeur) pendant que les hommes discutaient guitares z’et amplis, résonnance, puissance et autres "ance".
C’est en les écoutant parler que j’ai eu la confirmation suivante : j’ai une relation aux objets des plus primitives. Dès qu’on évoque le début d’un détail technique, j’ai le regard qui vitre et l’esprit qui gambade. Si le lecteur CD fait de la musique, tant mieux, le reste, basta. Je suis même incapable de te dire si le son est bon ou pas. Et c’est la même chose pour tout.
Des fois, je me dis que c’est gâcher : tous ces ingénieurs et ces chefs de produits qui se font chier en brainstorming, pour rien… Faudrait ptet s’intéresser un peu à leurs trouvailles, faire preuve de curiosité scientifique… Mais nan, j’y arrive pas. C’est même de pire en pire. A tel point que dans quelques années, je serai sûrement dépassée par les progrès de la technique, étiquetée "débile légère" et exilée sur une île en compagnie de gens qui communiquent encore par Tatoos.
Et ben tu sais quoi ? Ranafoutre. (oui, c’était ça la leçon du jour. Grogne pas hein, je te l’avais dit, que c’était pas la peine de rester…)
—Stellou | 17 comments
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Cuitas les Bananas (ouais, je sais. C’est tout ce que j’ai trouvé)
mai 16, 2005, 10:03 pm"- Dites-donc Watson, vous vous foutriez pas un peu de ma gueule ? Une banane magique, vous dites ?
- Aussi sûr que vous êtes pas accro qu’au tabac, mon pote.
- Je suis ptet un peu porté sur la dope, mais contrairement à certains, j’abuse pas de la bibine*
* à consommer avec modération.
- Je ne bois pas, je sirote.
- Ben vous sirotez pas qu’un peu, alors. Passke votre banane, là, elle aussi magique que la Reine Victoria.
- … D’ailleurs une grande amatrice de bananes, si je puis me permettre. Avec Albert, y paraît que…
- … Epargnez moi vos plaisanteries salaces, ducon…Votre banane, vous savez ce qu’y lui est arrivé ?
- …
- Je vais vous le dire, moi : quelqu’un lui a fait cuire le bout.
- Hin hin ! Hiiin !!
- Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, Watson.
- C’est juste que les histoires de bouts de bananes, ça me fait penser à…
- Pas de blagues salaces, j’ai dit.
- Mais…
- Nan.
- Et boire un coup, je peux ?
- Seulement si vous la bouclez après."
Tout ce dialogue pas drôle pour dire qu’hier, j’ai laissé la corbeille de fruits sur le four, alors que j’y faisais cuire des pizzas. Hem. Résultat : les fruits ont une drôle de tronche. Surtout les bananes. Hin hin. Hiiin !
Bon ben… C’est tout ce que j’ai à dire aujourd’hui.
—Stellou | 19 comments
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Are you going down ?
mai 14, 2005, 1:57 amHin hin. Quand je disais que dans le nouveau Nick Hornby, y aurait bien quelques passages échos… Je viens d’en repérer un. L’un des personnages parle de la musique de Nick Drake et voilà ce qu’il en dit : "C’est comme s’il avait fait réduire toute la mélancolie du monde, tous les bleus à l’âme et les rêves foirés que vous avez laissés échapper, et qu’il avait empli un flacon de ce concentré puis refermé le bouchon. Quand il se met à chanter et à jouer, il retire le bouchon, et vous sentez l’arôme qui s’en dégage."
J’ai du bol que l’un de mes auteurs préférés décrive l’un de mes musiciens préférés, nan ? Je sais, je sais. Y en a qui vont me dire que dans le bouquin, ça a ptet une valeur ironique. M’en fout. Y en a ptet aussi qui à ce stade, ont la face couverte d’ironie : "De keuaaa ? Nick Dreïke ? L’aut’ ramollo qu’on dirait qu’il a bouffé du cimetière ?". Que leur dire, sinon un affable "Ta gueule ?"
Parce que moi, je serai éternellement reconnaissante au hasard d’avoir mis un album de Nick Drake sur ma route. C’était l’un de ces jours où je trainais parmi les cédés, avec l’intention de faire une pioche "hasard". Ou plutôt "instinctive". Je fais ça, des fois : je zieute des pochettes, je regarde les titres et si ça m’intrigue, j’embarque. Crois-le ou pas, je suis jamais déçue. Mais là, quand j’ai mis mon premier album de Nick Drake dans le mange disque, j’ai pris une baffe. C’est bien vrai, ce qu’il dit, l’autre, avec son histoire de concentré…
Y a peu de musiques qui me rendent aussi triste et heureuse à la fois. Loin de moi l’idée de mettre des intentions sur la musique de feu Nick Drake, mais quand j’écoute ses chansons, j’ai l’impression qu’elle contiennent une égale mesure d’émerveillement et de désespoir. Et cette belle ambivalence me prend toujours aux tripes.C’est d’ailleurs pour ça que je suis assez nerveuse quand je tente de la faire découvrir à quelqu’un d’autre. Pas question de sortir "Bon alors tu vas voir, c’est un peu kistch, hu hu" ou un bouclier de ce genre. Cette musique est à prendre au premier degré ou à ne pas prendre du tout. Si on rigole quand on l’écoute, ça me blesse. Parce qu’en disant que j’aime cette musique là, je me mets à poil, moi. Plus qu’avec aucune autre.
J’y peux rien. Je reviens toujours vers les mêmes : Three Hours, Tow the Line, Place to Be, Made to Love Magic, Things Behind the Sun. Je sais bien que Made to Love Magic est un peu trop enflée, mais elle me fait toujours dresser les poils des narines. La flûte dans Three Hours, ça me fait parfois sourire, parce que je verrais bien les Aphrodite’s Child se dandiner dessus. Mais j’arrive pas à cracher sur la beauté de ce morceau. Quant au reste… Celle qui me bouleverse le plus, c’est toujours Things Behind the Sun. Chaque fois, je verse ma larmiche. Pas en geignant "haaan, trop pas bien ! La vie ça pue du cuuul", le front entre les mains. Non, non. Je m’injecte ça dans les tympans et les larmes qui montent ne sont ni tout à fait des larmes de tristesse, ni tout à fait des larmes de joie, mais un peu des deux, mon capitaine. Ca me guérit quand j’ai le blues et ça me rend euphorique quand je ne l’ai pas.
D’ailleurs, je crois que je vais en faire ma berceuse de ce soir et au réveil, je regretterai d’avoir fait un strip-tease de plus. Tu fais chier, Nick.
—Stellou | 23 comments
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And You’ll Know Us by the Trail od Dead
mai 13, 2005, 12:13 pmRepeindre les vécés, c’est une épreuve beaucoup plus initiatique qu’on le croit. Pour ma part, c’est une façon de faire le bilan de l’évolution de ma personnalité. Si. Y en a qui réflechissent à ce genre de choses dans une grotte ou dans un monastère, moi, c’est les chiottes qui m’inspirent.
Par exemple, les locataires précédents ayant eu la bonne idée de coller une belle frise à coquillages sur de la peinture glycéro, réinterprétant au passage les oeuvres de Jackson Pollock sur les plinthes, impossible de tartiner les murs directs. Non : il me faut procéder par étapes, décoller la frise, lessiver puis poncer les murs, poncer les plinthes et protéger ce qu’il y a à protéger. De là, peindre le plafond (actuellement bleu harpic) et la porte. Et attendre pour passer à l’étape suivante.
C’est incroyable que j’aie suivi ces étapes sans en griller aucune. Parce qu’il y a cinq ou six ans, je faisais du boulot de dégueulasse. Protéger le sol, les plinthes, tout ça ? Attends, hin hin, on va pas se faire chier avec ça, t’inquiète, je vais pas déborder, hé hé ! Résultat : des chiures de peinture partout, y compris sur ma couverture capillaire et mes vêtements. Dans la famille, j’ai donc jusqu’à présent hérité d’une réputation de mauvaise oouvrière dotée en plus de goûts de chiottes (si tu es en moumoute, rose, orange ou rouge, tu m’intéresses. Si tu es un objet bizarre dont a du mal à déterminer la fonction, tu m’intéresses aussi).
Or, je n’accepte point ce verdict. D’autant moins que j’ai découvert, après des années d’observation participante, qu’en fait, à torcher tout et n’importe quoi, je me ramasse plus de boulot que si je me forçais à un minimum de rigeur. C’est pourquoi depuis quelques temps, je tente de me mettre dans la peau d’une super spécialiste des travaux ménagers. J’étripe l’à peu près et je pourfends le bof. Grâce à cette nouvelle philosophie de la boite à outil, j’ai non seulement gagné en efficacité, mais j’ai également découvert la patience, la rigueur et l’amour du travail bien fait. Si tout se passe bien, mes vécés recueilleront les fruits de ce cheminement vers la sagesse. Penses-y la prochaine fois que tu viens t’asseoir sur ma lunette.
—Stellou | 16 comments
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